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Guadeloupe. Baie-Mahault veut sauvegarder sa vocation et son potentiel agricoles.

21 Juil 2016
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Visites de parcelles agricoles de la ville de Baie-Mahault Visites de parcelles agricoles de la ville de Baie-Mahault

Baie-Mahault. Jeudi 21 juillet 2016. CCN. Les Rencontres Agricoles de Baie-Mahault devenues une tradition de cette collectivité, se sont déroulées pour  la première fois depuis 10 ans sans Ary Chalus. C’est donc Hélène Polifonte le nouveau maire, accompagnée pour la circonstance de quelques élus, mais aussi de Sylvie Gustave-Duflo, en charge de l’environnement à la Région, d’un ex ingénieur agricole Jocelyn Jalton, que cet état des lieux du potentiel agricole de la ville a pu se faire l’espace d’un samedi.


 

Depuis le milieu des années 80 et la création presque ex nihilo de la zone commerciale de Jarry, on a tendance à penser que Baie Mahault  c’est Jarry plus des résidences secondaires et une cité dortoir. Il est vrai qu‘en l’espace d’un peu plus  de trois décennies, l’ancienne  bourgade rurale est devenue le « poumon économique » de la Guadeloupe.  Jarry, une ville dans la ville est le  siège de plus de 3500 entreprises , attire et accueille chaque jour prés de 20.000 salariés. Jarry  qui a totalement vampirisé Pointe à Pitre , qui fut  pendant longtemps  LE centre commercial de la Guadeloupe, est  un cas unique dans la Caraibe.    A la  fin des années 60, Baie Mahault, qui cumulait  à peine 7500 habitants  a quadruplé  sa population au point de devenir la 2é ville de l’archipel guadeloupéen avec plus  de 30.000 habitants.

 Ce  poids économique et démographique, n’est pas  sans conséquences sur le plan politique , car depuis ce boom, tous les  maires de Baie Mahault ont été  régulièrement élus députés. Ary Chalus  a quant à lui  dépassé le cadre de sa ville ,en devenant président de Région .

Mais bien avant  que la mangrove de Houelbourg ait subi le sort que l’on sait ,  pour faire la  place  aux multiples activités commerciales de Jarry, Baie Mahault vivait sobrement,  de  son  agriculture et les  baie mahaultiens pour l’essentiel cultivaient leur  jardin créole.

40 ans après  comment la  ville a t elle évolué ?   Les terres agricoles ont elles  toutes  disparues sous le béton ? Les agriculteurs  ont ils encore la possibilité de vivre de la terre baie mahaultienne ?

Philipe Rotin , un agriculteur expert et très novateur  à la tête d’un GFA de 25O ha à Baie Mahault  est confiant  quant au développement agricole de BM :  Nous allons dans la bonne direction, avec  la diversification de la  production agricole , la diversification  au niveau de l’agro transformation,  de  l’agro tourisme,  et le renouvellement de la population agricole, il faut noter que l’âge  moyen des agriculteurs tourne  autour de 48 ans,  ce sont ces différents critères qui laissent penser qu’il y a  ici un avenir pour l’agriculture.. Et il faut le signaler, nos élus  qui viennent chaque année sur le terrain  et prennent en compte nos doléances… »

 Bien  que très optimiste pour l’avenir   Ph Rotin  déplore  l’existence d’un important   quota de terres agricoles encore en friche.    Au cours de la visite, qui a vite pris l’aspect d’un marathon dans la campagne  BMautienne ,   nous n’avons  pas vu que des GFA. Sous la  conduite d e l’association des agriculteurs de BM, nous nous sommes  aussi rendus sur des terres hors GFA , mais qui sont en production  et  qui le plus souvent appartiennent à  des  propriétaires fonciers. Pour Philippe Rotin,  les élus doivent   « faire ce qu’il faut » pour que ces  terres soient mises en production.

