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Guadeloupe.​Cinéma et violence :«Karukera» le film qu’il faut avoir vu !

27 Sep 2016
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Mark-Alexandre Montout, Réalisateur indépendant Mark-Alexandre Montout, Réalisateur indépendant

Pointe-à-Pitre. Mardi 27 septembre 2016. CCN.  En Julilet 2015, CCN avait déjà  publié cet  itw  de  ce jeune vidéaste : bis Repitita. Mark-Alexandre Montout est guadeloupéen exilé donc pas encore connu dans son propre pays. Il vient tout juste de réaliser « Karukéra » un web documentaire quiest  diffusé en Guadeloupe dans un « Karukera Tour ». Son film va à contre courant des nombreux articles et reportages diffusés l’an dernier dans la presse francaise laissant croire que la Guadeloupe, était un pays où la violence urbaine se déchainait. Mark-Alexandre Montout, s’inscrit en faux contre cette vision négative et apocalyptique de son pays. Il a donc choisi de donner la parole à ceux que les médias francais zappent souvent. CCN l’a rencontré : il explique sa démarche...

 

CCN. C’est quoi « Karukera » ?
Mark-Alexandre Montout. Il faut savoir que Kakukera n’est pas un documentaire qui traite uniquement de la violence. Certes nous parlons de cette violence. Le point de départ de ce documentaire est que nous essayions de l’expliquer, nous essayons de comprendre ce phénomène ou ce fléau, vous l’appeler comme vous le voulez. Ce qui nous amène à parler de certaines problématiques concrètes en Guadeloupe. En même temps je n’en fais pas une description idyllique. La Guadeloupe n’est pas seulement une ile bordée de belles plages dorées affichant des paysages paradisiaques au sein de laquelle la violence règne. La Guadeloupe a une histoire, a une âme et cette même histoire qui me permet d’articuler et expliquer les problématiques qu’elle rencontre.

 Je ne cible pas que la violence en fait mais tout une périphérique de problème, de thématique qui permettra de mieux la comprendre sans forcément la cautionner.

 

karukera2

 

CCN. Comment s'est passé le tournage ?
MM. je me suis rendu seul dans un premier temps et à ce moment je n’avais aucune maison de production derrière moi.

C’est avec mes deux caméras et des contacts établis là bas qui m’ont permis de rencontrer quelques personnes. Je discutais, je parlais de mon envie de faire ce documentaire. 

Parce que jusqu''à maintenant le regard que les médias portaient sur l’île le dérangeait un peu, une vision assez caricaturale et réductrice de la société guadeloupéenne n’analysant les choses qu’en surface par le nombre d’homicides, et par ailleurs et non en profondeur. Il faut savoir qu’il y a 44 meurtres mais je pense qu’il faut expliquer concrètement comment on arrive à cette statistique et non pas s’arrêter sur le chiffre, mais l’expliquer dans le fond et donc une fois dit c’est sur qu’il m’a été plus simple de rentrer dans leur quotidien et qu’ils se livrent beaucoup plus facilement sans censure devant ma caméra.

Par la suite, je suis revenu à Paris et j’ai monté un premier teaser qui me permettait d’avoir un condensé de ce que j’avais tourné en Guadeloupe. Et à ce moment là, je travaillais avec Irina Production et ils ont vu les images et ils se sont lancés dans la coproduction avec moi. A savoir que je suis producteur de ce documentaire et de la plupart des films que je réalise.

 Dans un deuxième temps, nous sommes repartis pour tourner la deuxième partie de ce doc et donc voilà on a une population assez échaudée par le fait qu’il y avait déjà eu pas mal de reportages tournés par W9 ou M6 forcément sans les citer ou France 2 ou TF1. Dernièrement encore, on a eu TF1 sur l’ambiance l’atmosphère en prison et donc les gens ne voulaient plus tellement parler. Il fallu beaucoup de patience, d’attente, beaucoup de discussions pour que les gens puissent se livrer. Ils avaient confiance en moi parce que souvent et vous devez le savoir la vidéo c’est très simple de pouvoir déplacer les choses de leur contexte et de trahir la parole de gens. Et moi j’ai tenu à ce que Karukera soit de l’authenticité et du vrai.

 

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CCN. Ma conception du Web Doc ?
MM. Pour moi, le Web doc c’est l’avenir. C’est une manière de voir, une autre voie d’entendre une autre chose de voir autre chose. On est actuellement dans un schéma télévisuel formaté. On ne demande que les mêmes choses on ne regarde que les même choses et donc quand on arrive avec quelque chose de différent il donc très difficile de se faire entendre ou de se faire voir. Pour moi internet est une nouvelle fenêtre et heureusement qu’elle existe car on a l’impression que l’information la vraie on la trouve sur internet et je pense que les gens sont de plus en plus conscient de cela.

Avoir un produit comme « Karukéra » qui ne s’inscrit pas dans le web doc on ne va pas forcement le diffuser sur YouTube, c’est dans un premier temps dans les salles de cinéma avec le « Karukéra Tour » (KT) et dans un deuxième temps on ira voir les télés et dans un troisième pourquoi pas le Web mais pour moi le Web Doc s’est une nouvelle télé je pense que l’internet est une vraie concurrence à la télé. On peut faire des films sans forcement avoir des boites de production derrière et pouvoir les diffuser directement sur internet.

 

 

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