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Haïti. Guadeloupe. Littérature. Jean-Luc Divialle lâche le secret de Bébé Doc.

11 Aoû 2020 Ady jean gardy
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Port-au-Prince. Mardi 11 août 2020. CCN. La parution, en mai dernier du roman mystico-historique, « Le secret de Bébé Doc » de Jean-Luc Divialle Hamlet (Djolo), suscite de plus en plus d’intérêt. L’auteur met en scène les aventures insolites de Jean Nicolas, un jeune journaliste haïtien, qui en 1986, fut le témoin privilégié des dernières heures du régime dictatorial de Jean-Claude Duvalier. Une série de prophéties furent révélées à Jean-Claude Duvalier dont le journaliste fut informé et qu’il ne révéla qu’en 2015, soit un an après la mort de Bébé Doc. Dans la vraie vie, ce journaliste s’appelle Ady Jean Gardy. Il est historien et fut l’ancien ministre de la communication du président René Préval. Il livre ici son analyse de l’ouvrage tiré de sa propre vie, non sans rectifier, en bon historien certaines libertés romanesques prises par l’auteur.

Je viens de lire le scénario du film « le secret de Bébé Doc » de Jean-Luc Divialle Hamlet (Djolo). Pardon, il s’agit plutôt d’un roman assez profond sur les prédictions et les prophéties que j’ai dévoilé en Haiti, au pays des merveilles. Cela remonte évidemment au 16 janvier 1986, à la rencontre avec les illuminatis, veilleurs du temple et leur doyen qui ont confié à Jean-Claude Duvalier des visions, débutant à partir de 1986 et d’autres que j’ai ensuite engrangé sur 100 ans de 1986 à 2086. Jean- Luc Divialle (quel nom !) s’attarde à comparer ces prophéties au papyrus égyptien du scribe Anana, Djati de Seti I, évoquant la question de la réincarnation universelle. 

A LA PREMIERE PERSONNE DU SINGULIER

Le livre m’offre des remerciements émouvants comme s’il m’était dédié par l’auteur, racontant ma propre histoire tout en ouvrant la cérémonie avec le chant vodou d’Olicha et de Batala. Il me fait parler longuement à la première personne du singulier sur 142 pages. 

Le premier chapitre fixe ma vingtaine en 1986 et mon nom devient Jean Nicolas, un nom hérité certes de ma grand-mère guadeloupéenne de Karukéra qui s’appelait Marie-Louise Nicolas, la première épouse d’ailleurs de Lysius Salomon Jeune, président d’Haïti du 23 Octobre 1879 au 10 Aout 1888. 

Tous les souvenirs reviennent à Jean Luc quand le 4 Octobre 2014 Jean-Claude Duvalier s’éteint à 63 ans comme son père suivant une vieille tragédie gréco-romaine dans ce qu’il appelle Haïti, un pays lakou, un pays hounfo, un pays vodou. 

LARMES ET FRUSTRATIONS

Jean-Luc Divialle me fait parler en libre penseur, pétri de certitudes, au-delà des larmes et des frustrations de plusieurs milliers d’haïtiens. Il met en scène l’acteur principal, l’ambassadeur Theo Duval qui n’a point voulu rien révéler tant que Baby Doc serait vivant. Il évoque au second chapitre les oracles de Marcel Etienne concernant les reproches d’un mariage paraphé a 29 ans avec une arrière descendante du Roi Christophe. Il resitue l’embarras du pouvoir déchu 57 ans après 57, se colle aux mots du devin de Leogane, Cleophat Pierre insistant sur Olicha, l’inspecteur qui travaille sur le mandat des présidents, sans écarter la réémergence de mes analyses sur les origines généalogiques des Duvalier, de la Guadeloupe à Haïti en passant par l’État de virginie.

Il n’insiste pas assez sur l’esclave marron dénommé Louis Duvalier dont l’auteur ne cite nulle part le nom qui devient par la suite un constitutionaliste, ami du président Sylvain Salnave, le père du tailleur haïtien Florestal Duvalier qui a mis au monde Duval Duvalier supposé être le père du haïtien typique François Duvalier.

