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Guyane. Rodolphe Alexandre, pdt de la CTG : « On a tout pour réussir »

27 Jan 2016
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Rodolphe Alexandre Rodolphe Alexandre

Cayenne. Mercredi 27 janvier 2016. CCN/NS. En décembre dernier la Région Guyane est  devenue une Collectivité Territoriale . Cet immense territoire (1/6 de la France) est désormais confronté à son devenir. Un  pays où cohabitent plus d’une centaine de nationalités ( 16O langues y sont parlées)  tout en étant riche de ses  potentialités, n’a   encore ni la maitrise de son économie , ni  celle de sa  démographie . Avec le  statut de CTG,  le pays peut- il émerger ? Ce ne sera  toujours chose facile , car nombre de clignotants  économiques  ne sont pas aussi verts que la foret amazonienne. Pourtant Rodolphe Alexandre, le 1er président de la CTG, que nous avons  rencontré  à Cayenne, en marge du Xéme anniversaire de la Semsamar, se veut résolument optimiste et combatif : Interview live. !

 

guyane

 

CCN. La Guyane est depuis peu une collectivité territoriale. qu’est-ce qui va changer ?
Rodolphe Alexandre. Beaucoup de choses : une unicité au niveau des Institutions, Les chevauchements qu’on avait connus en termes de dépenses publiques en termes d’institutions vont disparaître pour avoir un seul interlocuteur vis à vis du Gouvernement, des Fonds européens, par rapport à la coopération diplomatique territoriale et enfin une seule stratégie autour des outils tels que le schéma d’aménagement régional , tel que le programme pluriannuel de l’énergie. Nous sommes arrivés aujourd’hui à créer une institution totalement inédite à travers une ingénierie souhaitée par la majorité de la population. Tout en restant dans l’article 73 et en ayant deux bases nouvelles : des habilitations de fixation et habilitation de programmation . Par ailleurs, le législateur est  allé encore plus loin puisqu’il a mis en place deux éléments nouveaux : la modernisation de l’autorité publique territoriale et l’affirmation des métropoles  et en deuxième ressort, , la Nouvelle Organisation Territoriale. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous avons véritablement la capacité , d’approfondir, d’affiner l’article 73 pour une communauté de destin. Dans dix ans, ou  au-delà, lancer, pourquoi pas, un deuxième débat statutaire pour savoir si nous sommes prêts à franchir un nouveau pas. Ce peut être un article nouveau  , cela peut être sui generis … La question n’est pas de parler d’indépendance et d’autonomie, la question est d’avoir une plus grande déconcentration, une plus grande décentralisation dans les pouvoirs qui nous sont impartis. La question est de dire aujourd’hui comment nous gérons nos territoires. Nous sommes un territoire d’exception, qui a un taux de croissance exceptionnel,  4 % sur l’île de Cayenne, 9% sur le Maroni. Nous avons des potentialités en termes miniers, sur le bois, sur la pêche, sur la biodiversité. Nous sommes le seul territoire  « européen » du port spatial. On a tout pour réussir. La question c’est la méthode, l’organisation et la structuration. Je pense très sincèrement que nous mettons en place l’outil qui va permettre de donner à la population cette capacité à se projeter sur un court avenir comme sur un long terme.

CCN.  On se souvient que Saint Martin, a eu beaucoup de difficultés avec le Gouvernement français en ce qui concerne un certain nombre de fonds qui n’arrivaient pas. Vous  ne craignez vous pas la même chose ?
R.A. Pas du tout. C’est la raison pour laquelle j’ai personnellement conduit une liste autour du 73. Pour nous, ce n’était pas suffisamment exploré. Notre slogan qui a fait du bruit à l’époque, était : « nou pòkò paré » ; non pas parce qu’on n’a pas la capacité,  ni parce qu’on n’a pas les juristes et les financements, mais parce que la relation partenariale avec l’Etat était quelque part tronquée. Aujourd’hui, nous mettons l’Etat devant ses responsabilités. Nous avons  à cinq reprises  déposé un recours au Conseil d’Etat. Sur les 5, nous en avons gagné quatre fois  : sur la LOUM de décembre 2000, où c’est nous maintenant qui avons la compétence pour les permis miniers et maintenant on veut l’étendre sur le off shore

Nous avons aussi  gagné sur l’octroi de mer, nous avons défini notre nomenclature et nous sommes en pourparlers avec nos amis des Antilles. Nous avons aujourd’hui protégé huit groupes de familles.  

