Guadeloupe. Université des Antilles La crise qui perdure annonce t-elle une nouvelle implosion ?

30 Sep 2016
1255 fois

Pointe-à-Pitre. Vendredi 30 septembre 2016. CCN. L’imprévisible et donc surprenante démission de Corinne Mence Caster, à la présidence de l’UA, la nomination d’un« administrateur provisoire», les décisions rectorales ont très largement contribué a déstabiliser le Pôle Guadeloupe. La préparation des élections  se fait donc  dans un  climat très lourd. Après  l’épisode guyanais, la menace d’une possible scission du PUG et d’un nouvel éclatement de ce qui reste de  l’ex  l’UAG est à craindre. Didier Destouches VP du Pole Guadeloupe, avait même un temps  envisagé de succéder provisoirement  à la  Présidence de l’UA. Les recteurs dans un courrier daté du 21  septembre en ont décidé autrement en  refusant d’appliquer les dispositions  l’article 116 de l’ESR. A la même date et de  manière quasi synchronisée  , Raphael  Confiant  doyen démissionnaire , adressait  à E Symphor,  son collègue VP du Pôle Martinique, un courrier dans lequel il l’invitait  très fermement à  ne  pas manipuler la communauté »et  se terminant  par ce qui s’apparente  à un avertissement :  «  nous ne vous laisserons pas  faire ».

Le SPEG-Sup de son côté,  sous  la plume de son secrétaire général  a publié il y a seulement 3 jours une «  lettre ouverte au Recteur ».

Tous  ces courriers échangés sont  autant de brulots  qui ne vont pas « calmer le jeu », dans un contexte déjà  très difficile. La rumeur d’une scission de l’UA  traverse  de nouveau les  esprits en Guadeloupe. Peut-on  encore sauver l’UA d’une  nouvelle  partition ?  Les vieux démons  seraient ils de retour ? C’est à suivre…

Lettre ouverte du SGA du SPEG* au Recteur de l’Académie de Guadeloupe

 

Pourquoi, alors que plus du tiers des membres du conseil d’administration (CA) de l’Université des Antilles (UA) refusent, comme ils en ont parfaitement le droit dans une université autonome, d’obéir aux injonctions de l’administrateur provisoire et des recteurs-chanceliers de l’UA de démissionner de leur mandat (plus d’un tiers de refus de démissionner rendant impossible la dissolution dudit CA), ces mêmes administrateur provisoire et recteurs-chanceliers de l’UA s’acharnent-ils à ne pas appliquer la législation prévoyant que « dans le cas où le président (de l’UA) cesse ses fonctions, pour quelque cause que ce soit, un nouveau président est élu pour la durée du mandat de son prédécesseur restant à courir » ? Est-ce pour disposer des pleins pouvoirs à l’UA sans aucun contrôle du CA de l’établissement ?

Pourquoi, alors que les statuts de l’UA adoptés le 23 juin 2016 à l’unanimité du CA de l’université prévoient que « Le premier conseil d’administration devant procéder à l’élection du président de l’université est convoqué par le recteur de l’académie du siège de l’université, ou le cas échéant par l’administrateur provisoire en fonction » et que « Ce conseil est convoqué au moins 15 jours avant la date du scrutin », ni le recteur de l’académie de Guadeloupe, ni l’administrateur provisoire de l’UA, n’a convoqué jusqu’à présent un conseil d’administration de l’UA afin que ce dernier élise au plus vite un nouveau président pour la durée du mandat restant à courir de la présidente démissionnaire de l’UA, conformément à la loi et aux statuts régissant la gouvernance de l’UA ?

Quant à l’administrateur provisoire actuel de l’UA, il ne lui a pas fallu longtemps pour jeter aux oubliettes ses propres engagements publics du 5 septembre 2016 devant les membres de notre communauté universitaire, je le cite : « je vous assure qu’au cours de cette administration provisoire que j’espère la plus courte possible, je veillerai à une gestion des affaires de l’établissement neutre et rigoureuse prenant en compte les particularités. Je prendrai toute décision nécessaire dans le respect du cadre éthique et déontologique qui m’a toujours animé et dans le respect de la réglementation ».

En effet, de quelle « administration provisoire la plus courte possible » parlait-il donc quand jusqu’à ce jour, il n’a toujours pas convoqué le CA permettant d’élire rapidement un nouveau président de l’UA ?

Et de quels « rigueur », « cadre éthique et déontologique » et « respect de la réglementation » parlait-il donc lorsque le 15 septembre 2016, il a donné l’ordre de diffuser à tous les personnels de l’UA, sans mon autorisation préalable, un courrier officiel en date du 12 septembre 2016 que le Recteur de l’académie de Guadeloupe Chancelier des universités a libellé à ma seule intention en ma qualité de Secrétaire Général Adjoint du SPEG. Ignorait-il qu’en vertu de l'article 432-9 du code pénal, « Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, agissant dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, d'ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le détournement, la suppression ou l'ouverture de correspondances ou la révélation du contenu de ces correspondances, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende » ? Mais où va-ton avec de telles pratiques illicites ?

Pourquoi, devant des manquements aussi graves aux obligations et à la déontologie les plus élémentaires des fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique, les recteurs-chanceliers de l’UA continuent-ils à faire comme si les membres de l’UA pouvaient croire que l’administrateur provisoire actuel de l’UA justifiait de qualités éthiques et techniques indubitablement supérieures à celles d’un(e) président(e) qui serait élu(e) sous quinzaine par le CA de l’UA, pour gérer de façon neutre et rigoureuse notre université durant les quelques mois à venir, comme pour organiser de façon tout aussi neutre et rigoureuse les élections aux conseils de notre établissement aux dates prévues par la législation s’appliquant à l’UA ? Ne voient-ils pas qu’en se comportant ainsi, ils contribuent à nuire aux vertus et valeurs fondamentales de la démocratie universitaire comme de la démocratie tout court ?

Dans ces conditions, j’appelle solennellement, comme l’Assemblée Générale et le Conseil du Pôle Universitaire Régional de Guadeloupe l’ont déjà fait le 15 septembre dernier, le Recteur de l’académie de Guadeloupe-Chancelier des universités dont c’est l’une des attributions officielles, à convoquer sans délai un conseil d’administration de l’UA afin que ce conseil d’administration élise de toute urgence et conformément à la réglementation en vigueur, un(e) président(e) de l’UA pour la durée du mandat restant à courir de la présidente démissionnaire de notre université.

 

Frédéric Gerardin, SGA du SPEG chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche

 

En pièce jointe La lettre du Recteur

Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com
Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires

Last News