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Guadeloupe. Presse business, politique et pouvoir (1)

03 Mai 2016
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Bruno Blandin : Patron-zappeur de "Nouvelle Semaine" Bruno Blandin : Patron-zappeur de "Nouvelle Semaine"

Pointe-à-Pitre. Mardi 3 mai 2016. CCN. 6 ans après sa création  l’hebdomadaire « Nouvelle  Semaine » (NS) a fêté comme un événement politico-médiatique  (ou l’inverse)  la sortie de son 300 é numéro. L’occasion était bonne de  réunir en toute confraternité  une bonne  fournée de la centaine de  journalistes officiant dans le Paysage Médiatique Guadeloupéen. Jean Claude Rodes le porte parole de la toute nouvelle Union des journalistes et Medias Guadeloupéens (UJMG) a rappelé succinctement  le contexte souvent difficile  dans lequel évolue notre presse. Diana Perran, la conseillère régionale en charge de l’audiovisuel et des TIC, dans un registre encore  très  élections –régionales-2015  n’a voulu lâcher aucun scoop  mais  a fait quelques  « annonces  qui méritent  tout de même  notre attention (cf. l’extrait de  son discours).  Enfin juste avant les petits fours, leur champagne et l’animation musicale Bruno Blandin le patron des grands patrons  guadeloupéens mais  aussi patron donc propriétaire  de NS s’est fendu d’un discours que nous reproduisons ci-dessous  (avec quelques correctifs)  afin que nul n’ignore… 


 

Mesdames et messieurs les journalistes et professionnels des médias,

Je tiens tout d’abord à vous remercier d’être aussi nombreux à cette soirée anniversaire / qui revêt un caractère tout particulier pour moi / car c’est la suite d’une aventure commencée il y a six ans avec mes associés / pour la création de cet hebdomadaire.

Bien que passionné par les médias en tant que lecteur / c’est un secteur que j’ai re-découvert de l’intérieur / avec ses valeurs et ses contraintes.

C’est surtout une expérience humaine qui m’a donnée l’opportunité de côtoyer la encore des hommes et des femmes de conviction motivés non pas par l’appât du gain ou de la notoriété mais par le devoir d’informer les citoyens de façon la plus professionnelle impartiale et utile que possible.

Partout dans le monde la profession de journaliste est souvent mise à mal alors même qu’elle est reconnue dans toutes les constitutions des pays dits «  développés » comme un pilier majeur de la démocratie.

Ici comme ailleurs l’information est essentielle pour la vie de notre société et les journalistes sont des acteurs indispensables pour la relayer et la diffuser dans un territoire comme le nôtre en perpétuelle évolution sociale et économique.

La presse locale est un outil permettant à chacun de prendre le recul nécessaire sur nos univers personnels pour pouvoir les mettre en perspective avec les évènements marquants de notre environnement dans sa globalité.

 Elle nous rappelle constamment à la dimension communautaire dans laquelle nous nous devons de nous intégrer et à laquelle nous devons participer activement pour permettre le « bien vivre ensemble ». 

Comme ailleurs l’évolution technologique fulgurante a engendré la multiplication des sources d’information mais a aussi accentué le danger de la désinformation. 

Et si les réseaux sociaux et l’internet permettent à tout citoyen de s’exprimer et de diffuser de l’information, il est urgent de rappeler que les organes de presse et les journalistes sont les seuls vrais garants de la qualité et de la véracité de l’information.

  • Le respect de la déontologie
  • Et les gardes fous imposés à cette profession font partie des éléments qui concourent à la qualité et à l’authenticité de l’information délivrée.
  • La carte de journaliste délivrée aux professionnels,
  • Les numéros de commission paritaire pour la presse écrite
  • Et les autorisations de diffusion sont les éléments de différenciation imposés par le législateur pour justement éviter les amalgames avec les supports gratuits comportant de la publicité ou autres contenus dédiés à de la pure propagande.

 

A ce titre, la presse doit pourvoir préserver son indépendance vis à vus de tous les pouvoirs et de toutes les pressions politiques ou économiques.

L’évolution technologique implique aussi l’apparition de nouveaux modèles économiques qui fragilisent des sociétés qui naviguent souvent à vue dans un contexte contraint particulièrement dans des zones insulaires.

Car on l’oublie trop souvent, les entreprises de presse tout comme les établissements de santé par exemple de par leurs missions ne sont pas des entités comme les autres. Pourtant comme les autres elles demeurent avant tout des acteurs économiques qui créent de la richesse en assurant la promotion du meilleur de nos territoires.

A ce titre, elles méritent donc aussi l’attention des décideurs pour accompagner leurs évolutions et maintenir leur dynamisme. 

L’inventaire de la presse en Guadeloupe aujourd’hui c’est :

  • Un quotidien dont on connaît les difficultés,
  • 4 hebdomadaires *
  • 4 chaines de télévision*
  • 8 radios*
  • et un nombre croissant de supports en ligne.

