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Guadeloupe. Le Grand Port Maritime est le plus sûr de la Caraibe

25 Mai 2016
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Michèle Montantin, Présidente de l’Union Maritime et Portuaire de Guadeloupe (à gauche),  Guadeloupe Port Caraïbes (à droite) Michèle Montantin, Présidente de l’Union Maritime et Portuaire de Guadeloupe (à gauche), Guadeloupe Port Caraïbes (à droite)

Baie-Mahault. Mercredi 25 mai 2016. CCN. En tant que Présidente de l’Union Maritime et Portuaire de la Guadeloupe qui regroupe depuis plus de trente ans les professionnels du maritime, du portuaire et du traitement des marchandises, leurs associations, les entreprises grandes et petites, les opérateurs, les utilisateurs et les clients du Port, je me crois parfaitement autorisée à intervenir afin de poser de manière claire la question de la sûreté portuaire et rétablir la vérité. Je suis consternée à l’idée que le travail accompli depuis des années pour faire progresser les infrastructures portuaires et rendre le G.P.M. Guadeloupe à même de se positionner dans son environnement puisse être déprécié de la sorte, et que soit véhiculée une image aussi injuste de notre port.


 

Pour rappel des milliers d’entreprises guadeloupéennes utilisent les services du port et représentent 12000 emplois (1400 emplois directs, 6600 emplois indirects et 4000 emplois induits). Le port est le point de passage de 95% des marchandises qui sont importées, exportées et transbordées dans l’Archipel. L’activité des entreprises et les emplois de celles et ceux qui travaillent en lien avec le port dépendent de la reconnaissance internationale du Grand port maritime de Guadeloupe comme une place sûre, fiable et compétitive. Toute atteinte à la sûreté, la fiabilité ou la compétitivité du port peut entraîner le départ des armements internationaux et constituer une menace sur l’activité économique, les entreprises et ces emplois dans l’archipel.

La sûreté portuaire, qu’est-ce que c’est ?

La sûreté portuaire a pour but de ; - détecter les menaces d’actes illicites, notamment terroristes, qui pèsent sur les ports et les installations portuaires (les terminaux comme ceux de Jarry, ou de Basse-Terre par exemple) à l’interface avec les navires engagés dans un transport international, - prendre les mesures pour prévenir ces menaces et en limiter les impacts. L’ensemble des ports importants dans le monde est soumis aux dispositions du code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (dit code ''ISPS'' : International Ship and Port Facility Security code) de l'OMI (Organisation Maritime Internationale), adopté à Londres le 12 décembre 2002, à la suite des attentats du 11 septembre 2001 à New-York. Il a été repris en droit communautaire européen par le règlement 725/2004, complété par la directive 2005/65 et transposé en droit français par différents textes.

 

Rôle du commandant de port

pour mettre en œuvre cette réglementation, un Agent de sûreté portuaire doit être désigné au sein du port. Son rôle : être le moteur de l’animation de la sûreté du port, faciliter les relations entre les exploitants des différents terminaux et les services de l'État compétents en matière de sûreté (préfecture, services de Police et de Gendarmerie ,Douanes...), coordonner les mesures de sûreté mises en œuvre à l'échelle du Port, élaborer et mettre en œuvre le plan de sûreté portuaire, organiser de manière régulière des entraînements et des exercices de sûreté. Le Commandant de port a été agréé par le préfet et nommé par la Direction du port pour être cet Agent de sûreté.

 

Où en est le port de Guadeloupe en matière de sûreté ?

Le port satisfait aujourd’hui à de nombreuses obligations réglementaires.

A notre connaissance, les évaluations de sûreté sont toutes approuvées par le Préfet. Les principaux terminaux publics (Terminal à conteneurs à Jarry, Terminaux croisière à Pointe à Pitre et BasseTerre…) sont tous dotés d’un plan de sûreté portuaire approuvé par le Préfet. L’agent de sûreté portuaire, cheville ouvrière de la sûreté sur le port, est le Commandant de port, auquel cette fonction a été confiée il y a plus de 10 mois. Ces plans de sûreté ont hélas, à notre connaissance, tous été produits avec retard, et le plan général de sûreté portuaire est toujours en cours de production.

