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Guadeloupe. Négationnisme : Le ridicule ne tue pas d'avantage qu'une pseudo grève de la faim !

19 Jan 2017
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Pointe-à-Pitre. Jeudi 19 janvier 2017. CCN. C'est donc désormais confirmé, une pseudo gréve de la faim, uniquement basée sur des motifs égocentriques ne tue pas d'avantage que le ridicule. Romana, a pu donc tranquillement continuer son "action": il ne risqu ait rien. De plus il avait la soutien du lobby béké. Tous creoles etc.. Par contre malgré lui, il a remis sur le devant de la scène médiatique la question, des réparations et démontré à l'envie qu'il est un authentique négationniste et une honte pour les ADA. Ainsi donc tant en Guadeloupe qu'en France, il n'a suscité que des réactions de réprobation, voire de dégout. Car chacun ici ou ailleurs a compris qu'il ne parl ait qu'en son nom propre... Le dernier document reçu hier, juste avant revirement du sénat, par CCN et signé par l'ex présidente du MIR -Guadeloupe, démontre, s'il en était encore besoin que Romana n'a rien fait d'autre que parasiter le ADA qui luttent vraiment contre le déni des autorités françaises et pour des réparations post coloniales. Désormais les afro descendants qui l'ignoraient savent que ce Romana est dans "l'autre camp".


De qui Romana portait t-il la voix ?

Plusieurs coups de fil ce matin sur « la honte » que suscite l’annonce par le Pr Serge Romana de son entrée en « grève de la faim », m’amènent à prendre publiquement la parole.

Face au chaos du monde, et aux problèmes aigus que rencontrent de nombreux afro-descendants tant des Amériques1, que d’Asie, de la zone Pacifique, et d’Europe, si cet acte de Serge Romana, « hors-monde », « hors-temps », nous désole, il ne nous ridiculise pas, car Serge Romana ne nous représente pas.

S’AGISSANT DU MODE D’ACTION DE M. ROMANA

A l’écoute de Serge Romana qui revendique un destin messianique2, je note qu’une fois de plus la communication sur ce crime contre l’humanité s’inscrit dans le registre de l’émotion. Or le sujet relève de l’Histoire. Notre histoire à nous Africains-Guadeloupéens, notre histoire à nous Guadeloupéens, notre histoire à nous êtres humains. Et c’est par la confrontation des arguments basés sur des faits palpables, que nous voulons emporter ce combat pour le triomphe de la Vérité et de la Justice.

Rappelons que c’est à l’issue d’une consultation élargie d’acteurs de terrain et de penseurs engagés, que la proposition du 10 mai a été retenue et présentée au chef de l’Etat français d’alors (J. Chirac) par la présidente guadeloupéenne du Comité de mise en oeuvre de La loi Taubira, Mme Maryse Condé.

Le 10 mai permettait de saisir le mouvement de notre Histoire, en renvoyant à la fois,

 au caractère visionnaire des combattants martyrs du Matouba affrontés à Napoléon (Guadeloupe, 10 mai 1802) et

 à celui également visionnaire de tous ceux qui partout dans le monde, envers et contre tout, ont poursuivi la lutte de libération nous permettant d’aboutir deux siècles plus tard à l’adoption le 10 mai 2001, par les élus français, de la Loi Taubira ; la marche du 23 mai 1998 à Paris, est un des derniers jalons de cette longue lutte qui a mené à l’introduction, en décembre 1998, par la députée guyanaise Christiane Taubira Delannon, d’une proposition de loi tendant à la reconnaissance de ce crime contre l’humanité de la traite et de l’esclavage, qui fut un crime de l’État français concepteur du Code Noir.

S’AGISSANT DES MOTIVATIONS DE M. SERGE ROMANA

Qu’un Guadeloupéen remette en cause cet acquis des résistants à l’esclavage colonial et au racisme institutionnel qui en est consubstantiel, nous désole, ainsi que nous l’avons dit.

Certains parmi lesquels Guy Tirolien3 ont précocement analysé en détail comment Serge Romana "tente de communiquer à tous les Afro-descendants les délires de son identité contrariée" et ont mis publiquement au jour l’"entrepreneur de la mémoire", l’apôtre du potentiellement lucratif "tourisme mémoriel", et surtout celui qui s’attèle à substituer à l’investigation historique (libératrice) une investigation familiale, aux fins que les afro-descendants puissent honorer leurs "grands-parents" plutôt que les Africains, "ancêtres imaginaires" et "honteux" ; démarche validée par les Békés et sublimée par l’inauguration officielle de stèles portant mention des noms attribués par l’autorité coloniale aux affranchis de 1848.

