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Guadeloupe. Spectacle : Exode 76, la comédie musicale qu’il faut voir ou revoir !

03 Fév 2017
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Basse-Terre. Jeudi 2 février 2017. CCN. Retour sur la comédie musicale « Exode 76 » jouée à l’Artchipel il y a de cela quelques jours. À bien des égards, cette pièce est doublement historique, par la qualité de la prestation et de la mis en scène mais aussi parce qu’elle permet de se remémorer les « évènements de 1976 ». Tous ceux (et ils sont nombreux !) qui ont raté la première et unique représentation de ce spectacle attendent déjà avec impatience la prochaine. Pascal Vallot le metteur en scène y travaille mais aucune date ne peut être encore avancée.


Le spectacle affichait complet quelques jours après l’ouverture de la billeterie. L’Artchipel est une petite salle d' environ 500 places qui n’a pas facilité les choses et créé quelques soucis le soir même de la première de la comédie musicale. Le public devait en effet échanger le billet acheté contre une place de l’Artchipel. Plusieurs personnes ont dû patienter à la caisse pour obtenir leur place et pour pouvoir enfin  rentrer à l’Artchipel.

La salle Anacaona était archicomble comble avec une majorité de « seniors » qui ont sans doute tous vécus cet épisode de l’histoire de la Guadeloupe et de Saint Claude en particulier. On a vu dans les travées : l’ancien président de région, Victorin Lurel, l’élue à la culture du Conseil Départemental, Brigitte Rhodes ainsi qu’Elie Califer, le Maire de Saint-Claude.

Le spectacle a débuté par un air de gwoka joué par les comédiens de la troupe sur la Soufrière puis c’est l’incomparable Jean-Marc Ferdinand, Saint-Claudien et leader du groupe K’Koustik qui a interprété deux titres du dernier CD. Le public était déjà conquis. Il faut rappeler que pendant toute l’année 2016, Saint-Claude a commémoré les 40 ans des « évènements » de la Soufrière. Une revue de la presse de l’époque a été diffusée un peu avant le début du spectacle.

La comédie musicale a ensuite commencé avec pour décor un marché de fruits et légumes. Un décor simple mais qui bénéficiait de bons éclairages. Les comédiens étaient très nombreux, une trentaine environ. La majorité de ces comédiens et/ou chanteurs sont amateurs. C’est d’ailleurs Pascal Vallot lui même qui a fait le casting et attribué les rôles à chacun. Une troupe inédite de comédiens trans-générationnels. Jusque dans les moindres détails, le choix des costumes et les coupes de cheveux, on était vraiment revenu dans la Guadeloupe de 1976.   

La comédie musicale en deux actes raconte juillet 1976, lorsque le volcan la Soufrière s’est mis à cracher des cendres et que la terre s’est mise à trembler. On y retrouve les questionnements, les incertitudes et aussi la panique des Saint-Claudiens. Ce 8 juillet 1976, ils décident de quitter Saint-Claude pour se mettre en sécurité. Comment alors ne pas se souvenir de cette longue polémique médiatico-scientifque (juillet/ septembre 1976) qui opposait d’un côté le volcanologue Haroun Tazieff lequel disait qu’il n’y aurait pas d’éruption volcanique et cataclysmique et de l’autre la position des professeurs Brousse et surtout Claude Allègre plus alarmistes, qui n’ont cessé d’affoler la population, le représentant de l’état français, le préfet Jean-Claude Aurousseau, en évoquant après chaque secousse sismique, la possibilité d’une nuée ardente et d’une violente éruption volcanique. On sait aujourd’hui que Tazieff avait eu raison. Mais cette évacuation de plus de 25 000 personnes de la région concernée, vers la Grande Terre, a été pour Basse-Terre et Saint-Claude très lourde de conséquences économiques et psychologiques.

Suite donc aux avis de Brousse et Allègre, la zone de Basse-Terre et celle proche du volcan deviendront des territoires interdits. Les Saint-Claudo-Basse-Terriens partent tous avec l’idée de ne rester en Grande-Terre que « quelques jours ». L’ennui, la promiscuité feront souvent l’objet de tensions dans les familles, les amis ou tout simplement les lieux qui sont attribués à ces migrants devenus des « réfugiés ». Les enfants aussi sont sujets à des quolibets. Ils sont d’ailleurs appelés « sinistrés » ou « magma » comme le rappelle les Aiglons, dans une de leurs compositions.

Les Saint-Claudiens reviendront chez eux après quelques mois d’exode forcée. La joie du retour est vite remplacée par un sentiment de révolte : pourquoi ont-ils du partir aussi longtemps et pour « rien »? Le deuxième acte de la comédie musicale se termine par un constat : les habitants ne veulent plus avoir peur de leur volcan. On compte aussi ceux qui sont partis. Certains habitants ne souhaitent pas revenir à Saint-Claude et s’installent définitivement en Grande-Terre, la partie non volcanique de la Guadeloupe.

Le 3e acte de « Exode 76 » est en cours d’élaboration et ce pour les prochaines représentations. On se doute que le public sera nombreux. Mais pour le moment, aucune nouvelle représentation n’est programmée. Un besoin crucial de se souvenir, de partager, d’échanger sur cette terrible année 76.

La troupe de Pascal Vallot a reçu une stand ovation à la fin du spectacle. Pascal Vallot lui même semblait comme  troublé par le succès, de sa  pièce, qui de notre avis est mérité. Elie Califer, le maire de la ville, toujours très critique, a qualifié le spectacle de parfait (une fois n’est pas coutume !). Et comme on a pu l’entendre à la fin de la pièce par les spectateurs : « tout a été dit ».

Exode 76, une comédie musicale qu’il faut absolument voir ou revoir, peut être dans une salle plus grande que celle  de l’Artchipel, eu égard à l’attente du nombreux public.

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CCN

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