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Guadeloupe. Le Mouvement Nationaliste est-il dans une impasse ?

Photos d'une manifestation avec Karesol  Otorité Politik Gwadloup Photos d'une manifestation avec Karesol Otorité Politik Gwadloup

Basse-Terre, Capitale. Lundi 27 juin 2016. CCN. Plus de 6 mois après les dernières régionales le périodique   nationaliste «  Patriyot » dans sa dernière livraison (  n°84 Mai/ Juin 2016) a publié un contribution   sans concession  sur la situation  actuelle et réelle du mouvement patriotique et anticolonialiste   guadeloupéen. Deux  informations essentielles  ressortent de ce texte :  1°/  sur le plan  électoral les organisations  telles que l’UPLG, le PCG ou le CIPPA  pèsent moins de 5% de l’électorat.  Ce chiffre  est à  rapprocher à celui publié  par  un récent sondage de Qualistat* ( mai 2016) lequel indiquait que   la « question statutaire » ne concernait que 3% des  guadeloupéens sondés.  2°/ le Mouvement Patriotique guadeloupéen  qui connut  au milieu des années 80 son apogée, est  aujourd’hui   particulièrement atomisé . Le mouvement LKP  de 2009 qui  avait  rassemblé des partisans  bien au delà de la mouvance patriotique et nationaliste, s’est progressivement affaibli  quand progressivement  certaines  de ses  composantes politiques et anticolonialistes (PCG, Combat Ouvrier, ANG… ) ont  décidé de « sauter à terre ». La dernière et très dynamique tentative  unitaire initiée  par le PCG  en 2012 sous  la bannière des Forces Patriotiques Anti Capitalistes et  Anti Colonialistes (FPAC*)  a quant à elle  implosé au lendemain des élections  municipales de mars 2015.  Il y  eut ensuite un nouvel et prometteur  essai d’unification…. à la veille des Régionales, de 2016. ! » Le Pacte Guadeloupéen » lancé cette fois par  le Kolektif pou Sové Gwadloup (KSG)  soutenu  ensuite par   l’UPLG et FKNG !. En dépit des  nombreuses discussions, séminaires , rencontres, textes et débats,  comme à  chaque fois ce sont  des divergences sur la  question électorale  ( participation/soutien ou non à  Chalus/abstention)  qui  ont   cassé   ce « Pacte » dont plus  personne ne s’en réclame. En fin de compte, Le bilan  que dresse le journal « Patriyot » ( unique organe de presse du Mouvement) paraît globalement négatif. Faut -il  dès lors penser qu’un demi siècle après les massacres de Mai  1967,  la liquidation du GONG,  que le mouvement patriotique  qui s’était reconstruit dans la douleur,  devenu depuis  pratiquement inaudible,   nécessite    une totale   remise en  question  de ses méthodes, de son discours et de son projet pour être de nouveau crédible et porteur d’espoirs ?  La réponse  chacun le sait est contenue dans  la  question ,désormais  incontournable. (CCN)


 

 

L’article du « Patriyot »

Regarder en face la signification des chiffres du vote

Si l’on s’en tient  à l’énumération sèche du nombre de votes recueillis par la mouvance patriotique au sens large, on peut parler d’un naufrage.

Après les élections régionales de 2010 et le mouvement social de 2009,  des patriotes appartenant à des organisations bien définies se regroupèrent au sein des FPAC.

Les FPAC  regroupaient des mouvements participant aux élections locales : PCG, UPLG, CIPPA.

D’autres se situant en dehors, COPAGUA, ou encore hostiles : FKNG.

Quelques années après l’effondrement du Mouvement guadeloupéen, la disparition des FPAC doit nous interpeller, car la division a gangrené les organisations, la polémique fait rage, aussi bien entre les deux groupes en désaccord sur les élections,  que dans les rangs de ceux qui clament leur hostilités aux élections organisées par le colonisateur. Nous reviendrons sur cette question.

Commençons par examiner les chiffres : ont recueilli au premier tour :

Alain Plaisir alternative populaire et citoyenne (cippe) : 2603 votes ou 1,85%

Mona Cadoce PCG : 1297 votes ou 0,92%.

Marie-Christine Myre UPLG: 697 votes ou 0,50%.

L’addition de ces votes se monte à 4.597, soit moins de 5%.

Bien entendu l’audience du mouvement patriotique ne se limite pas à cela puisqu’il faut tenir compte de FKNG / KARESOL, et de l’UGTG et de son allié NOM sans que l’on puisse chiffrer leur audience. Puisqu’ils se placent en dehors du verdict des urnes.

