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Guadeloupe. L’UGTG fait sa rentrée en appelant à un grand mouvement le 18 octobre

05 Oct 2016
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Pointe-à-Pitre. Mercredi 5 octobre 2016. CCN. Cette très longue déclaration de l’UGTG est une véritable radioscopie de la société guadeloupéenne actuelle. Il faut noter que l’organisation syndicale nationaliste remet au gout du jour sa prise de position historique pour l’indépendance nationale (1973) ce qui habituellement ne se fait qu’à l’occasion des congrès. Cette véritable « déclaration » sur l’état de la nation Gwadloup, intervient dans un contexte particulier. Celui d’un pays encore « choqué » par les récents assassinats de jeunes. Mais aussi après des visites successives de ministres francais, une récente conférence de presse du Medef. En effet, la semaine dernière, l’organisation patronale qui souhaite affirmé par la voix de son président prête à rouvrir le dialogue social a précisé que l’UGTG qu’elle souhaitait rencontrer à décliné l’invitation. On sait que Bruno Blandin, Pdt du Medef et aussi le PDG d’une entreprise (BMW) qui a licencié des militants UGTG.

Faut-il au delà de cette déclaration et l’appel à manifester, percevoir le souhait de l’UGTG de relancer l’action revendicative et la contestation sociale? La manif du 18 octobre devrait fournir quelques éléments de réponses… 


Et de déplacer l’abri bus. Et de commander en urgence 70 gendarmes. Et de promettre des contrats d’avenir sans avenir. Et de mettre le pays sous surveillance vidéo. Et d’appeler à un sursaut populaire. Et d’invoquer an tan lontan. A la veille des élections ka nou péké tann !

OUI, la Guadeloupe pleure mais doit pleurer encore plus car nous n’avons pas perdu un enfant mais deux enfants. Un fils prometteur, assassiné par un autre fils qui a pris un mauvais chemin. Certains, comme pour se voiler la face, préfère retenir que le présumé meurtrier est un dominiquais comme si un enfant guadeloupéen n’est pas capable de tel forfait. D’autres ont même appelé au lynchage du jeune meurtrier. D’autres encore, pour se donner bonne conscience, préfèrent appeler au sursaut des guadeloupéens en refusant de voir la vérité en face.

Mais  la réalité est là. Quelques jours plus tard, ce sont deux jeunes guadeloupéens qui sont à l’origine de la mort d’un vieil homme à Marie-Galante.

Mais  la réalité est là. En Guyane, c’est une découverte macabre dans un congélateur.

La réalité est là. Sauver notre fils, c’est empêcher notre autre fils de se transformer en monstre. Mais pourquoi le premier n’est-il pas devenu un monstre lui aussi ?

tous différents et réagissons différemment face aux contraintes et autres rencontres de la vie.

NOU PA FÈT AN SÉRI E NOU PA SÒTI MENM KOTÉ-LA.

OUI, NOUS VIVONS DANS UNE SOCIETE CONSTRUITE DANS LE SANG ET LA VIOLENCE.

Une société bâtie sur le massacre des indiens Kalinas et le vol de leurs terres. Une terre fécondée par la sueur et le sang de ces millions d’Africains déportés et mis en esclavage.

"Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous décidons de ne plus l’oublier." Les Damnés de la terre (1961). Frantz Fanon.

Une société construite pour pérenniser, à jamais, la domination blanche. C’est le sens du décret de 1848 et de la loi de 1849 validé encore par le jugement du 08 septembre dernier.

Une société construite sur la destruction des valeurs familiales, sur la destruction de notre modèle social centré sur la famille, l’entraide et la solidarité.

Une société construite sur la destruction de notre mode de vie, de nos coutumes, de notre manière d’être, …. Et tout cela au nom de l’assimilation, au nom de l’intégration pour mieux singer l’autre jusqu’à perdre notre âme.

Une société érigée sur le démounaj de l’être et la déshumanisation.

Une société érigée sur les discriminations, le racisme, l’apartheid, le mépris, l’exclusion, la misère et la pauvreté des guadeloupéens d’origine africaine et indienne. Plus de la moitié des Guadeloupéens bénéficient de prestations sociales et près de 5.000 familles ont recours à l'aide alimentaire.

Seule 33% de la population est considérée comme socialement favorisée.

La Guadeloupe compte 21% bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) (contre 6% en France), 61% de bénéficiaires d'allocations, 21% de bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) et 11.000 demandes de logement social en instance.

Une société frappée par le chômage, l’illettrisme, l’analphabétisme, où des centaines de travailleurs se retrouvent au chômage du jour au lendemain. Comment comprendre la liquidation des hôtels qui reçoivent des millions d’euros d’exonérations et de subventions ?

Une société construite sur la pwofitasyon dont les lois Penchard  et Lurel protègent les escrocs.

Pwofitasyon synonyme de violence par les prix ; violence dans la gestion de l’eau ; violence par l’inorganisation des transports ; violence dans la maladie, ….. Oui, la réalité est là.

NULLE SOCIETE NE PEUT CONNAITRE LA PAIX QUAND SES ENFANTS SONT DANS LA RUE.

Nulle société ne peut connaître la paix quand plus d’un tiers de sa population active est frappé par le chômage.

Nulle société ne peut connaître la paix quand plus du quart de sa population est illettré.

Nulle société ne peut connaitre la paix dans un système coloniale qui est basé sur la domination politique, économique, sociale et culturelle des peuples colonisés considérés comme inférieurs.

NON, la colonisation n’est pas le partage des cultures mais la négation de l’être et l’affirmation d’une théorie raciste qui voudrait qu’il y ait des civilisations supérieures et d’autres inférieures (Jules Ferry).

Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence. Les Damnés de la terre (1961). Frantz Fanon.

La recrudescence des propos racistes des ministres et autres élus de la république française à l’encontre des « non blancs » témoignent de ce mépris colonial.

NON, nos ancêtres ne sont pas gaulois et nous ne sommes pas français et ne l’avons jamais été. Car si nous avions été français :

- Napoléon n’aurait pas rétabli l’esclavage en Guadeloupe en 1802. Car les guadeloupéens étaient devenus français depuis le 04 février 1794, date de la première abolition de l’esclavage.

- Schoelcher, au nom de la République Française, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité n’aurait pas indemnisé les esclavagistes mais plutôt les esclaves.

- L’armée française n’aurait pas massacré des centaines de nos frères et soeurs en 1910, 1925, 1935, 1952, 1967, ….

- L’Etat français aurait appliqué le protocole LKP du 04 Mars 2009 qui prévoit la mise en oeuvre d’un plan d’urgence pour la formation et l’emploi des jeunes de Guadeloupe pour les 15 à 20 années à venir.

Bien au contraire, Ils ont préféré ignorer  cet engagement pris en 2009 !

Piétinant le combat mené par le peuple de Guadeloupe ; avec la complicité de leurs valets locaux, nos chers élus guadeloupéens, YO KAKA SI JÉNÈS GWADLOUP.  

Ils préfèrent organiser vivandri en tout genre, laissant se développer l’implacable schéma :

ECHEC SCOLAIRE -> EXCLUSION DU SAVOIR -> EXCLUSION DU TRAVAIL -> EXCLUSION SOCIALE ->DEVIANCES ET VIOLENCES.

NON, ce n’est pas une fatalité. 

Nou fanmi, manman, papa nou pé pa aksepté sa…Nou dwètèt goumé pou pitit annou

grandi byen pou yo pa pri adan pon zatrap yo simé, goumé pou jénès gwadloup pran fòs pou divini dé nonm é fanm doubout !

 

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