1 Du sud au nord en passant par la Caraïbe environ 250 millions selon les évaluations de l’ONU.

2 « Pour faire face à cette injustice, à cet acte assassin, j’ai décidé de rentrer en grève de la faim. Par cet acte, je porterai la voix des sans voix, celle des descendants de ceux qui étaient destinés à être dans la poubelle de l’Histoire ».

3 cf. Guy Tirolien, Serge Romana : la honte !, mai 2016

2

De qui Serge Romana porte-t-il la voix ? par Makeda Kandake, 15 janvier 2017

Depuis la France, un autre Guadeloupéen, Joss Rovélas, a exhorté à la mobilisation lors de l’annonce en mai 2016 de la mise en place par Serge Romana d’une fondation pour la réconciliation, “nouvelle trahison et humiliation de la communauté des A.D.A (Africains Descendants d'Africains)”; et Joss Rovélas a alors interrogé et alerté : “La grande masse des A.D.A et les Français de France qui avaient permis l’adoption de la loi du 10 mai 2001, d’abord par le Sénat, en interpellant leurs sénateurs individuellement et collectivement par voie de dizaines de milliers de signatures de pétitions, et en manifestant durant 3 années, vont-ils laisser faire ?”

A l’annonce de cette grève de la faim, le MIR, sous la plume de Me Claudette Duhamel, a dénoncé la trahison patente de celui porté par le puissant lobby béké qui le finance, en vue du verrouillage d’un récit historique officiel falsificateur, mis en péril par des militants qui jour après jour le déconstruisent.

Et le MIR-MARTINIQUE avait auparavant relevé le curieux acharnement de Serge Romana, non seulement contre le 10 mai (date officielle de commémoration en France hexagonale), mais contre une autre date de commémoration qui est celle du 22 mai en Martinique (cf. Martinique 1ere, l’émission Décryptage du 24 juin 2016).

DEPUIS 10 ANS M. SERGE ROMANA DÉNIGRE DEUX DATES, LE 10 MAI ET LE 22 MAI,

ET FAIT L’APOLOGIE D’UNE DATE, LE 23 MAI – QUESTION ????

Le 10 mai renvoie en particulier à un moment fondateur de la lutte de libération menée en Guadeloupe ; le 22 mai renvoie à la lutte de libération menée en Martinique qui contraint les autorités locales à avancer l’affranchissement général. L’action de M. Romana ne serait-elle pas tout simplement une commande d’un lobby Béké ne sachant plus comment contrer l’inéluctable montée en puissance du Konvwa ba Reparasyon (et des procédures qui en sont l’autre facette) initié en 2001 par le MIR-Martinique présidé par Garcin Malsa ?

On s’interroge ! Et puisque M. Romana indique parler « pour les Antillais » résidant en France et même au-delà4, nous observons qu’en France il n’y a qu’un seul 14 Juillet. Qu’il n’y a pas une date pour les politiques et une date pour les familles, comme Serge Romana le propose : « Le 10 Mai on célèbre les combattants et la République, le 23 mai nos familles, ceux qui ont souffert ». Ce faisant, quelque part, Serge nous injurie en s’exerçant ainsi à jouer avec notre affect pour nous faire absorber son article. Sachant de surcroît que la Diaspora africaine internationale a mené une longue lutte (à laquelle M. Romana n’a pas pris part) pour l’obtention d’une date mondiale fédératrice pour les victimes de ce mega-crime fondateur des sociétés des Amériques (en l’occurrence le 25 mars, Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique5).

Guadeloupe, 15 janvier 2014

Makeda K andake  ( Line Hilgros)

Ancienne Présidente du MIR-GUADELOUPE (2015-2016)

En charge du suivi de l’implantation de la 6e Région UA au sein du MIR-FRANCE

 Interrogé en Martinique sur les réparations M. Romana, confondant l’auditoire avec ses sectateurs, se met à faire cours… Ils ne savent pas, mais lui vient leur apporter la lumière, et de leur asséner condescendant d’un air mi-docte mi-ironique des truismes !!! « même lorsqu’on parle de réparations, on ne mesure pas ce que c’est d’être nés dans un crime contre l’humanité » ; « Comment on répare ça ? Il faut d’abord dresser l’état des lieux » etc etc. Puis de lancer une charge contre la commémoration du 22 mai aux ancêtres combattants avec un argumentaire affligeant par l’état d’aliénation dont il est révélateur.

 

 

Communiqué du MIR - Mouvement International pour les Réparations

À PROPOS DE LA GREVE DE LA FAIM DE SERGE ROMANA 

par Maitre Claudette Duhamel, 14 Janvier 2017

Depuis le 13 janvier 2017, Serge ROMANA, président d’un comité dénommé Comité Marche du 23 Mai 1998 (CM98), a entrepris de faire une grève de la faim devant le Sénat.

