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Guadeloupe - Guyane - Martinique : vers le boycott des élections présidentielles françaises ?

03 Avr 2017
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Pointe-à-Pitre. Lundi 2 Avril 2017. CCN. Il fallait s’y attendre face au refus du gouvernement français de satisfaire toutes les revendications du peuple guyanais, les Collectifs en lutte, ont donc décidé de passer à la vitesse supérieure. En effet, après avoir refusé dimanche de signer/valider les propositions très insuffisantes des 2 ministres, les Collectifs se sont accordés pour durcir le mouvement populaire et de le politiser. Les barrages sont maintenus. Il est depuis question d’un « statut particulier » pour la Guyane. Cela signifie que les Guyanais veulent dépasser l’article 73 et entamer un autre processus.

CCN peut d’ores et déjà annoncer que l’idée d’un congrès extraordinaire de la Collectivité Territoriale Guyanaise fait son chemin. A la suite de ce congrès, les Guyanais pourraient alors exiger une consultation populaire par référendum pour sortir du cadre de l’article 73 de la constitution française. Il n’est pas exclu que face à l’inertie des derniers jours, d’un gouvernement coincé par son calendrier électoral, que les Guyanais décident alors d’un boycott des élections présidentielles françaises. En Guadeloupe, Karesol Otorité Politik soutient le mouvement et lance déjà un mot d’ordre d’abstention pour les élections françaises en Guadeloupe et dans toutes les dernières colonies françaises (lire la déclaration que CCN publie).

Par ailleurs, une dizaine organisations syndicales guadeloupéennes a annoncé au cours d’une conférence de presse, la mise en chantier d’une plateforme revendicative ainsi qu’une manif de soutien au peuple guyanais mercredi 5 avril à Pointe à Pitre. Enfin, à la Martinique, la politisation du mouvement revendicatif guyanais pourrait aussi susciter des réactions de soutien surtout dans le « camp patriotique ». 

La semaine qui débute sera sans aucun doute décisive pour une possible prise de position concernent les élections dans les dernières colonies francaises d’Amérique. 

CCN

 

La Déclaration du Karesol Otorité Politik Gwadloup

karesol logo

Solidarité totale avec le peuple guyanais et boycott des élections françaises en Gwadloup et dans toutes les colonies !

 

Les peuples des dernières colonies ont été interpellés par le soulèvement soudain du peuple Guyanais en ce mois de mars 2017, exactement 71 années après la Loi dite de «Départementalisation » imposée le 19 mars 1946 par l’Etat français. Ils ont été interpellés, car ces évènements se sont déclenchés dans un contexte d’élections présidentielles françaises, en faisant parfaitement fi du calendrier de ces dernières. Ceci atteste, de fait, que les situations explosent lorsqu’elles sont mûres pour le faire, et que nul statut colonial -par essence paradoxal- ne peut définitivement être opposé aux peuples déterminés à briser les chaines de la domination !

Karésol soutient totalement le Peuple Guyanais qui a su -à travers ses Collectifs et Syndicats- imposer au Gouvernement français l’ouverture de négociations, et exiger puis obtenir des excuses publiques de la part d’un ministre au départ réfractaire à tout dialogue. Ces excuses ne suffisent évidemment pas, n’étant pas accompagnées, -comme nous l’exigions de François Hollande en 2015- des indiscutables Réparations destinées à renforcer tout  Plan de Développement, basé sur un Modèle économique, nécessairement spécifique et pertinent.

Nous saluons le Peuple Guyanais et respectons ses choix exprimés dans sa plate-forme de revendications tout en le prévenant-sur la base de notre expérience guadeloupéenne de 2009- des limites et risques de revendications qui privilégient les seuls aspects économico-sociaux et sécuritaires et excluent l’essentiel, c’est-à-dire la revendication politique de liberté pour la Guyane qui vit encore sous le régime de la Colonie. Un statut de pleine responsabilité est de notre point de vue la seule solution pour résoudre durablement les problèmes guyanais, par les guyanais eux-mêmes.

Les évolutions institutionnelles qui ont concerné St Martin (art 74) la Guyane ou la Martinique (art 73) ont cruellement démontré l’existence d’une domination coloniale qui a changé de nom mais pas de réalité. Saint-Martin autonome, mais sans moyens issus de Réparations se sent à juste titre floué par un Etat français qui a été cynique lors des arbitrages financiers, accompagnant le passage de Commune de la Guadeloupe à Collectivité Autonome.

La leçon à tirer de ces expériences est simple : pour déconstruire définitivement le système colonial, il faut le détruire et surtout ne pas chercher à l’amender. Ce dernier proliférera et reprendra le pouvoir à travers chaque espace régalien qui lui sera laissé.

A ce titre, tout Pacte de Développement pour la Guyane, la Guadeloupe ou la Martinique ne sera que leurre, tant que les Peuples de ces Pays ne pourront légiférer et se protéger de la libre circulation des personnes, des capitaux et des marchandises mise en place par l’Europe dans laquelle nous avons été intégrés ! La superposition de mesures ou d’investissements qui ne sont pas articulées autour d’un plan cohérent de développement du territoire, n’entrainera aucun développement économique, social ou humain, dans un Pays qui ne dispose pas de la capacité  de rédiger ses lois.