Les péripéties de Baby Doc selon le chapitre 4 intitulé « Et les mort prennent le pouvoir » conduisent à l’incarnation de morts dans des vies de vivants, le premier d’abord Henry Christophe se voit succédé par François Manigat, François Denis Légitime,  Boisrond Canal (Ertha Trouillot) Jean Baptiste Yayou (Aristide) suivis de deux autres Louverture (Latortue et Préval ) avant Symphor de Pradines (Marthély), Michel Vieux (Lamothe) l’assistant du chef de cabinet du président Pétion transformant en fête par une bête erreur historique, la date de l’assassinat de l’empereur le 17 octobre 1806.

L’HISTOIRE DU DR LIONEL LAINE

Le chapitre 6 « Lâché de toute part », enchaine sur l’histoire du Dr Lionel Lainé dont l’auteur l’imagine des démêlées qui à la page 78 supposent certaines de mes déclarations intimes qui pourtant ne reflètent que le miroir de la vérité romanesque, puisqu’à ma connaissance, Lainé n’est pas rentré au pays pour exécuter sa profession a l’hôpital militaire. Au contraire après une guérilla tactique contre Baby Doc, il a été torturé et exécuté à l’hôpital militaire le 11 octobre 1985 d’une embolie gazeuse, par des brutes épaisses qui voulaient écraser ses testicules avec une pèse-banane. Il n’est pas mort de coups de feu, non plus comme l’auteur l’indique.

En dehors de cela, le livre de Jean Luc Divialle Hamlet (Djolo) est une merveille. Le départ de Baby Doc se trouve décrit avec intelligence au chapitre 7 intitulé « Dernière prophétie avant l’exil », rappelant les propos de Larousse de la ville haïtienne de Saint Louis du Nord, concernant l’officier Henry Namphy ,la tragédie de Clément Barbot ou les entourloupettes de l’ambassadeur américain Clayton Mc Manaway. 

Une autre erreur est de vouloir faire de Télé Haïti le témoin de la dernière déclaration de Baby Doc. Mais non, c’était plutôt la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) qui avait été appelé par le colonel Prosper Avril. Moi Gérant responsable de Télé Haïti, la chaine privée par câbles, je circulais dans les parages entre le palais et l’aéroport. 

UN RETOUR DANS 25 ANS

J’ai aussi vécu en direct la prophétie du journaliste américain Mike Norton de Radio Métropole, l’époux de la célèbre chanteuse haïtienne Toto Bissainthe, annonçant un retour probable de Duvalier dans 25 ans, ce qui fut fait. Mais, comme le souligne le chapitre 8 « Tout dépendra des hommes », ce qui lie la couleur du sang  du tremblement de terre du 12 janvier 2010 à  la transmigration des morts . 

Jean Luc termine son roman en signalant, ce que j’ai souligné (et c’est vrai) la probabilité d’un autre tremblement de terre en septembre 2020, si les 44 bornes du pays ne sont pas restaurées a temps, comme le faisaient les prêtres du Ngé qui dans l’Antiquité bornaient tout le territoire égyptien. 

LA FINALE DE LA MUSIQUE 

Pour clore les visions, Jean Luc insiste sur l’échec de la révolution guadeloupéenne de 1802, le mouvement passager de Marie Galante en 1792 et l’arrivée du général Lacrosse, rétablissant l’esclavage, tandis que les haïtiens écrasaient les français de la grande armée de Napoléon Bonaparte, dont la sœur Pauline était la maitresse attitrée du général haïtien Alexandre Pétion. 

La finale de la musique de toute cette orchestration s’arrête sur les notes du chapitre 9 qui prévoit selon ce que j’ai déjà dit le retour de la prospérité dans 5 ans quand arrivera Lysius Salomon Jeune.

Je dirais enfin pour terminer, que j’aime bien la fin du livre qui ne me laisse sur ma faim : « Qu’est-ce qu’un homme, et quand me viens la prétention de savoir y répondre, je repense au 16 janvier 1986, et je me tais ».

Ady jean gardy

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