L’UMEP encourage et soutient activement celles et ceux qui, en ce moment, œuvrent à ce rattrapage et pallient les carences de ceux qui auraient dû faire ce travail il y a de nombreux mois.

Au plan opérationnel, force est de constater par les entreprises utilisatrices des terminaux portuaires que la Direction du port a lourdement investi pour moderniser la sûreté du port et, en concertation avec les entreprises et les salariés, a considérablement durci les conditions d’accès à ces terminaux.

Chaque personne amenée à pénétrer sur un terminal doit maintenant faire enregistrer sa pièce d’identité pour pouvoir obtenir un badge d’accès, dont la détention est contrôlée. Les mouvements sur les terminaux sont filmés et les contrevenants identifiés, sinon interceptés. Des contrôles physiques ciblés sont opérés sur les personnes et les véhicules. Le « patrouillage» sur les terminaux fait maintenant appel à des maîtres-chiens.

Les entreprises intervenant sur les terminaux ont, elles aussi, considérablement modifié leurs pratiques pour contribuer à l’amélioration collective de la sécurité et de la sûreté : mise en place de navettes pour acheminer les personnels et interdire l’accès des véhicules personnels, livraison au client final hors zone portuaire, etc…

L’UMEP félicite les entreprises et la direction du port pour la conduite de cette démarche collective de progrès et ne regrette pas la période antérieure où les forces de l’ordre venaient appréhender sur les terminaux des personnes non autorisées qui avaient déjoué la vigilance des gardiens aux barrières d’entrée.

 

L’Etat a-t-il failli à sa mission en tardant à prendre les textes réglementaires nécessaires?

On a pu entendre, avec inquiétude, que l’Etat aurait pu « faillir à sa mission » en publiant tardivement des textes réglementaires concernant la sûreté portuaire. Il s’agit probablement d’une référence au dernier décret paru à la fin de l’année 2015 au sujet de la sûreté portuaire.

L’UMEP salue, au contraire, le sens des responsabilités dont a su faire preuve l’Etat en corrigeant des dispositions françaises excessives qui allaient bien au-delà de nos obligations européennes et internationales. Ce décret a d’ailleurs donné lieu à une longue concertation tout au long de l’année

2015 avec les professionnels des ports et des armements. Il n’a donc surpris personne quand il a été publié. Concernant tout particulièrement les terminaux à conteneurs, comme celui de Jarry, l’Etat a corrigé, à juste titre, des mesures de restriction d’accès qui n’apportaient rien, l’essentiel étant de vérifier l’état des scellés douaniers, l’intégrité des conteneurs et de contrôler les conteneurs vides ou ceux dont les scellés seraient suspects.

La vidéo-surveillance peut-elle remplacer les gardiens ?

D’après les informations dont elle dispose, L’UMEP constate que le nombre de gardiens utilisés par le port n’a pas diminué, qu’ils ont suivi une formation qualifiante qui en fait des opérateurs de sûreté reconnus et qu’ils disposent de moyens supplémentaires avec la vidéo surveillance qui leur permet de cibler les lieux et les périodes de contrôle en vue d’une meilleure efficacité. 

 

Et les autres ports, où en sont-ils ?

Le Grand Port Maritime de Guadeloupe est certainement un des plus sûrs en Caraïbe. Bien entendu il n’existe aucune forteresse portuaire et si les plans de sûreté des terminaux semblent le plus souvent à jour, certains experts s’interrogent encore sur l’approbation des plans de sûreté portuaire globaux. Concrètement la sûreté portuaire est le résultat de l’application par tous les opérateurs de la chaîne des règles de sûreté chaque jour et à toute heure.

 

Conclusion :

La sûreté portuaire ayant pour finalité de déjouer les actes de malveillance pouvant porter atteinte aux échanges internationaux toute médiatisation excessive augmente le niveau de menace qui pèse sur le port de la Guadeloupe et l’archipel. Des progrès sont sans cesse à accomplir et chacun s’y efforce à son niveau de responsabilité. L’Etat, la direction du port et ses équipes au service de la Guadeloupe, les entreprises, l’UMEP, s’y sont déjà engagés.

*Michèle Montantin est  Présidente de l’Union Maritime et Portuaire de Guadeloupe

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