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Martinique. Social : la CTM de Marie-Jeanne est-elle déjà dans la tourmente ?

18 Avr 2016
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Fort-de-France. Lundi 18 avril 2016. CCN. À quelques semaines du premier 1er mai de la nouvelle Collectivité Territoriale Martiniquaise (CTM), une grève illimitée menée par une intersyndicale a démarré le 13 avril dernier. Il s’agit pour ces syndicats qui dit-on représentent près de 90% des personnels de la Collectivité de « dénoncer un  manque de  dialogue social et  le non renouvellement des CDD ». Ainsi donc, pendant près de 24h, les grévistes ont entrepris de cadenasser les entrées de la CTM de certains lycées et collèges. Face à ce blocage aussi inattendu que  total, Alfred Marie Jeanne (AMJ) a immédiatement réagi au nom de la CTM en adressant une lettre plutôt abrupte aux syndicats pour rappeler que la CTM est « ouverte à toute rencontre immédiate mais sans contrainte aucune ». Jeudi 14 avril, en fin d’après-midi il y a donc eu une première rencontre qui a tourné court. L’intersyndicale reprochant à AMJ de ne pas vouloir  négocier sur le champ. Dans l’entourage de la CTM, on laisse volontiers entendre que cette grève serait  une « manipulation politique » à mettre en résonnance avec la défaite de Serge Letchimy en décembre dernier. Il est aussi dit que la situation financière « catastrophique  héritée de  l’ex Région,  le  gonflement des effectifs et le recrutement électoraliste » opéré  sous la  mandature  précédente ne serait pas non plus étrangère à tous ces problèmes. Cette grève qui trouvera, sans doute, son épilogue au cours des  jours prochains est bien le signe que 4 mois après les élections, la société  martiniquaise est encore loin d’être totalement apaisée. La CTM qui est la résultante  d’une alliance politique entre des forces qu’on croyait radicalement opposées, aura à faire la preuve de sa véritable crédibilité. Ce mouvement social localisé à la CTM est une sorte de premier test grandeur nature pour ce nouveau pouvoir bicéphale qui doit à la fois satisfaire les  « justes » revendications des travailleurs, respecter des équilibres financiers sans toutefois se mettre à dos les patrons et amis de Yann Monplaisir. Un grand écart permanent. Mais jusqu'à quand ? Dans une « déclaration », arrivée à CCN ce week-end, le CNCP-Abaul-Limery continue de se montrer très critique à l’endroit de la CTM car, dit-on de ce côté, « pas de développement (... ) sans fin de la domination coloniale ». Par ailleurs, sur son blog souvent considéré comme un soutien sans faille à la CTM, l’écrivain Raphael Confiant écrit : « Les 83.000 Martiniquais qui ont voté pour le Gran Sanblé le 13 décembre dernier en sont arrivés à un stade d'exaspération telle devant cette voyoucratie que tout peut arriver. Il est donc temps qu'AMJ et les siens prennent le taureau par les cornes et arrêtent ce cirque. Il est grand temps ». Autant dire que les risques de dérapages en cas de durcissement de ce conflit ne sont plus seulement hypothétiques. C’est donc à suivre...


Privilégions nos intérêts communs

Déclaration du CNCP du 16 avril 2016

Est-il vrai, oui ou non, que de tous les gouvernements des pays  impérialistes occidentaux, celui de la France étant à la pointe en ce domaine, mènent une offensive commune pour remettre en cause la souveraineté des pays tiers,  se réapproprier de leurs terres, pratiquer la subversion, imposer leur domination institutionnelle,  militaire et culturelle, imposer aussi une impitoyable politique de prédation néolibérale ?

Est-il vrai, oui ou non, que nous, peuple Martiniquais, n’aurons pas les moyens de résoudre  nos problèmes de développement endogène, de production,  de chômage, d’éducation et de santé, de coût de la vie, de répartition des richesses, d’inégalité dans l’accès à la direction des administrations, (etc.) sans mettre fin à la domination coloniale ?

Est-il vrai, oui ou non, que nous n’atteindrons cet objectif qu’en consolidant l’unité de notre peuple, en privilégiant la défense de nos intérêts communs et en luttant principalement contre la domination coloniale ?