IMG 4994Graffiti sur un bord de route ©FKNG

En 2015 le fait nouveau est le rôle charnière des réseaux sociaux tels Le Mot Phrasé passé du papier à l’électronique via les réseaux sociaux. Ronald Selborne et Frantz Suça sont issus du parti patriotique originel. Ils appellent à construire une Autre Guadeloupe sur un terrain débarrassé de l’aliénation Lurélienne, leur positionnement est parallèle à celui du KSG (Kolectif pou Sauvé Gwadloup).  Les sites internets tels CCN (Caraïbe Créole News) et Créole Ways donnent accès à une information authentiquement  Guadeloupéenne, non soumise aux pressions des pouvoirs en place. Ce qui est loin d’être le cas de la majorité de la  presse écrite et audio télévisuelle.

 Mais il nous semble impossible d’avancer sans nous pencher sur le processus de division non seulement entre les organisations mais surtout en leur sein même.

Dressons un rapide état des lieux :

La gangrène de la division atteint le PCG dont la liste conduite par Mona Cadoce et Flemin combat Lurel sur la liste duquel figure Victor Arthein (43eme su 43) maire PCG  de Port-Louis.

Le ver parasite l’UPLG dont la liste conduite par Marie-Christine Myre avec José Corenthin (42 sur 43) est en compétition avec la liste d’ Ary Chalus ayant pour colistier (11 sur 43) Jean-Marie Hubert membre de l’UPLG (auparavant proche de José Corenthin dans la bataille à Port-Louis.)

Les prémices de cet éparpillement qui fait désordre, on les trouve dans la genèse puis  l’éclatement des FPAC. Les groupes constitutifs des FPAC ne sont pas exonérés d’une analyse de l’échec de leur tentative de regroupement... Nous attendons leurs explications.

Quelques pistes de réflexion face au paysage politique en Guadeloupe en 2016

Suite au scrutin départemental, le PCG, par la plume de Christian Céleste prend une initiative intéressante, rendant compte de l’émission de Radio Caraïbe Internationale « le lundi politique », Céleste résume ainsi l’argumentaire de la secrétaire de l’UPLG et du secrétaire général du PCG : 

« Les succès électoraux ne traduisent pas toujours des avancées sur le plan politique.

Si le Parti Communiste et le mouvement national n’ont pas gagné la bataille pour la conquête du pouvoir, personne ne peut  contester les avancées extraordinaires que leurs luttes ont imposées dans le domaine de l’éducation, de l’identité, de la culture, de l’économie et des relations avec leur environnement géographique. »

Incontestablement, ils n’ont pas réussi à faire passer le peuple guadeloupéen d’un peuple en soi à un peuple pour soi, décidé à prendre en main son destin.

Si on doit parler d’échec, il est là. En précisant tout de même qu’il découle de deux facteurs :

. La contre attaque violente du pouvoir colonial...

. Les erreurs des communistes et des nationalistes dans la conduite de la lutte pour la décolonisation du pays...... »

Faut-il placer au premier rang des erreurs communistes la dilution (au sein du système colonial)  dans le clientélisme des élus du mot d’ordre de 1958: autonomie en union avec la France ?

Avant de conclure en posant  une question essentielle, le Guadeloupéen se considérant comme profondément français, la solution qui s’impose est le partage de souveraineté.

En 1999.. Cyril Serva posait le problème de manière clairement : «  L’assimilationniste est en nous ». Cette réalité nous conduit à la notion clairement exposée de partage de souveraineté.

luc reinette elie domota lkp ugtg

Luc Reinette:  Mét Kasik de Karesol Otorité Politik Gwadkoup (à gauche), Elie Domota: Porte Parole du LKP (à droite)

 

Il est indispensable que tous les candidats issus du PCG et de l’UPLG qui sont allés aux élections régionales en ordre dispersé s’expliquent et permettent aux électeurs d’avancer dans leur parcours de militants patriotiques. Quant à Elie Domota et à Luc Reinette, face aux 179 669 votants (en écrasante majorité Guadeloupéens), les divergences criantes qu’ils viennent de rendre publiques sont un repoussoir  éloignant l’adhésion à leurs thèses.(exclusion de tout processus électoral sous domination coloniale).

Domota dérape en maniant uniquement un marteau destructeur sans discernement.

