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Guadeloupe. « Echappée Belle : Le roman d’une héroïne gavée à l’héroïne… »

21 Jui 2016
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Echappée Belle de Valérie Siracus  Echappée Belle de Valérie Siracus

Baie Mahault. Mardi 21 juin 2016. CCN  En recevant entre  les mains  ce gros  pavé   de près de 400 pages, écrit par Valérie Siracus ,  Je me suis  d’abord   dit : « wow, !  vais je pouvoir lire ce truc ? «  Pour me rassurer et  évaluer  je suis  donc allé  dans ma bibliothèque  revoir  et comparer  quantitativement les  derniers ouvrages de nos déjà célèbres  écrivains  Cari-francophones .

 

 « L’ âme prêtée  aux  oiseaux »   de Gisèle Pineau : seulement 220 pages.  «  Madame  St Clair « de Raphael Confiant : 380 pages. , « la vie sans fards »  de Maryse Condé : 288 pages,  etc.. . je me  suis dit  cette Valérie Siracus   bien qu’ encore   inconnue du  gotha de la littérature cari-francophone , devait être   bien téméraire   pou ’oser  publier dans un one shot une somme  pareille   .  Et puis sans plus attendre Je me suis  lancé dans la dévoration de son ouvrage.

 Je le dis d’entrée no :, je n’ai pas  été déçu, car son style est  fluide, avec parfois quelques facilités stylistiques, mais globalement ca  se laisse lire.  Il y  a cette petite voix intérieure

souvent notée en italique, dans le texte, qui peut passer pour la distance  prise à la fois par l’auteure.. ou par  Laurence  l’ héroine du récit

L’histoire elle  même : une sorte de thriller sentimental  à rebondissements multiple. , il y a là de quoi  vous   tenir  en haleine tout au long des 400 pages. On le  ldira Valérie  Siracus a   vraiment transformé son essai, en réussissant un roman qui n’est pas  sans   intérêt.

Ca  se passe  donc en  Guadeloupe  et singulièrement dans le « triangle d’or » de l’ile .C’est à dire entre les  Abymes/ Gosier et parfois  Baie Mahault.

Une jeune femme, une certaine Laurence, très amoureuse  se  fait  piéger par   un  Play  boy friend   un peu borderline, coureur de mini jupes,  qui l’entraine au fil des pages  et de  l’histoire dans un labyrinthe  semé d’embuches. C’est dira- t  -on une histoire banale  mais qui n’est  pourtant jamais  très éloignée de  la réalité   d’une certaine jeunesse un peu  perdue.

 Est ce  que ce  2é roman  de Valérie Siracus  marquera la littérature  guadeloupéenne ? plutôt que répondre à cette question un peu prématurée , je préfère   signaler  que depuis  un peu plus d’une  décennie, aux cotés des  « maitres « de la littérature romanesque Cari –Guadeloupéenne  que sont  les  Ernest Pépin, Mariz Condé, Gisèle Pineau,  édités le plus  souvent à Paris, sont venus s’adjoindre un nombre considérable de néo-écrivants ,  ou néophytes de  l’écriture. .   Pour la plupart  ils sont   édités tantôt  par  Ibis Rouge, d’autres par   les Editons Nestor.et  à un degré moindre par les Editions   Jasor.

Le talent  littéraire n’est pas  toujours la marque de fabrique  de cette   toute nouvelle littérature foisonnante, débordante de vitalité,  et dont le premier mérite mérite est d’exister. Ce phénomène  d’avantage éditorial que littéraire commence quoi qu’on dise à  marquer le paysage culturel et  littéraire Cari-Francophone. ( Petite parenthèse, pour être plus ancienne, et mieux outillée du point de vue stylistique,  du point de  vue l’écriture  et du récit,  les écrivains  Cari- haïtiens de  la nouvelle  génération sont  déjà Goncourables pour certains , quand ils ne siègent  pas à l’Académie Francaise.)