Si nous portons une réponse positive à ces questions, nous admettrons  les effets désastreux de la violence circulaire à laquelle on assiste dans une partie de la classe politique.

On aurait pu croire qu’au lendemain des élections du 13 décembre, les affrontements opposant Ensemble Pour un Martinique Nouvelle (EPMN) à «Gran Sanblé pou ba péyi-a an chans » se seraient atténués. Ils gagnent au contraire en intensité.

 Les débats autour du Compte administratif ont été particulièrement tumultueux. Les uns dénonçant un déficit caché, les autres criant à la manipulation. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire des affrontements entre les partis qui participent à l’alternance, on retrouve ce même scénario. 

L’opposition est dans son rôle quand elle dénonce des anomalies, des scandales  ou des comportements autocratiques. Toute dérive doit être condamnée et cela,  de quelque bord qu’elle vienne. Mais au-delà des querelles de chiffres et du droit à la vigilance, l’appréciation de l’action de ceux qui ont été ou qui sont aux commandes des collectivités devrait dépasser ces seules considérations. L’évaluation de l’action des uns et des autres concerne aussi et surtout les réponses portées aux difficultés quotidiennes et aux attentes de la population.  La politique menée  a-t-elle été ou est-elle au service des classes opprimées ?  A-t-elle favorisé ou favorise-t-elle l’émancipation de notre peuple ?  A cet égard, l’évaluation, pour être honnête, doit prendre en compte la réalité des compétences véritables détenues par les gestionnaires des collectivités. Car, c’est bien de gestion et non de « gouvernance » qu’il faut parler. (Ce dernier terme pouvant entretenir l’illusion que les élus locaux disposent du pouvoir de gouverner).

Sur la base de cette grille d’analyse, force est de constater que l’ancienne majorité est restée confinée dans une logique néolibérale et dans les cadres imposés par la commission de Bruxelles. Le pays ne pouvait que continuer à s’enfoncer.

Quant à la nouvelle équipe qui a obtenu la majorité à la CTM, il serait malvenu d’évaluer sa politique après 4 mois de gestion. Toutefois, on peut légitimement  déplorer l’absence de visibilité relative à ses perspectives. On peut également s’inquiéter de la remise en selle de la droite traditionnelle rendue possible par l’alliance de GSPBPAC, d’autant plus qu’on assiste à un retour en force de son idéologie.

Ainsi à l’occasion de la grève de travailleurs de la CTM, les critiques contre les syndicats, qui étaient la spécificité de cette droite, sont reprises dans certains milieux « patriotiques» qui dénoncent « des fonctionnaires en grève sur le dos des contribuables » et qui font des appels à peine voilés au Préfet pour qu’il dépêche les forces de répression.

Dans un tel contexte, le pouvoir colonial a le champ libre pour intensifier son offensive assimilationnistes. (Billets pour l’euro foot, appel à l’engagement dans les forces armées pour défendre « notre » République, etc.)

Plus que jamais, nous affirmons la nécessité de notre unité, de notre organisation et de notre mobilisation pour sortir notre pays de l’impasse et pour un mieux vivre de la majorité.La déchirure qui s’accentue entre deux blocs est profondément nuisible aux intérêts du peuple Martiniquais.  La sauvegarde et l’émancipation du peuple martiniquais ne viendront certainement pas des fanatiques, de quelques bords qu’ils soient, qui soutiennent aveuglément tous les faits et gestes de leurs dirigeants.   

Nous exhortons tous nos compatriotes à privilégier nos intérêts communs, à se détourner des divisions mortifères, des violences verbales et physiques qui sont les principaux obstacles à notre émancipation.

 

 

L'ultime message d'Alfred Marie Jeanne

Fort de France: Lundi 18 avril 2016. CCN. 16h00. Les grevistes ne faiblissant pas dans leur determination. Le President Marie Jeanne leur a  adressé ce "Message". Il semble bien  que la dernière phrase de ce  texte ressemble  à ce qui pourrait être un avertissement avant un appel populaire  à la Défense" de la CTM. 


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