On est le seul territoire émergent. On n’est pas là pour critiquer les iles, pour dire que ce n’est pas notre façon de voir, mais nous sommes, nous,  un continent où le marché économique est émergent  et en croissance. Dans le cadre du marché unique Antilles Guyane , on doit défendre cette  économie qui est en création. Et le troisième point  nous avons attaqué le Schéma minier, le SDOM. Nous avons perdu , mais nous pensons y retourner, car à terme,  nous  voulons que ce soit la collectivité qui  accorde les permis miniers   aux  entrepreneurs sur l’aurifère. Le dernier point est le recours que l’on a intenté au niveau de l’Etat sur le foncier. Nous avons demandé aujourd’hui qu’une cession du foncier soit faite à la collectivité. Il y a un premier accord sur 40 000 hectares, mais bien évidemment, cela ne va pas nous suffire. C’est une première étape. Nous sommes d’accord pur l’introduction des holdings comme Colombus,  I Am Gold , comme OPLATA ... Nous sommes d’accord pour aller sur la cyanuration, pour les petits entrepreneurs et je le redis, c’est nous qui devons accorder les  permis

Pour nous,  l’or ,c’est un retour fiscal  auprès de la collectivité. L’or c’est un maillage du territoire car  lorsqu’il y a une usine d’or, il y a une production en termes de méga, en terme d’énergie,  il y a  des routes se construisent à l’intérieur du territoire. On préfère avoir trois quatre holdings installés en Guyane avec des petits entrepreneurs (PME) que d’avoir aujourd’hui plus de 15 000 personnes venant de différents horizons et qui nous pillent, polluent nos terres, nos rivières, et obstruent à la Guyane sa capacité financière.

 

CCN. Les frontières de la Guyane sont  assez  poreuses , comment allez vous vous gérer  cette démographie.. un  peu  incontrôlée parfois même  incontrôlable ?
R.A .Je ne peux pas y répondre malheureusement. C’est une question qui relève de l’autorité de l’Etat donc qui est fondamentalement liée à son rôle régalien. Nous on peut apporter quelques artifices. Cette question fera l’objet du débat avec la CTG, d’autant que c’est nous qui avons la compétence sur la coopération territoriale diplomatique. Nous avons  déjà  eu des réunions au Brésil, Guyana, au  Surinam …On a un outil, appelé le PO  Interreg_ Amazonie pour essayer de brancher des activités économiques, culturelles, scientifiques avec les territoires environnants.

CCN. Faut il i craindre  le géant Brésilien ?
R.A. Le Brésil est un géant, c’est la 5è puissance mondiale avec un taux de  croissance extraordinaire et nous sommes déjà quasiment en tant que  territoire, une dépendance du Brésil. Mais cela s’organise. Aujourd’hui il y a une vraie coopération qui s’installe. Elle est lente, elle est progressive parce que les intérêts ne sont pas concomitants . C’est  à  nous maintenant de les définir. Et j’ai bon espoir que ‘à terme, nous puissions mettre en place   un cadre opérationnel,  des  joint venture , des sociétés diverses entre nos deux frontières. L’ouverture du pont  reliant le Brésil à la Guyane a été annoncé pour la période de juin. La Guyane est un chantier et nous sommes sur plusieurs axes pour à la fois y mettre de la méthode préserver notre  énergie, défendre le concept et je pense  que dans 5 ou dix ans, on pourra avoir de bons résultats.

CCN. Des  changements prévisibles s dans  les relations  avec la Guadeloupe, la Martinique ?
CCN.
Pas du tout.  On a toujours gardé l’URAG, Union des Régions Antilles Guyane. J’ai d’excellents rapports avec S.  Letchimy,  avec Marie-Jeanne, Ary Chalus et Victorin Lurel. Je connais très bien Chalus. Nous sommes des pays appelés à partager nos  cultures. On a eu la même trajectoire, quand le bateau est parti à une époque.

On est appelé à travailler ensemble. Maintenant, il faut mettre un cadre. On a fait une demande pour intégrer le CARICOM. On aura la réponse à la fin du mois. Je reste persuadé, sans prétention, d’après les échos, les rencontres que nous avons, que nous serons acceptés. A la fin du mois, je me rendrai au Guyana qui sera le rapporteur de la prise de position.