 Ces nouveaux  éditeurs  Cari-francophones  ( Guadeloupe, Martinique, Guyane)    bien que très éloignés des mastodontes de l’édition  parisienne,  -le  célèbre  GalliGraSeuil  -  permettent à des auteurs qui ne sont pas encore de grands  écrivains,  de toucher   un public, qui commence  lui à lire  ces  oeuvres romanesques   même si parfois    elles sont  qualité très inégale .Mais désormais  dans notre petite  Caraibe la  littérature et l’édition existent… elles  méritent d’être soutenues

Est ce a dire que Valérie  Siracus  soit incluse dans  le lot de ces néo- auteurs  des années 2000 ?   Il nous a semblé que son  roman déjà  par sa seule  épaisseur   (plus de  400 pages) avait nécessité  un véritable et très  long travail d’écriture. Ce roman est aussi un  vrai scenario,  il a été pensé  et écrit comme un vrai film.

L’oeuvre de VS,  a bien  des égards , fait tantôt un  peu dans le  Françoise   Sagan ( pour l’ambiance des golden boys  déjantés)   tantôt un peu d’Alberto Moravia ( pour le  cynisme  dans  la psychologie des personnages ) , enfin  pour le côté  love story , c’est  hélas  parfois  peut être un  peu trop  « télé novélas, »

Mais une jeune auteure  contemporaine Cari-Guadeloupénne  peut-elle totalement  échapper  à l’influence de  ces  séries  télévisées  qui nourrissent depuis des années   à leur insu des générations  de cerveaux?

Echappée Belle  est ce un  roman social ?  Là   je suis catégorique et sans appel. C’est non.  La réalité sociale du pays, la Guadeloupe, y est hélas  totalement absente et  même  pas suggérée,  les héros souvent  en mode héroïne party  vivent dans leur  petit monde clos   du Triangle  Baie Mahaut Gosier et quand ils s’évadent vers  Porto  Rico, c’est pour se retrouver dans un milieu similaire  .Laurence ne cesse donc de  se perdre et de s’y retrouver…Le talent de VS c’est qu’àu travers de son personnage, pour qui elle a  beaucoup d e tendresse( trop ?)  elle nous comme vivre et  ressentir  ses peines  , ses joies , ses émotions..

Par contre , dans ce récit qui est presque parfois un  huis clos   on s’aperçoit    quand on se  place   du point d e vue d e l a la vraie vie, ( oui ,oui un roman n’est pas  la vie, et la vie n’est  pas qu’un roman !)  que rien  ne semble devoir « troubler »plus que l’alcool ou la côke,  la vie des  jeunes ( les  personnages du roman )  qui travaillent  le jour  et  ne  pensent  la nuit  qu’a  ‘s’amuser, faire  l’amour,  participer   à des  soirées   en boite ou au bord des piscines, dans des  grisantes  ou stressantes  cocaïnes  parties...  Mais à  coup sur dans la vraie vie  on  trouve des Marko, des Mike..  . A bien regarder c’est  peut être la manière que VS a choisi pour refléter quelques uns de ces maux qui rongent une  frange de  la  jeunesse actuelle

Echappée Belle pourrait plutôt être le roman sociologique d’une époque, qui est  celle dans laquelle évolue ces  personnages, tous  très typés  étant   eux même le fruit d’une société dans la quelle les habituels repères semblent totalement  perdus. En creux  la  bande  à Laurence  représente  ce qu’il ne faut pas  être pour s’éviter les pires malheurs..

Et puis autres petites singularités de ce roman : au cours de ces 400 pages  pas un seul mot de créole prononcé, ou écrit.… les  personnages sont tous  100% francophones..et puis  on « n’entend » jamais la musique  même  quand l’action se situe dans une boite de nuit. !  Il a la comme un manque..

Mais  à  la veille des vacances, Echappée Belle  mérite d’être lu, et qui  sait si  un  réalisateur  aussi téméraire que l’auteure  ne voudra pas  un jour  l’adapter pour  la télé ou le  cinéma ? . Un  bon livre bien  scénarisé, ça peut faire un tout aussi bon  film. Mais c’est là  une  autre histoire

* Echappée Belle «  de Valérie Siracus  (Ibis Rouge)

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