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Guadeloupe. Audit et polémique : V. Lurel ouvre déjà la campagne des prochaines Régionales !

01 Juil 2016
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Basse-Terre, Capitale Vendredi 1 juillet 2016. CCN. Absent volontairement  de  l’hémicycle  mardi dernier, lors de la présentation officielle  de l’audit du cabinet Kopler, Victorin Lurel  réagit à posteriori et a adressé à la presse  ce document dans le quel il donne SA  version   revue et corrigée des conclusions de l’audit.  Au delà de ce qui semble être  la  guerre des chiffres, la polémique repart  pour un tour. Car dans son texte, Lurel  profite  pour  passer au scanner les 7 premiers mois  d’exercice du  nouvel  exécutif qualifiés de « sans cap, sans vision stratégique ».  Tel un prof d’économie ou une agence de notation  Lurel   juge le  budget  primitif de l’équipe Chalus «  récessionniste, doncmauvais » Et  fin du  fin l’ex président de Région réclame urbi et orbi un débat télévisé  qui n’aura jamais lieu  à son successeur. Au moment où Chalus semblait vouloir clore tous  les débats, c’est maintenant  au tour de  Lurel de se (re) mettre en campagne(s) : 2017, 2020, 2021 ?


Présent à Paris pour assumer ma fonction de député, je n’ai pu être présent à la plénière du Conseil régional le 28 juin. Pressentant le simulacre de débat et souhaitant éviter à la Guadeloupe le « combat de coqs » voulu par l’exécutif, j’ai délibérément choisi d’aller défendre des amendements historiques portés sur le projet de loi Egalité et Citoyenneté.

Depuis bientôt 7 mois, je laisse la majorité travailler et tenter de mettre en œuvre un programme que je juge irréaliste. Pourtant, face aux mensonges, à la calomnie et même à la diffamation, face à une propagande et à des actes qui tentent de faire table rase de 11 années d’engagements pour le pays, de mettre en péril son avenir en lui imposant une cure d’austérité injustifiée et de dégrader considérablement son image et l’honneur de la fonction du président, je ne peux rester silencieux.. Comme premier acte fort de sa mandature, la majorité régionale nous avait promis des révélations spectaculaires sur une gestion des finances régionales prétendument calamiteuse et révélant l’incurie budgétaire et une politique électoraliste.

Au vu de l’audit présenté en plénière, la montagne a donc accouché d’un moustique Zika. Pire : au grand dam de l’exécutif, cet audit est un éloge de l’action de la majorité que j’ai conduite ! En effet, selon les analyses de l’audit transmis à la presse et aux élus – avant d’être opportunément modifié lors de sa distribution dans l’hémicycle -, l’audit reconnaît dans tous ses points que la précédente majorité n’a jamais franchi les seuils d’alerte financiers et reste très éloignée des seuils limites.

 Je suis heureux que cet audit nous fournisse aujourd’hui tous les éléments permettant de contrer la propagande mensongère distillée depuis plus de 6 mois.

 En premier lieu, reprenons point par point les éléments du cabinet Klopfer : o La capacité de désendettement, retraitée à trois reprises par le cabinet - d’abord 6.3 puis 7.2, s’établie à 6.7 ans et reste bien en deçà des 15 ans du seuil plafond et même en deçà des 8 ans d’objectif cible. En termes de capacité de désendettement, la région se situe même au 9ème rang des 26 régions françaises de 2015 !

« De 2011 à 2014, la capacité de désendettement s’est maintenue autour de 3.3 années, soit un niveau très satisfaisant ». Pour mémoire, selon les chiffres du compte administratif, seul document officiel, la capacité de désendettement est même de 5.6 ans.

o Le taux d’épargne brute a été jusqu’en 2014 « bien supérieur à la moyenne des régions françaises » (entre 26 et 29%) puis est passé à 19.5% en raison du choix politique de relance et de soutien à l’économie fait en responsabilité par la précédente majorité pour stimuler la reprise. Il demeure par ailleurs largement au dessus du seuil d’alerte (très loin du plancher de 10% et encore éloigné des 15%) et confirme la forte capacité de la région à autofinancer ses dépenses d’investissement.

 Pour mémoire, selon les chiffres du compte administratif, seul document officiel, le taux d’épargne brute est de 22% des recettes réelles de fonctionnement.

o Mieux, sur les dépenses d’investissement, l’audit précise que « la Guadeloupe est au 4ème rang des régions les plus investisseuses » : 392€/hab contre 140€/hab en moyenne.

Nous avons donc continuellement agi pour le développement du pays et même renforcer notre interventionnisme en 2015 pour soutenir l’activité en passant de 165M€ en moyenne à 229M€ en 2015 comme nous nous y étions engagés.

Résultat : les chiffres de l’Insee et l’IEDOM confirment une amélioration de l’emploi, une reprise de la croissance et un renforcement du pouvoir d’achat.

o Le seul élément que nous contestons porte sur l’analyse faite par le cabinet Klopfer des arriérés de mandatement estimés à 55.5 millions d’euros.

La méthode de retraitement utilisée, qui n’a pas été communiquée, consiste à détériorer les ratios. Je note que sur les 30M de subventions exclusivement consacrés à la formation professionnelle, 13,5 M relèvent de l’exercice 2016 et n’ont donc pas à être rattachés à l’exercice 2015 car le service n’a pas été fait.