Motifs ? La suppression par le sénat, suite à un amendement d’un sénateur guadeloupéen dans le projet de loi sur l’égalité réelle, d’un article 20A qui prévoyait de scinder la commémoration de la mémoire de l’esclavage entre le 10 mai Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions et le 23 mai prévu comme journée des victimes de l’esclavage colonial.

Quand on connaît le positionnement résolument révisionniste voire négationniste de Serge ROMANA sur la traite négrière et l’esclavage des Noirs, on comprend très vite que cette grève de la faim ne peut être qu’une mise en scène bien organisée via les réseaux sociaux afin d’occuper les devants de la scène et se faire passer pour le chantre de la mémoire de l’esclavage.

Or, tous ceux qui mènent depuis plus de 30 ans un véritable combat pour la mémoire et la réparation ne peuvent que se rendre à l’évidence : M. ROMANA soutenu par les descendants esclavagistes et les représentants de l’État français, met tout en oeuvre pour étouffer l’émergence de cette mémoire et la mise en place de la nécessaire réparation des afro-descendants qui subissent encore les conséquences dramatiques de ce crime contre l’humanité.

Ainsi, dans la fondation qu’il a mise en place avec des grands blancs créoles, et quelques créolisés sbires des ministères français, M. ROMANA prône la Réconciliation avec les descendants de nos tortionnaires esclavagistes en affirmant notamment qu’il nous faut « une mémoire vidée d’accusations contre les blancs ».

M. ROMANA, UNE MEMOIRE VIDÉE EST UNE MÉMOIRE TRONQUÉE !

Vous osez nous demander d’accepter que ce crime contre l’humanité a été commis sans criminel !!! Mais cependant avec des victimes, puisque vous faites une grève de la faim pour avoir la date qui vous convient afin de commémorer la mémoire des victimes de l’esclavage colonial.

N’est-ce pas honteux ? Surtout quand nous savons tous que ces descendants d’esclavagistes continuent de nous dominer grâce à la possession des richesses générées par la sueur et le sang de nos ancêtres.

Sous couvert de réconciliation, vous entendez de nouveau, comme l’a fait l’Etat français après 1848, organiser l’oubli des victimes du crime que vous sommez de ne pas accuser leurs tortionnaires toujours bien vivants et actifs.

Vous allez même plus loin que l’Etat français, dans votre démarche négationniste, puisque ce sont les victimes qui sont mis en accusation : d’avoir oublié leur ancêtres de ne pas les commémorer comme il se doit etc….

M. ROMANA c’est trop tard, votre grève de la faim pour la suppression d’un article dans une loi française, destinées à retenir une date pour commémorer la mémoire des victimes (de qui ? puisque pour vous il n’y a pas de criminel), ne trompe plus personne car tout un chacun sait qu’elle n’est destinée qu’à satisfaire votre mégalomanie galopante.

Pour conclure permettez-moi de vous poser ces questions, vous qui êtes associés avec les puissances économiques de nos pays et qui avez vos entrées dans tous les ministères de la république française :

- Pourquoi n’avez-vous pas fait une grève de la faim quand les magistrats de la cour de cassation nous ont rejetés hors humanité en estimant qu’il n’y avait pas lieu de condamner un blanc créole qui avait estimé que l’esclavage avait de bons côtés au motif qu’aucun texte ne le permettait, la loi TAUBIRA n’étant qu’une coquille vide.

- Où étiez-vous quand des avocats de Martinique et de Guadeloupe sont venus à plusieurs reprises plaider à la 17 ème chambre correctionnelle de PARIS pour faire sanctionner les agissements discriminatoires de ces magistrats.

Peut-être estimez-vous qu’un tel combat ne peut être le vôtre puisqu’il aboutit à mettre en accusation un système raciste fondé sur la domination du….blanc créole, ce que vous refusez de faire dans votre démarche de….Réconciliation.

Monsieur ROMANA contrairement aux membres de la communauté des afro-descendants que vous tentez de couillonner nous savons que vos amis députés de l’assemblée nationale française vous accorderont votre jouet que vous appelez pompeusement une « arme politique », à savoir l’adoption de la date du 23 mai pour la une commémoration des victimes de l’esclavage colonial.

Et alors vous bénéficierez de l’aura nécessaire pour accéder au poste que vous souhaitez au sein du pouvoir colonial français puisque c’est vous qui avez présidé le comité qui a organisé le 23 mai 1998 cette marche des afro-descendants à l’initiative de nombreuses associations dont vous ne semblez nullement vous soucier actuellement.

Ce qui est sûr, c’est que votre démarche résolument négationniste ainsi que tout le fric que les HAYOT, DELUCY et DE JAHAM et autres blancs créoles, mettront dans votre fondation pour créer une mémoire expurgée du crime et orientée dans l’acceptation de la domination du blanc, ne suffiront pas à arrêter notre marche inexorable pour la reconnaissance pleine et entière de notre dignité humaine qui impliquela réparation.

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