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Guadeloupe. Social : pourquoi et comment l'UGTG veut faire de la grève à Canalsat Antilles un exemple ?

À gauche Elie Domota (UGTG), au centre Gladys Barfleur (licenciée), à droite Aline Alix Dona (Directrice Général de CanalSat) À gauche Elie Domota (UGTG), au centre Gladys Barfleur (licenciée), à droite Aline Alix Dona (Directrice Général de CanalSat)

Baie-Mahault. Mercredi 6 avril 2016. CCN (modification). Plus d’un mois après le licenciement jugé injustifié par l’UTT-UGTG de Gladys Barfleur cadre à Canalsat Antilles, voilà que l’organisation syndicale décide de répondre par un mouvement de plus grande ampleur mais cette fois au coeur de Jarry, devant les locaux même de l’entreprise. C’est assez inédit pour être souligné. Se dirige-t-on à grands pas vers une possible extension de ce conflit à d’autres secteurs ? Pourquoi l’UGTG a- t-elle décidé de faire de l’Affaire Barfleur un combat exemplaire ? Dans le contexte déjà lourd de l’opposition à la loi El Khomri, tout peut arriver y compris le pire.


Baie-Mahault. Mardi 5 avril 2016. CCN. Plus d’un mois après le licenciement jugé injustifié par l’UTT-UGTG de Gladys Barfleur cadre à Canalsat Antilles, voilà que l’organisation syndicale décide de répondre par un mouvement de plus grande ampleur mais cette fois au coeur de Jarry, devant les locaux même de l’entreprise. C’est assez inédit pour être souligné. Se dirige-t-on à grands pas vers une possible extension de ce conflit à d’autres secteurs ? Pourquoi l’UGTG a- t-elle décidé de faire de l’Affaire Barfleur un combat exemplaire ? Dans le contexte déjà lourd de l’opposition à la loi El Khomri, tout peut arriver y compris le pire.

Flashback. Il faut savoir que depuis le 2 mars l’UTT-UGTG a engagé toutes ses forces dans le combat pour la réintégration de la salariée licenciée. Cette grève a déjà connu de nombreux épisodes tant sur le terrain que dans les prétoires des tribunaux. Dans un premier temps, les grévistes qui entendaient mettre la pression pour faire reculer la direction de Canalsat ont bloqué l’entrée de l’entreprise pendant plusieurs jours. Ce blocage a valu à l’UTT une assignation au tribunal et une lourde astreinte : 1500 euros par jour et par personne. Il y eut ensuite une première intervention des forces de l’ordre pour « libérer » les abords de Canalsat. La direction accepta enfin de s’asseoir autour d’une table pour « faire ses propositions ». L’organisation syndicale de son côté, réclamait en premier lieu la réintégration de Gladys Barfleur. Aline Alix-Donat, la nouvelle directrice de Canalsat, est restée inflexible ; d’où l’échec de cette première tentative de médiation. Entre-temps, après 3 semaines de grève, aucune solution n’ ayant pu être trouvée, la direction de Canalsat en l’absence des « manblo » organisa elle-même la « garde » des abords de l’entreprise avec l’aide de curieux « vigiles » prêts à en découdre si besoin. La semaine dernière, nouveau barrage de Canalsat. Nouvelle assignation devant les tribunaux et cette fois, c’est non plus l’UTT qui était visée mais l’UGTG elle même. C’est sans doute la goutte d’’eau.

La 2e rencontre entre direction et syndicat, en dépit de la présence de l’inspection du travail, a capoté pour les mêmes raisons : le refus de Canalsat d’envisager une possible réintégration de Gladys Barfleur employée depuis 17 ans dans l’entreprise. Sa direction lui reprocherait d’avoir mal géré les réclamations de quelques 200 abonnés, ce que conteste l’intéressée. Canalsat qui ne veut pas revenir sur la décision de licenciement serait même prête à « accompagner » financièrement l’infortunée salariée. Il faut aussi dire que Canalsat Antilles (et toutes ses filiales) est une entreprise en très bonne santé. Avec plus de 210 000 abonnés et un taux de renouvellement qui avoisine parfois les 90%, l’entreprise ne semble pas avoir de soucis majeurs ; ce qui n’est pas le cas de la maison-mère parisienne. Depuis l’arrivée de Vincent Bolloré à la tête du groupe Vivendi et par conséquent de Canal Plus, près de 200 000 abonnés sont partis ou ne sont pas réabonnés. Dans le communiqué publié récemment par Vivnedi, on s’apercoit que Canal + France tient le fil surtout grâce a ses activités à l’étranger (Afrique, Vietnam, Antilles). Extrait.

« chiffre d’affaires de Groupe Canal+ s’élève à 4 034 millions d’euros, en augmentation de 1,7 % (+0,7 % à taux de change et périmètre constants) par rapport aux neuf premiers mois de l’exercice 2014.

