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Cuba. Débat : Fidel et le Che, deux visions de la Révolution ?

08 Déc 2016
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By Miguel Sorans 

Buenos-Aires. Jeudi 08 décembre 2016. CCN. Le texte que nous diffusons ci-dessous, est la contribution d’une organisation trotstkyste (UIT) et engage donc son auteur Miguel Sorans qui est l’un des représentants de cette organisation. L’opposition entre Fidel Castro le soviétique des années 60 et Che Guevara l’internationaliste, est un vieux débat qui a animé le mouvement révolutionnaire latino américain, peu après la révolution cubaine. La mort de Fidel a rouvert toute sorte d'interprétations, sur sa trajectoire et jusqu'à sur son héritage politique, aussi bien dans les médias bourgeois qu’entre les militants combatifs. Une grande partie de la gauche tend à récupérer sa figure positivement, mais en cachant directement son vrai parcours politique.


 

Notre courant socialiste révolutionnaire, fondée par Nahuel Moreno, depuis les premières années du triomphe de révolution cubaine a prévenu sur les risques qui enfermaient les caractéristiques originales du mouvement castriste. Mais elle a défendu aussi, de façon inconditionnelle, la révolution cubaine et a répudié le blocus et toute forme d'agression impérialiste.


C’est pourquoi, face à la mort de Fidel nous ne pouvons pas manquer de souligner nos sérieuses et profondes divergences avec ses positions politiques et celles de toute la direction du Parti Communiste Cubain. Pour être clair : depuis plus d'un demi-siècle nous avons dénoncé son rôle d'abandon de la révolution socialiste à Cuba et au-delà.


Cette affirmation surprendra à beaucoup de jeunes qui ignorent la vraie trajectoire de Fidel. Son décès actualise la polémique. La vérité, c’est que, passés les premières années de la révolution, Fidel Castro a abandonné sa position de révolutionnaire nationaliste et indépendant, dirigeant du Mouvement le 26 juillet (dont la lutte n'a pas été appuyée pendant de nombreuses années par le PC cubain). Au milieu des années 60, Fidel, dirigeant déjà du PC, a décidé s'allier et faire un pacte avec la direction bureaucratique du PC de l'ex-URSS, alors dirigé par Nikita Khrusov et après par Breznev. Et cela a amené des conséquences tragiques pour le processus révolutionnaire latino-américain et mondial. Jusqu'alors Fidel et la direction cubaine, avec la méthode erronée du focus guérillero, encourageaient ou donnaient soutien à la révolte populaire latino-américaine. Il y a eu des réunions internationales comme la Tricontinentale ou l’OLAS. Mais après’avoir pactisé avec la bureaucratie du Kremlin,  cette  orientation politique a été abandonné progressivement.


Fidel a adopté la politique contre-révolutionnaire du PC de Moscou de "coexistence pacifique" avec l'impérialisme que Staline et la bureaucratie avaient pactisé après la 2é Guerre Mondiale. Cela signifiait s’abstenir de promouvoir de nouvelles révolutions socialistes en échange du fait l'impérialisme respectait son système de privilèges aux pays avec des dictatures pseudo "socialistes" de l'URSS et de l'Europe de l'Est. Cette politique a été justifié idéologiquement sous la fausse théorie stalinienne du "socialisme dans un seul pays". Et aussi par celle-là de la révolution par étapes" qui justifie soutenir comme "des révolutionnaires" des gouvernements de collaboration de classes avec des "bourgeois nationaux progressistes" et retarder le socialisme pour un avenir indéterminé. Avec cette théorie, la bureaucratie stalinienne des PC russe et chinois a promu la trahison de toute sorte de révolution dans le monde, en commençant par la révolution espagnole de 1936.

Che Guevara s'est opposé à cette politique

Mais en réalité depuis 1964-65, deux lignes ou deux politiques existaient dans la direction cubaine. D’abord, celle- de Fidel et la majorité pro bureaucratie soviétique et après, l'autre dirigée par Che Guevara qui, sans attaquer directement Fidel, a manifesté sa divergence totale. Et qui a fini avec son renoncement à ses fonctions et  son  départ secret  de Cuba vers la Bolivie,.


Notre courant a toujours été critique avec la conception de la "guerre de guérillas" de Che Guevara et avec d'autres aspects de ses orientations comme qu’il n’a pas donné importance au rôle de la classe ouvrière  et au besoin de construire des partis révolutionnaires. Mais par-dessus ces différences nous reconnaissons son internationalisme conséquent et sa défense de la révolution socialiste. Au point qu'à sa mort, en octobre 1967, Nahuel Moreno le définissait comme un "héros et martyr de la révolution permanente" *.