Cela ramène ainsi le montant des arriérés à 16.5M€ (30-13.5). Sur ces 16,5M€, seuls 7.4M€, qui ont été effectivement réalisés et les factures transmises, doivent être rattachés à l’exercice 2015. Au total, malgré cette manipulation manifeste des arriérés de mandatement cherchant à dégrader les ratios, ceux-ci demeurent extrêmement satisfaisants et démontrent une gestion rigoureuse et saine des finances régionales par la précédente majorité.

En second lieu, rétablissons la vérité sur le compte administratif de 2015 : o Depuis décembre, nous affirmons que le compte administratif 2015 dépassait les 50M€ : il est bien excédentaire de 52 M€ ! donc pas de déficit !

 o L’épargne brute de 60 M€ est bonne et permet même de continuer à investir pour la Guadeloupe ! o L’encours d’endettement est de 324M€ au taux moyen de 1.62% sans aucun emprunt toxique : qui dit mieux ?!

o Pas d’augmentation de la pression fiscale pendant 11 ans ! o Un crédit de trésorerie de 50M€ au Crédit agricole et à la Caisse d’épargne intégralement remboursé au 31 décembre 2015 – ce que beaucoup d’autres régions n’ont pu faire. o Pas de sur-recrutement et donc pas de sureffectif !

 Face à la crise, aux besoins de notre économie et au manque manifeste de volontarisme et de solidarité de l’ancienne équipe du Département, la région devait agir. Oui, si l’endettement a augmenté en 2015, tout en restant largement en dessous des seuils critiques retenus par le cabinet Klopfer, c’est par le choix fait et assumé d’une politique contra-cyclique de relance keynésienne par l’investissement évitant soigneusement d’augmenter les impôts depuis 2004.

A l’inverse, la nouvelle majorité régionale, sans cap, sans vision stratégique, est désormais incapable de justifier son immobilisme depuis son élection en décembre. En 7 mois, la majorité n’a rien réalisé ; pire elle contribue, par son inaction, à assécher le pays en supprimant les politiques régionales mises en œuvre pour les Guadeloupéens.

L’exécutif ne pourra plus faire croire que les caisses régionales sont vides pour justifier une hausse d’impôts : l’Exécutif n’a aucune légitimité pour augmenter l’impôt contrairement aux augmentations des taux d’octroi de mer décidés.

 En 2004, nous avions à redresser ;

 en 2016 le président Chalus n’a qu’à continuer notre bonne politique et se mettre enfin au travail pour la Guadeloupe.

Dès lors, j’affirme que rien ne justifie la cure d’austérité bête et aveugle imposée depuis 7 mois par une diminution de 73M€ des crédits d’investissement (-30 %).

 ll n’est par ailleurs plus acceptable que les entreprises guadeloupéennes, au bord de l’asphyxie, n’aient pas été payées depuis plus de 5 mois par une Région qui en a les capacités financières.

La Région a fait le choix d’annuler 73M€ de crédits en enterrant ou en différant sans raison des chantiers vitaux : le CFA de Petit-Canal, la rénovation urbaine et le Stade Félix Eboué de Basse-Terre, le Stade de Port-Louis, le Mémorial Delgrès à Saint-Claude, la déviation de la Boucan…

La Région réduit ses engagements sur plusieurs opérations importantes comme la reconstruction du Centre des arts de Pointe-à-Pitre, l’école d’ingénieur ou l’aménagement des ports…

Après avoir fait perdre 7 mois au pays, je demande au nouvel exécutif de se mettre désormais au travail et de cesser la politique d’austérité menée depuis décembre contre les familles guadeloupéennes, contre les entreprises, contre les associations et contre les collectivités. Rappelons la promesse du candidat Chalus, rien que pour l’eau, un crédit de 700 millions d’euros sur sa mandature…

En tant que minorité constructive, je lui demande solennellement de proposer, dans les plus brefs délais, le vote d’un budget supplémentaire car le budget primitif adopté est récessionniste et donc mauvais.

 Précisons en ce sens que la Région aurait déjà dû payer plus de 200 millions d’euros à mi-parcours de l’exécution du budget.

Au-delà, je tiens à rappeler aux Guadeloupéens qu’en matière de bonne gestion, nous n’avons aucune leçon à recevoir de la part : -

 d’un exécutif qui, à Baie Mahault, a augmenté les taxes et impôts de 11M€ en un an avec une augmentation de 44% de la Taxe d'enlèvement des Ordures Ménagères et une augmentation de 12% de la taxe foncière sur la propriété bâtie.

Pour rappel, il est par ailleurs intéressant de comparer la masse salariale régionale de 48 M€ pour 1063 agents aux 46M€ de Baie-Mahault pour 1298 agents et une ville de 30 000 habitants... –

d’un Exécutif qui, depuis décembre, a augmenté les dépenses de fonctionnement de la Région de 18 millions d’euros. - d’une vice-présidente, maire de Basse-Terre, dont les comptes de la commune, nous l’apprenons dans la presse, sont sérieusement déficitaires pointés du doigt par la chambre régionale des comptes. –

d’un ancien Exécutif régional qui a laissé une Région en déficit de 65 millions d’euros et procédé à des recrutements électoralistes.

A la lumière de l’ensemble de ces considérations, je demande donc au Président Chalus le débat télévisé dont il a privé les Guadeloupéens pendant la campagne électorale. Celle-ci est désormais terminée, son résultat clair donne toute la légitimité et les moyens au nouveau Président pour accomplir ses nombreuses promesses électorales. Il est plus que tant d’agir.

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