Groupe Canal+ affiche un portefeuille global de 15,4 millions d'abonnements, en hausse de 619 000 en un an, grâce aux bonnes performances de Canal+ en Afrique et au Vietnam et du service de streaming Canalplay en France métropolitaine.

Le chiffre d’affaires des activités de télévision payante en France métropolitaine est en recul de 1,9 % sur un an en raison de la baisse de la base d’abonnés avec un contrat d’engagement, dans un contexte économique et concurrentiel difficile. Au troisième trimestre de 2015, la chaîne premium enregistre une légère hausse du nombre de ses nouveaux abonnés, mais cette évolution ne compense pas le nombre de résiliations.

Hors de France, le chiffre d’affaires des activités de télévision payante progresse de 7,6 % par rapport aux neuf premiers mois de 2014 grâce à la croissance soutenue du parc d’abonnés. »

Canalsat Antilles demeure, non seulement une poule aux œufs d’or, mais aussi au besoin, un lieu où pourraient être recyclés des cadres franco-francais obligés de s’expatrier. Aline Alix-Donat, avant de « débarquer » à Canalsat Antilles, a occupé de nombreux postes dans des chaines de Canal + France. C’est dans ce contexte un peu particulier que l’UGTG va donc se lancer dans la bataille.

Ainsi le week-end dernier, l’UGTG qui a réuni en urgence tous ses cadres a donc décidé de faire de la grève de Canalsat Antilles un exemple, un point d’orgue et une occasion de relancer la contestation sociale avec en arriére plan, la loi El Khomri. Ce n’est donc pas un hasard si deux rendez-vous sont donnés devant le siège de Canalsat Antilles à Jarry. L’un, mardi 12 pour une grosse manif et un autre, le vendredi 15 avril pour une conférence nationale des délégués. Du jamais vu !

Sans nul doute, l’organisation syndicale va jeter toutes ses forces dans la bataille qui vise à la fois Canalsat Antilles mais aussi le Medef et le représentant de l’état. La grève à Canalsat devient alors le point de départ et la cause emblématique d’une série d’actions qui peuvent très rapidement détériorer le climat social. Il semble bien que la centrale syndicale ait décidé de tout mettre en oeuvre pour faire plier la direction de Canalsat Antilles. Ce bras de fer peut-il être un élément déclencheur ? Un mouvement social qui démarre au cœur de la citadelle de Jarry peut avoir des conséquences imprévisibles pour l’activité des autres entreprises. Personne n’ignore la capacité de « nuisance » de l’UGTG quand elle décide de se mettre en branle. Maité Hubert, la responsable de l’UTT, a déjà prévenu : « la’y pann i sek ! ». Le Medef va-t-il pour éviter que ce conflit ne fasse tâche d’huile « conseiller » à la direction du bouquet satellite de lâcher un peu de lest ? Les politiques qui sont restés jusqu’alors muets sur cette affaire de licenciement vont-ils monter au créneau ? Rien n’est certain. Ce qui est sûr c’est qu’une semaine après le début de ces « hostilités », la direction de Canalsat Antilles ne semble pas vouloir revenir sur sa position. DH : Une nouvelle rencontre est prévue vendredi 8 avril entre les deux parties. L'UGTG réclame toujours la réintégration de la salariée licenciée. Question : Si un accord est trouvé, qu'adviendra t-il de la mobilisation du 12 prévue devant les locaux de CSA ? Pour l'heure, c'est la bouteille d'encre.... 

 

L’APPEL de l’UGTG

 Depuis quelques temps, les conditions de vie des travailleurs et du Peuple de Guadeloupe se détériorent. Augmentation des prix, baisse du pouvoir d’achat, coupures d’eau et surtout chômage et licenciements à tout va. Ainsi, les licenciements s’enchainent de mois en mois, de semaine en semaine, de jour en jour, avec toujours la même arrogance et le même mépris patronal. 

 Blandin, Manganao, Damoiseau, Total Vieux Bourg, STAC, Accors, Urbanet, Canal Plus, Groupe Pirbakas, Darty, Oasis, Biométal  et bien d’autres encore, sont autant d’entreprises qui se distinguent par leur volonté délibérée de mettre à la rue des mères et pères de famille sur la base de motifs aussi fallacieux et douteux les uns que les autres.

Désormais, les patrons considèrent qu’ils ont en main un permis de licencier qui leur donnent un droit de vie et de mort sur les travailleurs. Sans vergogne, ils ont le pouvoir de détruire la vie de femmes et d’hommes qui travaillent pour gagner leur vie et nourrir leurs enfants. Se syndiquer à l’UGTG, revendiquer ses droits sont interdits et sanctionnés par un licenciement enrobés sous de fallacieux prétextes. Nous sommes face à une application anticipée des lois Macron-Rebsamen et surtout de la loi scélérate El Khomri qui donne plein pouvoir au patronat sur les travailleurs et détruit les droits syndicaux. Si vous n’êtes pas content allez donc vous plaindre aux prud’hommes.