Le Che était déçu de  ce qu'il a connu à l’URSS. Et il a commencé à s'opposer par le biais de diverses polémiques à ses politiques et visions de  "économie socialiste". Sa vision internationaliste l'a amené à comprendre que la défense de la révolution cubaine passait  par l'étendue de la révolution à d'autres pays de l'Amérique Latine. Alors, il a commencé à s’affronter de plus en plus avec les positions de la bureaucratie soviétique de renonciation aux nouvelles révolutions socialistes. En février 1965 il a prononcé un célèbre discours à Alger dans lequel il a contesté la politique de coexistence pacifique de l'URSS et il a exigé le soutien inconditionnel, avec armement gratuit, au peuple du Vietnam. Ce qui a renforcé dans sa "lettre-testament" : "l'impérialisme nord-américain est coupable d'agression [...] mais aussi ils sont coupables, ceux qui maintiennent une guerre d'insultes et de crocs-en-jambe commencée depuis longtemps par les représentants de deux principales puissances du champ socialiste [l'URSS et la Chine] ". Le Che opposait la politique de" deux ou trois le Vietnam ". Il mourut finalement en Bolivie, isolé de tout soutien, en essayant, avec un point de vue erroné, de faire avancer une politique correcte d'étendre la révolution. Le Che c’était déjà positionné  contre la bureaucratisation et avec des possibles reculs après avoir dit" la Révolution Socialiste ou la caricature de révolution ".

Fidel a refusé de  « nouveaux  Cuba » socialistes

Beaucoup de sympathisants de Fidel peuvent penser : "devant le blocus yankee et l'isolement des années 60, Fidel n'avait pas d'autre alternative que le pacte avec Moscou". Ce n’est  pas le cas. L'alternative, pour casser le blocus et l'isolement de Cuba était d'étendre la révolution, comme il le Che et les courants politiques comme le nôtre. Et il y avait des conditions : le Vietnam était vivant (les yankees ont fui en 1975). En 1968, il y a eu une montée des  mouvements de masses : en Amérique latine, au Chili des 70-73 Salvador Allende est arrivé au pouvoir, mais il a échoué en refusant  d’avancer vers le socialisme avec ce  pacte "pacifique" avec la bourgeoisie chilienne et les militaires "progressistes" comme Pinochet ;

En 1979, au Nicaragua la révolution triomphe contre le dictateur Somoza avec le peuple armé et, peu de temps après, la dictature tombait et quelques années plus tard, tombait aussi la dictature du Salvador. L'Amérique centrale était devenue  une poudrière et, une nouvelle fois, Fidel Castro donnait la "ligne"  en indiquant de ne pas faire des « nouveaux  Cuba » et de marcher vers  le socialisme.

De nos jours au Nicaragua  et au  Salvador les ex-guérilleros castristes continuent de gouverner en affamant les peuples et en préservant le capitalisme. C'est la triste réalité. Et depuis là, ils ne se sont pas arrêtés dans sa claudication. Fidel n'a pas appuyé les révolutions arabes de 2011 et il a défendu le génocide Bashar Al Assad.

Dès les années 90, Castro a continué de donner l'appui aux faux gouvernements "progressistes" de l'Amérique latine qui déviaient les luttes au terrain parlementaire et en  soutenant un capitalisme "national et populaire".

Miguel Sorans
Unité Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale (UIT-QI)

 

L'Unité Internationale des Travailleurs-Quatrieme Internationale (UIT-QI)

L’UI T –QI est une organisation socialiste révolutionnaire mondiale, formée par l'union de différents organisations de l'Europe, de l'Amérique latine et du monde.

Nous appuyons le processus révolutionnaire qui s'est initié en 2011 à la Tunisie et à l'Égypte. Nous sommes du côté de la révolution syrienne contre le génocide Bashar à Al-Assad, contre l'ISIS et toute intervention impérialiste. Nous considérons qu'il ne peut pas y avoir une révolution par étapes. Nous croyons que, pour obtenir même les revendications démocratiques, il est nécessaire que la révolution établit un lien aux tâches anticapitalistes et qu'elle devienne une révolution socialiste.

Nous repoussons à ceux qui parlent du Socialisme du XXIe siècle tandis qu'ils appliquent des ajustements économiques et qui pactisent avec les multinationales du pétrole comme au Venezuela. Ou qu'ils donnent soutien au régime génocide de la Syrie et présentent devant le monde au régime réactionnaire iranien comme allié des peuples du monde.

Nous appuyons la lutte héroïque du peuple palestinien par ses terres et pour en finir avec l'état sioniste et raciste d'Israël. Par une Palestine laïque, non-raciste et démocratique dans tout le territoire usurpé en 1948.

En Grèce nous disons clairement que, sans rompre avec la Troika, l'UE et avec les paiements de la dette, il n'y aura pas de solution pour les travailleurs et la jeunesse. Nous sommes par la mobilisation ouvrière et populaire du peuple grec par ces objectifs. Au Mexique nous nous joignons aux milliers de manifestants par la justice pour les 43 étudiants enlevés; nous appuyons les luttes de l'Amérique latine et du monde contre les gouvernements capitalistes et contre l'impérialisme. Nous luttons pour obtenir des Gouvernements des Travailleurs.

L'UIT-CI se reconnaît comme une organisation qui fait partie du mouvement trotskiste international. Nous luttons par la reconstruction de la IVe Internationale que León Trotsky a fondée en 1938, mais nous nous ne considérons pas la IVe Internationale. Nous formons partie du courant fondé l'un des dirigeants principaux du trotskisme d'après la II Guerre Mondiale, Nahuel Moreno. Nous luttons pour l'unité des révolutionnaires, trotskistes ou non, qui appuient un programme de principes socialistes révolutionnaires pour reconstruire la International et des partis révolutionnaires dans chaque pays. L'UIT-CI et ses sections sont au service de cette tâche en repoussant toute forme d'auto-proclamation et de sectarisme.

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