Les médias malgré la crise parviennent donc à se maintenir. C’est aussi dans ce secteur que l’on compte le moins de fermetures. C’est dire la qualité des dirigeants et hommes qui y travaillent.

A vous tous je voudrais dire ce soir que le président de l’Union des Entreprises que je suis restera à vos côtés pour défendre la profession. Je m’y engage !

J’en appelle aussi aux pouvoirs publics et aux collectivités qui doivent également contribuer à la pérennité des entreprises de presse par un véritable soutien équitable, neutre, sincère et sans faille.

J’émets le vœu que la rencontre de ce soir, soit annonciatrice d’autres occasions de partager et d’échanger entre vous professionnels des médias, et aussi avec tous ceux qui de près ou de loin, contribuent à la défense de la presse dans le sens le plus noble du terme.

 

 

NDCCN.* B. Blandin parle de 4 hebdos, nous en connaissons 5 :  Nouvelles Etincelles, Le Progrés Social, Nouvelle Semaine,Ti journal (hebdo gratuit)
 Et…le Courrier de Guadeloupe !  dont le directeur n’est autre que Pierre Edouard Picord qui fut un temps rédacteur en chef de « Nouvelle Semaine », donc très proche de Blandin…ce zapping s’explique !

4 chaines de télé  ? nouvelle erreur de B. Blandin : Canal10, Guadeloupe 1ére,  AlizésTv…ATV Gpe mais où estdonc  passé Eclair TV ? pourtant Blandin a été très proche  de ce media… ce zapping ne s’explique pas !

 

perran
Diana  Perran : Conseillère Régionale  en - mode - pas - de - scoops! 

Le Discours  de  Diana Perran  (Extraits)

Oui, je vous souhaite de conserver votre indépendance et votre liberté de ton (ou de la retrouver pour certains) ; mais surtout de poursuivre avec honnêteté votre mission d’information et d’éducation en toute équité.

Oui en toute Equité….car il n’y pas de liberté d’opinion sans liberté d’information.

Et toute liberté suppose une part de droits mais aussi de devoirs !

Alors oui, cela impose parfois de quitter l’écume des vagues de l’actualité pour se consacrer davantage aux sujets de fond, comme le fait si bien Nouvelle Semaine !

Cela demande d’intégrer que les débats sont viciés lorsqu’ils ne sont pas nourris par l’analyse et la mise en perspective des faits.

Et cela exige aussi du temps et une capacité d’investigation que l’immédiateté de l’actualité ne rend pas toujours possible !

Mais je sais que vous, professionnels, avez à cœur de renforcer  cette dynamique !

Je sais que vous avez pleinement conscience qu’un peuple responsable, c’est un peuple correctement informé !

(…)

Il en va donc de votre responsabilité individuelle et collective ! Et c’est le rôle de collectivités comme la Région de vous accompagner en toute transparence et sans volonté d’ingérence.

(…)

C’est pourquoi il n’y aura ni scoop, ni annonce d’une enveloppe budgétaire dédiée aux médias sans concertation préalable avec les professionnels que vous êtes !

Pas de scoop et pas d’effet d’annonce, mais en revanche une vision de l’avenir et des enjeux de vos métiers que je compte raffermir et partager avec vous dans les prochaines semaines, les prochains mois ! ( souligné par CCN)

Je veux parler de l’enjeu cardinal de l’égalité de traitement des citoyens guadeloupéens dans l’accès aux médias !

Je veux parler de la nécessité de concilier la pluralité du paysage audiovisuel guadeloupéen avec la pérennité économique des entreprises du secteur, confrontées à l’atonie du marché publicitaire.

Je veux que nous évoquions ensemble les enjeux du numérique et son impact sur la nécessaire transformation de vos métiers.

Je veux que nous évoquions les voies et moyens d’encourager la production locale audiovisuelle en tant que secteur économique et contributeur d’une offre culturelle locale de qualité. 

Nous voulons porter avec vous l’ambition de faire émerger un réseau de Web TVs spécialisées, une école des métiers du journalisme, ou encore  un studio de production audiovisuelle permettant la mutualisation des frais. (ibid)

Avec vous, avec le Président Ary Chalus, nous souhaitons évoquer la volonté de la Région Guadeloupe de contractualiser, avec les medias guadeloupéens, pour soutenir une offre qualitative de programmes produits localement.

Et avec le Président nous sommes surtout attachés à garantir que vous puissiez continuer à scruter, d’un œil vigilant et critique, notre action régionale.

Donc, pas de précipitation, pas d’effet d’annonce, nous prendrons le temps qu’il faudra, pour débattre de tout cela avec vous, et avancer ensemble dans le respect de nos engagements mutuels. (mis en gras par CCN)

 

 

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