Luc Reinette ne va pas à l’essentiel en relatant les évènements des années 1980. Il est important de mettre l’accent sur les erreurs de l’UPLG dans sa posture hégémonique, mais la leçon essentielle à tirer d’une période où Luc Reinette est un acteur central, c’est l’impossibilité d’arracher la libération nationale par la lutte armée. Il importe de toujours rendre hommage au valeureux courage de tous les patriotes acteurs de la lutte armée J’avais déjà avancé cette opinion lors d’un article en mémoire de Jack Berthelot et de ses camarades...

Ce qui ressort  de cette phase historique, c’est  que l’isolement des patriotes au sein de la population est la cause essentielle de ces échecs.

Pendant les 44 jours du mouvement social nous avons compris que certains militants caressaient l’idée d’arracher l’indépendance par un méga blocage style « grand soir » quelle illusion !

Le problème de l’UGTG, c’est l’incapacité à surmonter la contradiction entre  sa popularité et son audience liées à sa capacité à faire respecter les lois sociales françaises, et sa dénonciation radicale du caractère colonial de la domination de l’Etat français. Combien de milliers de marcheurs du mouvement social ont voté Lurel aux régionales de 2010 ?

 

lurel chalusb

Ary Chalus: " au coeur  du pays..." (à gauche) et Victorin Lurel: une guadeloupe débarassée de l'aliénation lurélienne...(à droite)

 

Luc Reinette a pris en compte cette dualité et propose une démarche pour en sortir. L’inconvénient est que cela reste une posture individuelle partagée par une infime minorité.

Notre contribution au Progrès de la Guadeloupe continue

Cinquante trois ans nous séparent de la charte du GONG et nous n’avons pas à regretter d’avoir « renversé la table » en rompant  définitivement avec l’assimilationniste infiltré dans le camp des autonomistes. Et, quel réconfort quand un anthropologue qui a été au premier rang dans la genèse du mémorial Acte m’explique que notre prise de position courageuse au sein du GONG a ouvert la voie à des actes et entreprises de première importance en Guadeloupe.

Ce fut un moment fondateur qui a permis l’affirmation de l’identité Guadeloupéenne Le peuple et la nation sont devenus des notions évidentes.

Le mémorial acte aurait été impensable il y a 60 ans ! (Avant l’irruption du GONG)

Mais pouvions nous prévoir le rôle d’internet et des mouvements sociaux ? Ces techniques de communication ont joué un rôle capital dans la défaite de Lurel. On a ainsi  rejeté la profonde aliénation assimilationniste du personnage. Je ne pense pas être seul à estimer impensable que Ary Chalus écrive un équivalent du torchon assimilationniste qu’est la « Lettre à mes amis de l’hexagone » pondu par Lurel. L’ancrage d’Ary Chalus au cœur du pays nous laisse espérer une démarche authentique qui suivra fidèlement les pistes déjà tracées vers le dépassement de l’aliénation post 1848.

En décembre 2015, nous pouvons brosser le tableau suivant de la situation politique en Guadeloupe :

Une porte s’ouvre pour accéder à une autre Guadeloupe ouverte à la démarche d’exister pour elle même. Parmi les écueils qui nous attendent, il faut prendre au sérieux les divisions qui traversent l’ensemble des tendances de la mouvance patriotique.    

R. Chaufrein

 

 Notes de CCN

  • Qualistat-barometre notoriété/confiance mai 2016
  • KSG :Kolektif Pou Sové Gwadloup : groupe  e  patriotes   ex membres d e l’UPLG, de l’UGTG, de l’ex UTA, de l’UPG,  de Bijengwa, du PTG Qui de plusieurs années oeuvrent pour tenter de rassembler les patriotes dispersés. Ses militants  ne sont opposés aux élections
  • FKNG ! Fos pou Konstwui Nasyon Gwadloup : Organisation politique nationaliste  radicale  crée en 2010, Opposée a toute participation aux  élections dans le cadre actuel
  • Karesol  Otorité Politik Gwadloup . créée en  octobre 2015  par des  militants  du CIPN, du FKNG ! et autres  se considère  l’embryon d’ un futur  gouvernement provisoire
  • Mouvman Nomn :  Créée en 2002 ,organisation politique patriotique  radicale très proche de l’UGTG et membre du LKP depuis  2009  prône l’abstention aux élections dans le cadre actuel
  • LKP  groupe  d’organisation syndicales, associatives et politiques :existe depuis  fin 2008  a tenu son 1er congrès  en 2015. 
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