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Guadeloupe. Politique: 10 mois après l’élection d’Ary Chalus le KSG l’interpelle sérieusement.

04 Oct 2016
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Pointe à Pitre. Mardi 4 octobre 2016. CCN. Aux dernières régionales, les patriotes du « Kolektif pou Sové Gwadloup » (KSG) très lucides et souhaitant contribuer au « déchoukaj » de Victorin Lurel avaient opté pour un « soutien » relatif à Ary Chalus. Une autre composante du Camp Patriotique, l’UPLG avait elle participé à l’élection et récolté un score catastrophique (0,50% soit 697 suffrages) qui fera date. Enfin FKNG ! la fraction la plus radicale de ce qui reste du Camp Patriotique, avait comme à son habitude renvoyé dos a dos Lurel et Chalus, refusant ainsi d’entrer dans le jeu électoraliste français. Aujourd’hui moins d’une année après cette élection, KSG  se demande si l’avenir est vraiment entrain de changer ou s’il ne s’agissait que d’une simple alternance politicienne ? C’est à lire…


Il y a 10 mois, par l’élection d’une nouvelle majorité au Conseil Régional, la Guadeloupe a exprimé clairement et massivement son aspiration à changer d'avenir. La décision populaire avait une double signification : non seulement il fallait mettre fin à des pratiques politiques liées à l’exercice solitaire du pouvoir, mais encore, commencer à construire un autre futur.

Un avenir autre que l'irresponsabilité obligatoire, dans l'obéissance absolue à un projet politique étranger au Pays, comme si la Guadeloupe devait, pour l’éternité, accepter la perte de soi ainsi qu’une bénédiction du Ciel. Au-delà de l'éviction de l'ancienne majorité régionale, c'est la fatalité de la dépendance et de la servilité qui fut refusée. Pourtant, personne de raisonnable ne rêvait d’impossible. Même en disposant de la plus forte popularité, le nouveau président et son équipe ne pouvaient pas immédiatement changer profondément les choses : sauver en quelques mois l'économie de l'écrasement, relancer l'activité des secteurs porteurs de richesses et d'emplois, procéder au réaménagement du territoire et à la réorganisation des ressources humaines pour la production et la création, rendre en somme à la Guadeloupe tous les moyens matériels et spirituels de s'appartenir.

Ce serait irréaliste, voire de mauvaise foi, d'exiger des nouveaux élus qu’ils reconstruisent ou réinventent tout de suite ce que le système colonial et les pratiques politiques qu'il engendre se sont méthodiquement appliqués pendant des siècles à anéantir. Il est néanmoins légitime de souhaiter, en raison même de l'intention politique affichée dans le programme « Changer d'Avenir », qu'ils en prennent pas à pas le chemin, pour que la Guadeloupe existe.

La politique n'est pas un spectacle, les élus ne sont pas des bêtes de cirque. Par conséquent, les citoyens électeurs ne sauraient attendre le Changement et le Progrès les bras croisés, en ne les décroisant que pour applaudir ou caresser dans le sens du poil. Les citoyens guadeloupéens les plus engagés n'ont oublié aucun des facteurs de la victoire de décembre 2015; surtout l'un des principaux : la rencontre entre, d'une part, la volonté d'alternance politique de la liste de candidats conduite par Chalus et, d'autre part, un profond désir citoyen que la Guadeloupe change d'état d'esprit pour enfin s'appartenir.

Ce pari sur la victoire électorale était avant tout un pari sur le changement d'Avenir. Si cette rencontre entre les politiques et la société civile active ne continue pas à être féconde et inventive, il y aura eu, certes, alternance politicienne, mais sans changement politique de fond. Gran parad pou ti kou baton. Les difficultés financières que découvrent aujourd'hui les responsables de la Région résultent de l'ancienne gestion. Mais, au-delà, c’est le cadeau empoisonné d'une décentralisation qui Kolèktif pou Sové Gwadloup / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. prétend offrir la responsabilité régionale tout en organisant le retrait du jeu des billes de l'Etat.

« Démerdé zòt évè péyi a zòt ! Mais l’Etat français est toujours le Maître. » C’est le jeu de la responsabilité politique, interdite cependant d’autonomie politique. Le bénéfice d'une telle situation pour l'Etat est que le sentiment de dépendance perdure dans les mentalités, à travers une supplique permanente de la part de tous ceux qui sont censés exercer des responsabilités. Il en sera ainsi tant que la représentation politique hésitera ellemême à inventer avec l’ensemble du peuple les formes de mobilisation pour des solutions alternatives, afin que le pays envisage son propre chemin. Le challenge n’est pas simple à relever, pourtant il est loin d'être impossible.

Les responsables ne sont pas toujours les autres. Et le changement ne se joue pas hors du territoire lui-même. Si, comme une vieille maladie, ce sont toujours les échéances politiques d'ailleurs, présidentielles, législatives et sénatoriales qui rythment la respiration politique d'ici. Si c'est cela qui divise, compose ou recompose notre représentation politique. C'est encore l'absence de Guadeloupe qui pervertit l'intention. Sé konté nou ka konté anlè zyé a lézòt pou nou vwè, anlè janm a lézòt pou nou vansé. On ne s’est pas battus pour refaire ce genre de comédie. Le Kolèktif pou Sové Gwadloup lance un appel pour que le Péyi-Gwadloup se retrouve, parvienne à s'auto-centrer avec toutes ses composantes, susceptibles de porter chacune son tribut, autour d'un avenir qui nous soit propre.

 

 Le 1er Octobre 2016 Le Kolèktif pou Sové Gwadloup

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CCN

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