Or pour légiférer, il faut être libre de ses choix, il faut être maitre chez soi, donc tout simplement souverain !

Dès lors, il faut en conscience que notre génération fasse un choix entre abdiquer ou devenir responsable de son destin.

Abdiquer c’est cautionner et soutenir le statu quo, c’est trahir l’avenir et l’Histoire, notre Histoire.

C’est accepter notre déclin en tant que Peuple, c’est accepter sans aucun droit à la parole, que la violence entre guadeloupéens tende vers son paroxysme, c’est accepter la disparition définitive de nos terres agricoles sous les coups de boutoirs de la spéculation immobilière, c’est accepter la mort programmée de notre économie productive déjà mise à mal par les grands groupes békés, français et européens, c’est accepter l’accroissement incessant de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur, c’est enfin accepter l’entreprise d’aliénation qui nous fait perdre toute identité.

A ce titre, Karésol dénonce les propos du patron du Medef guadeloupéen, un certain Bruno Blandin, appelant les patrons guyanais « à s’impliquer davantage dans la révolte des guyanais, tout en exaltant  l’appartenance des soi-disant domiens à une France Une et indivisible qui nous inviterait à partager une communauté de destin » (sic) !

Non, nous n’abdiquerons pas, le Peuple guadeloupéen n’abdiquera pas !

Nous ne céderons pas aux sirènes des politiciens français de tous bords qui défilent dans notre Pays en quête de voix pour leur présidentielle, promettant monts et merveilles, refusant d’admettre que la croissance dans leur Pays est antinomique au développement du nôtre. Car ce sont bien nos achats qui perpétuent leurs emplois que nous créons par milliers du fait de notre consommation toujours plus forte de biens importés.

Nous n’avons que faire de la condescendance de ces hommes ou femmes qui se présentent comme nos sauveurs alors qu’ils sont incapables de redresser leur propre pays. Nous n’avons nul besoin non plus de l’arrogance de militaires français, tels monsieur Bertand Soubelet, ancien Commandant de la Gendarmerie dans les colonies, qui, commentant les évènements de la Guyane sur le plateau de LCI ce 28 mars 2017 a déclaré :’’Quand j’étais le patrondes Antilles-Guyane…’’ Ne serons nous donc que des sujets pour ces individus, fervents adeptes de la théorie de Jules Ferry sur l’inégalité des races et sur la pseudo mission civilisatrice de la France… ?

Le peuple guadeloupéen est indiscutablement capable, en tenant compte de ses atouts et faiblesses naturelles, et en investissant vraiment sur sa jeunesse, force vitale, de concevoir un développement autocentré, une société autogestionnaire, dans le cadre d’une Guadeloupe véritablement guadeloupéenne où auront disparu les privilèges basés sur l’appartenance ethnique et l’Histoire coloniale,.

A ce titre, il n’est plus temps de larmoyer sur une improbable ‘’égalité réelle’’ dont nous n’avons que faire, après avoir subi quatre siècles d’esclavage, de colonisation, puis de départementalisation ponctuée par les massacres de  février  1952 et de mai 1967 dont nous célébrons cette année le cinquantenaire.

Aujourd’hui se pose pour nous avec encore plus d’acuité le problème essentiel de la Décolonisation et celui desRéparations.

Après quatre siècles d’humiliations, de négation de notre nature humaine, mais aussi de combats héroïques pour notre dignité et la reconnaissance de notre identité, la Décennie 2015-2024 consacrée par l’ONU au rattrapage des retards des personnes d’ascendance africaine nous donne l’opportunité de faire valoir, à la face du monde, nos droits fondamentaux à la liberté et à la prospérité.

Ailleurs, dans le monde justement, des Peuples se battent pour leur liberté, tels ces écossais qui revendiquent de la Grande-Bretagne un Référendum sur l’Indépendance ou ces jeunes africains qui exigent l’éradication du néocolonialisme français qui spolie toujours leurs richesses naturelles.

Il n’est donc pas question que nous nous alignons une fois de plus sur le calendrier électoral des français qui concerne leur avenir dans le cadre d’une campagne électorale délétère, marquée par les affaires, les transgressions, les trahisons et où les clivages droite-gauche, calqués par mimétisme chez nous n’ont depuis longtemps aucune valeur, tous ces politiciens étant par ailleurs partisans de la colonisation et de l’assimilation de notre peuple.

KARESOL, appelle donc le Peuple guadeloupéen à boycotter ces élections françaises qui ne servent qu’à rythmer artificiellement notre réalité politique et à nous détourner de l’essentiel, à savoir notre devenir et celui de nos enfants.

Nous en sommes persuadés, tout comme en 2009 chez nous, et en Guyane actuellement, le Peuple Guadeloupéen se soulèvera bientôt en conscience, fera irruption dans l’Histoire et partira une nouvelle fois à l’assaut de la muraille coloniale pour la renverser enfin!

Gwadloup le 2 avril 2017

Pour K.O.P.G

KARESOL  A ON OTORITE POLITIK GWADLOUP

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