De son coté  la mairesse, Hélène Polifonte, qui  rappelle  au passage qu’elle est fille d’exploitant agricole, est  sur la même longueur d’onde que Rotin : BM a toujours eu cette ouverture sur l’agriculture, c’est pour  nous une continuité, car nous avons toujours travaillé avec les agriculteurs. Nous accompagnons ces jeunes qui ont fait le choix de travailler dans le secteur agricole… vous avez vous même vu cette ferme agricole (Dalciat) où l’on produit des  poulets et  des œufs   d’excellente  qualité. Je peux vous dire que BM n’a jamais  perdu sa vocation agricole, Bien sur nous avons Jarry,  zone industrielle e commerciale, mais  nous  avons aussi ce  volet  agricole et rural qui fait la fierté  de notre  collectivité,. et la mairesse  de nous   indiquer qu’après  avoir  très recemment  sensibilisé le président de Région, sur le  cas de deux agriculteurs, dont l’un se livre à l’aquaculture, Hélène Polifonte promet de prendre sa plume  pour sensibiliser losette Borel lincertin , l’actuelle  présidente  du Conseil D  sur la problématique  d l’irrigation   rencontrée sur le GFA de Dupuy.. »

Outre  la  visite des  GFA de Birmingham et de Dupuy sous la conduite de Daniel Ferge, l’autre point fort de ce marathon dans la campagne BM, aura sans doute été de l’avis de tous a visite à la ferme de Dalciat.

Rodrigue Tréfle, jeune entrepreneur s’est investi dans la filière avicole. Il a créé un label de poulet frais  dont la dénomination ne laisse planer aucun doute sur leur origine ; les poulets NEG (Nés et Elevés en Guadeloupe).Avec une fierté non dissimulée, il nous presente son «  poulailler » de centaines de  bêtes  au plumage noir  et qui sont dit  il de «  nationalité guadeloupéenne ».

Rodrigue Tréflé va très loin dans sa lutte contre le poulet congelé. Mais il admet qu’il a encore du chemin avant  d’être leader du marché dans son pays.

On apprend ainsi que Guadeloupe, consomme chaque année 8 millions de poulets, soit une consommation de 150 000 poulets par semaine. Or  les 3 producteurs guadeloupéens tous réunis ne produisent que 3000 bêtes/semaine, soit environ 150 000 sur une année. On comprend alors qu’il y a là  une véritable mine d’or, car Rodrigue Tréflé nous assure que la Guadeloupe pourrait produire ces 8 millions de poulets.

Mais les importateurs  qui eux revendent du poulet congelé à moins de 2 euros le  kilo, sont les plus  farouches  concurrents  de ce poulet NEG. La bataille sera longue et complexe.

Le producteur du Poulet Neg entrevoit d’exporter dans la Caraibe  et a créé pour cela un label et nous précise que ses poulets sont nourris sans OGM, ce qui n’est pas  le cas des poulets importés.

Fin de la visite : l’heure du bilan dans un restaurant de Bragelone. Ary Chalus en voisin est venu partager le repas final mais ne répond aux itw.  questions des journalistes.

La  ferme avicole de Dalciat tout  comme les  3 GFA  visités font  vivre une  petite soixantaine d’agriculteurs, de BM  c’est  encore très peu  au regard de ce qui se  passe à Jarry, mais BM a encore quelques réserves foncières, l’espoir est permis.

La bataille  pour la production agricole s’ avère très rude   et  est loin d'être gagnée car tout comme à BM la production agricole de la Guadeloupe est encore très loin d’atteindre les objectifs d’auto suffisance. Le combat pour la conquête du marché intérieur ne fait de débuter Les gros importateurs,  qui font que notre  balance commerciale est ultra déficitaire ne vont  pas  lâcher le morceau.,  Le puissant  lobby de Jarry  contre lequel Lurel avait fait mine de s’attaquer  sur la question des marges  a eu sa  peau. Les problèmes posés  pour  développement agricole de BM sont à une  moindre échelle, ceux qui se posent pour la Guadeloupe. 

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