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Guadeloupe. Eau et Carburant : 2017 commence très mal

10 Jan 2017
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Pointe à Pitre. Mardi 10 janvier 2017. CCN. Alors que la classe politique et les élus sont déjà tous embarqués dans les prochaines batailles électorales, LKP de son côté se préoccupe d’avantage de problématiques concernant notre quotidien. Toute l’année 2016, la question de l’eau a fait  l’objet de mouvements sociaux, de débats et autres prises de position sans qu’aucune véritable solution ne soit trouvée. La querelle chronique et parfois très virulente entre la CASBT de LMC et le SIAEG de Laurent Bernier a connu des épisodes judiciaires a répétition. Pendant ce temps les habitants de la ville de Capesterre (qui ne mérite plus le nom de Belle Eau) souffraient terriblement de l’absence d’eau au robinet. Pendant la crise sociale 2009, LKP avait posé la question d’une régie directe pour la gestion de l’eau. L’idée a fait son chemin dans la classe politique, mais les batailles d’EAU et les oppositions politiques parfois stériles n’ont pas permis d’arriver à un consensus. Le syndicat de l’eau est pour l’heure dans les choux.

Le second grand dossier en ce début d’année est celui qui concerne le prix des carburants. La récente et brutale augmentation subie par les automobilistes semble indiquer que les conditions sont entrain d’être réunies pour une nouvelle crise. Alors que la situation sociale se dégrade, les politiques restent comme à l’habitude silencieux. Que va t-il se passer ?

 


 

  1. 1.LA POSITION DU LKP SUR LA QUESTION DE L EAU

POUR UNE GESTION DE L’EAU DANS LE CADRE D’UNE REGIE DIRECTE

 

L'ONU vient de déclarer comme « crime de guerre » la privation d'eau potable infligée aux 5,5 millions d'habitants de DAMAS (capitale de la SYRIE). Un pays en guerre.

En Guadeloupe, il n’y a pas d’eau alors que nous ne sommes pas en guerre.

Et pourtant, la gestion de ce précieux liquide, qui nous appartient à tous, a été confiée des spécialistes internationaux soi-disant pour plus d’efficacité et pour le bien être des Guadeloupéens.

La réalité est tout autre :

- Plus de 50% de la ressource produite disparait à cause de la vétusté des canalisations.

- Des conduites existantes en amiante ciment où eau potable et eaux usées se fréquentent ;

- Des prix différents du mètre cube en fonction de la localisation géographique et du gestionnaire.

- Des doutes sérieux sur la qualité et la potabilité de l’eau du robinet. C’est une gestion de l’eau qui rime avec pénurie, restriction, corruption, qualité douteuse et prix exorbitant.

Et cela dure depuis des décennies malgré l’engagement des élus et de l’Etat dans le cadre du protocole LKP du 04 mars 2009 qui proposait déjà la mise en place d’un véritable service public de production et de distribution de l’eau, en régie directe.

KI JAN NOU RIVE LA :

En réalité, les élus ont confié la gestion de notre eau à des capitalistes afin de se faire financer en retour, certains de leurs projets, avec l’argent de l’eau ; ce qu’ils n’auraient pas pu faire dans le cadre d’une gestion en régie directe.

Il s’agit en fait d’une stratégie de détournement de fonds publics dont la population guadeloupéenne est aujourd’hui la victime.

Les multinationales qui gèrent notre eau, le font pour leurs propres intérêts et pour ceux des élus et non pour le bien être des Guadeloupéens.

Le prix payé par l’usager couvre les frais liés à la production, à l’entretien, à la maintenance des réseaux, à l’investissement, à la distribution, à la qualité et à la rémunération des travailleurs.

Et pourtant le remplacement des canalisations et la mise aux normes du réseau n’ont pas été effectués davwa lajan-la sèvi pou yo fè zafè a yo.

POUR UNE REGIE DIRECTE AU SERVICE DES USAGERS DE GUADELOUPE.

 Régler le problème de l’eau en Guadeloupe passe obligatoirement par la mise en place d’une gestion de l’eau en régie directe :

- Régie directe de production à l’échelle de la Guadeloupe toute entière ;

- Régie directe de distribution au niveau des communautés d’agglomération.