 Ou pé ni rézon kon ou vlé, yo fouté pamal. Sendika pé démontré lalwa pa rèspèkté, travayè pa fè ayen.

 Des dossiers vides, Des licenciements injustifiés, sans motifs réels et sérieux. L’inspection du travail peut dire le droit, yo byen fouté pa mal, yo ka fouté-w dèwò kon chyen ! E ay o pridòm si ou pa kontan ! « Si vous n’êtes pas content allez donc vous plaindre aux prud’hommes ». Alors que nous connaissons tous les délais d’attente et de procédures dans ces affaires de licenciement. Alors que nous savons tous que le jugement prud’homal ne peut imposer la réintégration du salarié licencié. Alors que nous connaissons tous les ravages que cause la perte d’emploi au sein d’une famille. Licencier, c’est tuer l’être, détruire sa vie mais aussi celle de son conjoint, de ses enfants, de sa famille. Et surtout n’allons pas croire qu’il s’agit de licenciement justifié et fondé en droit !

Jòdi-la, yo désidé fouté moun dèwò kon yo vlé, lè yo vlé é jan yo vlé.

 

Pour tous ces patrons, les travailleurs ne sont que des serviettes jetables dont ils peuvent se débarrasser comme ils le souhaitent.

 Si ou pa kontan, ay fè on chyen niché-w…. Mi sa, sa vé di !

 Camarades, travailleurs, militants de l’UGTG ! trop, c’est trop ! Mettons un terme à ce mépris et à cette arrogance soutenus par l’Etat et la justice qui ne cessent de harceler les militants syndicaux dans le cadre de leurs activités de défense des travailleurs. Condamnation pour entrave à la liberté de circulation, condamnation pour entrave à la liberté du travail, condamnation pour refus de prélèvements ADN. Poursuites et condamnations pour s’être opposé aux discriminations, au mépris et à l’arrogance patronale. Condamnation de l’UGTG. Trop c’est trop !

Ainsi, depuis le mouvement LKP de 2009, ce sont plus d’une centaine de militants de l'UGTG qui sont poursuivis par la justice alors qu'ils ne faisaient qu'exercer leur mandat syndical. Rapporté à la population salariée de la France, ce chiffre correspond à 15 000 militants syndicalistes convoqués devant les tribunaux. É Pannansitan lé malfétè ka kontinyé volé travayè é pèp Gwadloup et cela en toute légalité.

 

Camarades, travailleurs, militants de l’UGTG , tan a mitan fini, vayan lévé lanmen.

 relevons le defi ! C’est une guerre contre les Travailleurs, contre les libertés syndicales, contre l’UGTG. Le patronat, soutenu par l’Etat, s’attaque aux acquis sociaux des travailleurs et des larges masses à travers la remise en cause de la représentativité des syndicats et des seuils sociaux. C’est la casse du repos dominical et de la réglementation du travail nocturne. C’est le refus de toute négociation en branche professionnelle et la remise en cause des accords collectifs, du SMIC et de la durée du travail. C’est le piétinement de l’Accord BINO et le détricotage du code du travail.

 É konyéla, yo ka fouté-w dèwo kon chyen ! nou paré – nou péké fè dèyè, nou sé pitit a konbatan !!

 l’UGTG  appelle ses militants et adhérents a se mobiliser dans tous les secteurs d’activite, dans toutes les entreprises pour dire : non au licenciement, non au mépris, non à l’arrogance participons massivement au :

Camarades, travailleurs, militants de l’UGTG , tan a mitan fini, vayan lévé lanmen.

 Relevons le défi ! C’est une guerre contre les travailleurs, contre les libertés syndicales, contre l’UGTG.

 Le patronat, soutenu par l’Etat, s’attaque aux acquis sociaux des travailleurs et des larges masses à travers la remise en cause de la représentativité des syndicats et des seuils sociaux. C’est la casse du repos dominical et de la réglementation du travail nocturne. C’est le refus de toute négociation en branche professionnelle et la remise en cause des accords collectifs, du SMIC et de la durée du travail. C’est le piétinement de l’Accord BINO et le dé tricotage du code du travail.

 É konyéla, yo ka fouté-w dèwo kon chyen ! nou paré – nou péké fè dèyè, nou sé pitit a konbatan !!

l’UGTG  appelle ses militants et adhérents à se mobiliser dans tous les secteurs d’activités, dans toutes les entreprises pour dire : non au licenciement, non au mepris, non a l’arrogance participons massivement au : Mobilizasyon pou dwa é dignité Mawdi 12 avril 2016 a 8tèd maten douvan Canal plus jarry.

 Conférence nationale des délégués Vandrèdi 15 avril 2016 a 8tè é dimi douvan Canal plus jarry. Travayè pa chyen respé pou fanm é nonm gwadloup !

 

 

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