CCN La Guyane  sud américaine que caribéenne ?
R.A.
C’est les deux. La Guyane est sur le continent mais elle doit avoir son regard sur la Caraïbe. L’économie nous conduit à aller vers la Caraïbe. Nous avons des process, des éléments ,sur lesquels les pays caribéens sont totalement intéressés. Nous produisons le processs de la couverture satellitaire,   nous l’avons vendu à Haïti  et aussi  au Gabon . nous avons    la télémédecine,  nous  avons le SYG ( Système d’information Géographique)   qui a été primé a San Diego , On a des éléments précis qu’on peut vendre  à la Caraïbe.

Et l’intérêt est d’avoir cette relation gagnant_ gagnant avec la Caraïbe comme avec l’Amérique du Sud.

 

CCN.  S’agissant  du cout de fonctionnement de la nouvelle  assemblée , l’Etat francais va  t-il  vous  aider  pour supporter la transition ?
R.A. C’est en  pourparlers.  La CTG ,  compte d’bord  sur ses  recettes et ses capacités. On n’attend pas sur l’Etat. Déjà, l’Etat nous cède notre foncier, nous donne les moyens de protéger notre ressource amniotique. Il faut créer les filières. Quand on mettra en place le cadre d’aménagement ,on aura un retour fiscal.

La Guyane a une grosse faiblesse ,  c’est que sur prétendument 240 000 habitants, alors  que nous pensons être au moins à 350 000 habitants, notre dotation est donc  minorée. Le jour où nous aurons une dotation conforme à la population, nécessairement, on aura un bond économique. Nous revoyons notre fiscalité. Nous travaillons sur une taxe du particulier sur la consommation qui toucherait aux biens et aux services, et cela, nous sommes capables bientôt de l’annoncer, de la développer, de la structurer et elle va apporter un adjuvant  important à l’économie de la Guyane.

 

CCN : Les guyanais  devront accepter ces nouvelles taxes
R.A. Si nous avons gagné, les élections,  c’est que nous entretenons  une bonne communication  avec la population. La taxe s’élèvera environ à un euro. Elle  existe déjà en Martinique . Nous  on va l’introduire.

Ce dispositif, il faudra l’apporter par une loi de finances rectificative. C’est une forme de TVA et nous voulons qu’elle reste chez nous qui soit régionale .

Notre budget, contrairement à la Guadeloupe et à la Martinique, est très faible. Nos foyers fiscaux sont disparates. Et faibles  Plutôt que d’augmenter les bases fiscales, de s’en prendre au contribuable directement, c’est l’économie qui va nous permettre de remonter notre économie de base.  Si on créé les filières, sur le  bois  par ex  on crée le retour fiscal.

CCN. Et puis  vous avez  aussi du  pétrole
RA. C’est en perspective, c’est en débat. La question est de savoir ce que les opérateurs comptent  faire ,sur le ticket d’entrée. Ma majorité l’a dit à M. Macron et l’a répété au groupe Total , on ne rentre pas en Guyane, s’il n’y a pas un retour fiscal..

Ce n’est pas du racketage, c’est un principe. Quand  on va au Brésil, en Afrique, même pour l’exploration, il faut un ticket d’entrée. Nous, on est un territoire français, mais il faut qu’on arrête de nous pomper au détriment  du contribuable. Je suis Guyanais et je me bats pour mon pays. Total au départ nous disait « niet »…

Aujourd’hui, nous avons amené un dossier conséquent. Il nous propose des sommes  qui sont tellement misérabilistes que j’ai osé leur dire que ces sommes étaient l’équivalent de ce que j’aurais voulu mettre pour une équipe de football pour aller à la CONCACAF. Donc le débat est ouvert.

CCN. La Semsamar a célébré ses 10 ans de présence en Guyane, on a vu de très belles réalisations à Rémire-Montjoly, à Matoury etc..  mais quid de la rénovation à Cayenne-ville ?
RA.A.  Je ne suis  plus maire d e Cayenne . C’est une nouvelle majorité. C’est à elle  de convaincre.  Il faut savoir qu’en 2009, c’est moi qui ai signé avec la Semsamar  et je  n’ai  pas  hésité. .Nous on apporte les garanties financières…. On demande de monter a 7O% de  garantie , de maniére  à  ce que les  communes qui ont des   problèmes financiers  arrivent à 30%.

 Itw live Danik Zandwonis/Jacques Dancale

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