Dans ce cadre, le prix payé par l’usager sert exclusivement à la production, à l’entretien, à la maintenance des réseaux, à l’investissement, à la distribution, à la qualité et à la rémunération des travailleurs et non à l’enrichissement des actionnaires des multinationales ni au financement des campagnes électorales des élus.

L’eau n’est pas une marchandise mais un bien précieux qui nous appartient à tous. C’est l’intérêt des guadeloupéens qui doit être mis en avant et non celui des arrivistes, des profiteurs et autres agoulou.

Une eau de qualité, à un prix juste, accessible à tous, à tout moment, et préservant l’intérêt général, cela n’est possible que dans le cadre d’un établissement public chargé de la gestion d'un service public de production et de distribution de l’eau.

A travers le monde, c’est le même constat et la même volonté de retirer la gestion de l’eau de sous les griffes des multinationales. Amsterdam, Vienne, Paris, Toulouse, Grenoble, Aix en Provence, Rouen, Munich, Malmö, …. ont déjà repris en régie directe la gestion de leur eau dans un vaste élan de « remunicipalisation de la gestion de l’eau » pour en finir avec la domination des multinationales sur ce bien public précieux.

Depuis 2009, LKP exige :

  • La mise en régie directe de notre eau tant au niveau de la production que de la distribution de l’eau pour en finir avec la pwofitasyon et revenir à un prix juste et équitable ;
  • L’arrêt de toutes délégations de service public et autres prestations de service public confiées aux opérateurs privés ;
  • Le transfert des salariés des opérateurs privés vers les régies avec maintien de tous les acquis ;
  • La création d’un nouveau réseau de distribution sans charge supplémentaire pour les usagers (Nou ja péyé). 

 

 

 

 

 

2. LKP ET L AUGMENTATION DU PRIX DU CARBURANT

 

 

Un préfet hésitant, voire bégayant, ne maîtrisant aucunement son argumentaire sur la hausse des carburants au 1ier janvier 2017 en Guadeloupe ; obligé de venir devant les journalistes pour tenter de nous faire avaler la pilule.

NON ! Manti a yo !

Une fois de plus, ils essaient de nous faire croire que cette hausse est la conséquence des accords entre les producteurs de pétrole combinée à la fameuse parité euro dollar. Cela est peut-être vrai en France.

Mais chez nous, en Guadeloupe, ces décisions ne peuvent nous affecter de la sorte car la majeure partie de notre carburant ne provient pas d’Europe. Rappelez-vous la grève qui a paralysé les raffineries de France durant plusieurs semaines. Il n’y a eu aucune répercussion chez nous, aucune pénurie et pour cause :

Le carburant vendu par la SARA en Guadeloupe provient pour une bonne part des producteurs de la Caraïbe. Et nous le payons au prix fort comme produits pétroliers venant d’Europe du Nord. Quelle belle arnaque !

SONJÉ : Yves Jego  avait confirmé l’existence d’un accord entre le ministère du budget et la SARA qui garantit à cette dernière une marge bénéficiaire annuelle. En novembre 2010, Marie-Luce Penchard déclarait que son décret baisserait la marge de la SARA de 15 à 10%. En 2014, Victorin LUREL déclarait à son tour que cette marge était toujours de l’ordre de 20 à 25%.

Les prix sont fixés par le préfet suivant les exigences de la SARA.

PON MOUN PA NI AYEN A DI. Car les organisations syndicales ouvrières et les associations de consommateurs ont été évincées de l’observatoire des prix par le fameux décret Penchard D consolidé par la loi LureL et cela afin d’éviter toutes contestations adan zafè a yo.

LKP déclare que tout cela relève de la magouille tout comme le fameux bouclier qualité prix.

LKP réaffirme la nécessité de mettre en place :

- Un établissement public d’approvisionnement et de distribution des carburants en Guadeloupe garantissant la sauvegarde des emplois dans les stations et à la SARA ainsi qu’une baisse d’au moins 50 centimes du prix à la pompe ;

- Un véritable service public de transport ;

- Une véritable politique de promotion et de développement des énergies renouvelables. 

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