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Guadeloupe. Téléphonie : 2 ans après la Dominique, la 4G arrive enfin en Guadeloupe !

28 Jan 2016
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Pointe-à-Pitre. 28 janvier 2016. CCN. Le gouvernement français a lancé le 26 janvier dernier, sur proposition de l'Arcep, l'appel à candidature pour l'exploitation de fréquences 3G et 4G dans les dernières colonies, a fait savoir mardi le mamblot des télécoms. 2 ans après la Dominique, Antigua-Barbuda, les Iles Caïmans voire même les lilliputiens Turkos et Caïcos, les Guadeloupéens et Martiniquais devraient pouvoir disposer d'une meilleure couverture et de débits en théorie plus importants que la 3G. Pour combler ce retard et animer le marché, l'Arcep mise sur la concurrence. Le régulateur annonce qu'il pourrait retenir jusqu'à 4 lauréats pour la zone commune à la Guadeloupe et à la Martinique. Traduction. Aux côtés d' Orange, Digicel et SFR, l'arrivée d'un 4e acteur est souhaité après les projets avortés de Guadeloupe Téléphone Mobile (GTM) et Martinique Téléphone Mobile (MTM). Les opérateurs des Iles du Nord Dauphin Telecom et UTS Caraibes, Mediaserv le fournisseur d'accès à Internet (FAI) et le Français Free qui met la dernière main au lancement de Free Réunion répondront-ils à l'appel du pied ? Explications.

Le très haut débit mobile va débarquer en Guadeloupe et en Martinique d'ici quelques mois. L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a lancé mardi le coup d'envoi dans les dernières colonies françaises du LTE, la norme de téléphonie mobile de 4ème génération (4G).  Le LTE, qui permet une meilleure couverture et des débits plus rapides selon la bande de fréquences exploitée, prend la relève de l'UMTS, la norme de 3ème génération (3G). Pour simplifier, les fréquences hautes délivrent des débits très rapides mais sur une courte portée. A contrario, les fréquences basses, moins véloces portent sur une plus longue distance et pénètrent mieux les murs. Pour nos pays, l'Arcep a retenu les bandes de fréquences hautes 2600 Mhz et 1800 Mhz et les 800 Mhz dans la partie basse du spectre. Chez nos voisins dominicais et antiguais comme à partir du mois de mai à Paris et dans sa banlieue, c'est la bande des 700 Mhz, dite fréquence en « or »qui est exploitée. Elle offre la meilleure performance de pénétration observée à ce jour. L'enjeu est capital pour visionner une retransmission sportive en hd sur votre lieu de villégiature ou passer depuis votre domicile un appel en visioconférence dans des conditions optimales.

La 4G : couverture et débit optimisés

Depuis le lancement à la fin des années 90 de la téléphonie mobile dans nos pays, on est passé d'un parc de quelques dizaines de milliers de terminaux à plus d'un million de téléphones cellulaires et autres smartphones actifs soit plus d'un téléphone par habitant. Un taux d'équipement comparable à ceux enregistrés en France. Et comme partout ailleurs, les usages ont explosé. Dans ce contexte, la 4G apparaît comme une bouffée d'oxygène.

Le LTE est le premier grand virage technologique dans un marché où la norme GSM et ses prolongements GRPS et Edge ont encore la part belle quand elle ne fait pas tout simplement place aux trop nombreuses zones blanches, privées de toute réception. La 3G, lancée en 2010, reste encore très aléatoire dans de nombreux coins de Guadeloupe et de Martinique faute d'un déploiement suffisamment soutenu. Ses évolutions telles que la 3G+ et le HSDPA limitées quasiment à la conurbation Abymes-Pointe-à-Pitre-Baie-Mahault en Guadeloupe ne fait qu'accroître la fracture numérique. Le LTE, selon la stratégie de déploiement qu'adoptera les opérateurs, devrait permettre une meilleure couverture. L'Arcep évaluera à cet effet la volonté d'aménagement numérique des territoires dans ses critères d'attribution.

La 4G à quel prix ?

Les opérateurs seront-ils tentés d'augmenter les prix des abonnements déjà très chers  sous nos latitudes ? L'Arcep semble vouloir les en dissuader puisque la « stimulation du marché » est au nombre des critères d'évaluation des candidats. Cependant, il n'a pas échappé à CCN que l'ARCEP dans un récent communiqué déclarait avoir recommandé au gouvernement de ne pas mettre fin à la tarification de l'itinérance des derniers colonisés lors de leur déplacement en France et dans les dernières colonies comme le préconise la loi d'actualisation des droits des outremers. La fin de la tarification de l'itinérance est un combat de longue date, initié dans la foulée de LKP. Victorin Lurel, alors ministre des dernières colonies, en avait fait son cheval de bataille et tout portait à croire que ce surcoût n'en avait plus pour très longtemps depuis que Bruxelles s'était elle aussi emparée du dossier. La position de l'Arcep est « couillue » et osée dans la mesure où la commission européenne elle-même féraille contre moult lobbies pour la suppression du surcoût à l'échelle de l'Europe toute entière. Le mamblot se défend en arguant du fait que, sans mesures d'accompagnement, la suppression du surcoût est de nature à « déstabiliser les marchés ultamarins » les privant des ressources nécessaires au lancement de « services mobiles à très haut débit » et à l'investissement dans le déploiement de réseau 4G.

Sur cette question des prix, on suivra avec attention le comportement d'Iliad, la maison-mère de Free Mobile, l'opérateur qui en seulement 4 ans d'existence est parvenu à capter 11 millions d'abonnés soit 16 % de parts de marché et se hisser au 3ème rang des opérateurs télécoms français. Du jamais vu  à l'échelle planétaire. Fidèle à sa politique agressive sur les prix, Free a dynamité le marché français de la téléphonie mobile autour d'une grille tarifaire des plus simples : deux forfaits mensuels en tout et pour tout, l'un à 2 euros pour les petits consommateurs, ceux pour qui un téléphone sert d'abord à téléphoner et l'autre illimité à 19,99 € pour les accros aux textos, streamings et autres usages modernes du portable. En septembre dernier, Iliad a acquis la moitié du capital du Malgache Telco, récent acquéreur des actifs à Mayotte et à la Réunion du tentaculaire Outremer Télécom (Altice) avec l'intention de substituer sa marque Free Mobile à Only. 

Une ambition qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Sans attendre le lancement de Free Réunion, SFR qui domine le marché là-bas a revu de fond en comble sa politique tarifaire désormais (presque) calquée sur celle de Free : un forfait 2H de communications, SMS/MMS illimités et 50 Mo de data à 6,99 € et un autre illimité en communication, SMS/MMS et internet à 19,99 €. De son côté, Orange Réunion s'est contenté d'annoncer que les « cartouches étaient prêtes », autrement dit l'opérateur historique saura répondre à toute agression tarifaire. Assistera-t-on au même phénomène en Guadeloupe et à la Matinique ? Xavier Niel viendra-t-il chasser dans la mer des Caraïbes avec le même succès qu'en France ? On en saura davantage le 10 mai prochain, date limite de dépôt des candidatures.

CCN

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