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Guadeloupe. Élection du Port : pourquoi Ary Chalus a encore perdu ?

Basse-Terre, Capitale. Lundi 21 mars 2016. CCN. Pour la 3ème fois en moins de 2 mois, Ary Chalus vient d’être une fois de plus la victime d’un « mauvais coup » de l’état colonial français. On se souvient que le nouveau président de Région était monté au créneau et avait à mots couverts laissés entendre que la facture pour l’organisation de la Coupe Davis en Guadeloupe était trop élevée, qu’il fallait essayer de la réduire. Chalus ne l’avait pas clairement dit mais dans son  entourage, on semblait vouloir remettre en cause cette manifestation sportive dont la paternité revenait à Victorin Lurel. Finalement, 24 heures avant Chalus, le ministre français des sports avait annoncé que la Coupe Davis aurait bien lieu en Guadeloupe et depuis Paris, Victorin Lurel lui était intervenu sur TF1 pour confirmer l’info. En guise de lot de consolation et pour « faire bien », il avait été dit que les 4 millions d’euros dépensés par la collectivité régionale pour cette Coupe Davis seraient remboursés par l’Etat. Mais quand ? Personne ne sait. D’une manière générale, il est admis que l’Etat traîne toujours à rembourser ses dettes et qu’en réalité la Région ne verra peut-être jamais la couleur de cet argent investi pour la Coupe Davis. On peut donc affirmer que Chalus a ainsi perdu son premier match post-élections contre Lurel. C’est encore Ary Chalus qui avait cru pouvoir résoudre l’épineuse problématique du syndicat unique de l’eau en  essayant vainement  de convaincre Lucette Michaux Chevry d’y adhérer. Là encore, le  président de Région a échoué. Vendredi dernier, l’élection de Philippe Khalil à la présidence du grand port peut être aussi considérée comme un nouvel échec du nouveau président de Région. Mais alors pourquoi Chalus enchaîne-t-il ainsi les défaites ? Plusieurs raisons : Lurel est à la manoeuvre en France. Il a gardé intact tous ses contacts au sein du gouvernement français. Hollande qui aura besoin de son aide pour les élections de 2017, accorde à Lurel un crédit sans bornes. N’a-t-on pas vu le boxeur Jean-Marc Mormeck intronisé comme délégué à l’égalité (sic) ?  En fait, l’une des « faiblesses » d’Ary Chalus c’est précisément son absence de « réseaux » aussi politiques que « maçonniques ». Il n’a pas comme Penchard, Chevry ou Lurel, été ministre. Chalus est aussi un homme sans parti donc il n’a pas non plus autour de lui des cadres politiques, de vrais conseillers, ni même un vrai « think tank « d’universitaires.  Dans ces conditions, sa tâche à la Région est plus que compliquée. Elle le sera encore davantage pendant les prochaines présidentielles françaises… Consciente de tout cela, Marie-Luce Penchard (MLP), à l'inverse de Guy Losbar et Olivier Serva, vole donc au secours de « son » président et a soumis à CCN cette tribune. MLP se permet même en tant qu’ex-ministre francaise de critiquer l’État français en des termes que renierait pas son collègue Jean-Marie Hubert, militant nationaliste membre de l’UPLG ! L’avenir serait-il déjà entrain de changer ? (CCN)


 

Un complot organisé par l‘Etat..
de Marie- Luce  Penchard

Ce qui vient de se dérouler ce vendredi 18 mars 2016 est extrêmement grave et ne peut passer sous silence. Ary Chalus, Président du conseil régional par la volonté des guadeloupéens n’a pas été élu Président du Grand Port Maritime à la suite d’un complot organisé par l’Etat car sans les voix des quatre fonctionnaires (Préfet, Directeur de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Représentant du ministère chargé de l’économie, Représentant du ministère chargé de la mer) Philippe Kalil aurait obtenu 5 voix et Ary Chalus 8 voix. L’Etat en la personne du Préfet en service commandé a fait « Battre » un élu qui a obtenu avec la liste « changez d’avenir » un score sans appel de 98.464 voix soit 57,31% des suffrages. En agissant ainsi l’Etat a montré qu’il avait choisi un camp celui de l’ancien Président de Région. C’est un véritable Déni de démocratie ! Alors que l’Etat doit être le garant du bon fonctionnement des institutions et du respect du suffrage universel. C’est bien pour cela, au nom de ces principes et des valeurs républicaines que les fonctionnaires de la haute administration doivent pouvoir exercer un devoir de neutralité, ce qui n’a pas été le cas lors de cette élection. Ils ne l’ont malheureusement pas fait.

Les ordres politiques de Paris ne sauraient être une excuse car un serviteur de l’Etat est celui qui sait mettre les limites à des pratiques non républicaines. Une telle soumission n’honore pas le corps préfectoral qui devrait contribuer normalement par une certaine indépendance à garantir l’intérêt général et préserver le sens de l’Etat. Un Préfet n’est pas un simple chef de service. Il doit prendre ses responsabilités et savoir parfois dire non au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat. C’est parfois un risque pour sa carrière mais c’est souvent ultérieurement tout à son honneur ! On reconnaît ainsi les grand commis de l’Etat ! Tout cela je l’ai appris en exerçant des responsabilités ministérielles et jamais je ne me prêterai, comme certain, à utiliser mes réseaux pour un tel exercice de pression justement pour éviter d’affaiblir l’Etat.

Oui l’Etat en ce vendredi 18 mars est affaibli en Guadeloupe. L’Etat, pour moi, n’est plus en mesure de jouer son rôle de médiateur, de fédérer les forces vives de ce pays car en faisant ce choix il s’est coupé d’une partie des représentants légitimes et majoritaires en Guadeloupe.

Ce soir je suis convaincue que les hauts fonctionnaires de L’ENA, issus d’un corps si prestigieux qui fait la fierté de la république sont bien mal à l’aise en Guadeloupe. J’ai honte pour eux et en même temps je suis triste pour ce qu’ils représentent pour le respect que nous leur devons au regard des missions régaliennes dont ils ont la lourde responsabilité. Face à une telle offense aux élus qui viennent d’avoir la confiance des guadeloupéens je ne peux imaginer que l’Etat au plus haut niveau reste sans réaction sauf à considérer que tout est permis dans un territoire qu’il considère encore comme des anciennes colonies.

L’Etat doit se ressaisir rapidement et se donner les moyens, par un geste fort, de créer les conditions d’une gouvernance en capacité de renouer les liens du dialogue qu’il a rompus par cette déclaration de guerre au Président Ary CHALUS afin de permettre une proximité avec la collectivité régionale qui, au regard de ses compétences voulues par le législateur, est un acteur majeur incontournable pour le developpement et la stabilité en Guadeloupe.

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