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Guadeloupe. 1é Mai unitaire : Les travailleurs condamnent avec force la politique coloniale du gouvernement français

03 Mai 2017
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Pointe-à-Pitre. Mercredi 03 mai  2017. CCN. Un véritable scoop. Lundi dernier dans le Journal de 13h, la radio d’état, annonçait que le défilé syndical unitaire du 1er mai avait rassemblé près de 20.000 personnes dans les rues de Pointe à Pitre! Un scoop car en général, la radio et la télévision d’état, se basant sur les chiffres de la police francaise, ont plutôt tendance à minorer le nombre de participants aux manifs patriotiques. Faut-il dès lors penser qu’il y avait ce lundi plus de 20.000 manifestants à converger vers la Place de la Victoire ?

Un 1er mai 2017 résolument historique. D’abord dédié à la mémoire des Guadeloupéens assassinés en Mai 67 par l’armée coloniale française. Un 1er mai unitaire qui « tombe » à quelques jours du second tour de la présidentielle française. Un 1er mai donc très politique. 


Les leaders des 11 organisations syndicales présentes, se sont tous exprimés et ont unanimement condamnés le système colonial francais. Une fois de plus, tout a été passé à la moulinette : Les suppressions de postes dans le  système éducatif, la loi El komri, la situation à la Poste, la question de l’eau, les problèmes de santé publique, les victoires des travailleurs de la banane à Capesterre, la précarité, le chômage des jeunes..

C’est à Elie Domota, qui venait tout juste, l’avant veille d’être reconduit pour 3 ans à la tête de l’UGTG - qu’est revenu la tâche de conclure ce 1er mai flamboyant. Domota a enfoncé le clou et expliqué que depuis 1635 et l’arrivée des 1ers colons français, jusqu'à ce jour, la Guadelouoe demeurait une colonie francaise. Le leader de l’UGTG a martelé que face à une telle situation, il appartenait  au peuple guadeloupéen de s’engager résolument  sur la voie de la rupture totale avec le système colonial francais.

Elie Domota, utilise depuis quelques temps pour affirmer cette volonté de rupture, le terme créole kaskod, qui était faut-il le rappeler le mot d’ordre du Mouvement Populaire pour la Guadeloupe Indépendante (MPGI) à sa création par Luc Reinette en 1982.

C’est sans doute au nom de cette belle unité syndicale que Domota, a clairement indiqué dans son intervention que les Guadeloupéens ne devaient en aucun cas participer à l’élection du président des français .

Il renvoie ainsi dos à dos Le Pen et Macron. Cette prise de position attendue de l’UGTG a été salué par les applaudissements nourris de la foule présente  au final de ce 1er mai.

Mais déjà deux jours avant ce 1er mai, l’UGTG avait tenu son 15é congrès et sorti une série de résolutions qui fixe la feuille de route de l’organisation syndicale nationaliste pour les 3 années à venir. Elie Domota  qui a  accepté à la demande du conseil syndical de rempiler jusqu’en 2020, nous a confié que ce mandat serait  bien  son dernier à la tête de l’UGTG . La relève devrait être alors  assurée 

 

 

RÉSOLUTION N°1: RÉSOLUTION GÉNÉRALE

LE 15ème CONGRÈS DE l’UGTG, RÉUNI AU LAMENTIN  LES 27-28 ET 29 AVRIL 2017,

Considérant la société guadeloupéenne actuelle, fondée sur le viol des consciences, le viol des peuples, le viol de leur spiritualité et le vol de leur terre ;

Considérant les valeurs de la République coloniale française, principale instrument de cette cruelle réalité, prétendument offertes en partage au monde et qui ont de tout temps été fondées sur le mensonge, la violence et le crime ;

Considérant la destruction organisée de tout système productif au profit des importateurs-distributeurs qui imposent leur modèle de consommation avec la complicité de l’Etat colonial ;

Considérant la remise en cause des droits et acquis de travailleurs orchestrée par l’Etat colonial au service du patronat, de l’Union européenne, du FMI et du Grand Capital International ;

Considérant les tentatives de neutralisation, de domestication et d’instrumentalisation des syndicats de lutte de classes et de masse, notamment à travers les politiques d’accompagnement et de co-gestion mais aussi le vèglaj du dialogue social institutionnalisé ;

Considérant l’importation dans les consciences de modèles esthétiques et créatifs qui donnent les corps en pâture, appauvrissent la création et conduisent notre peuple à l’acculturation et au démounaj ;

Considérant la pwofitasyon exercée à l’encontre des Travailleurs et du Peuple de Guadeloupe qui se traduit notamment par :

  • Un abandon criminel de la jeunesse qui est l’espoir de tout pays ; 
  • Une mise en faillite délibérée du système public de santé sur l’autel du profit ; 
  • Une destruction du système éducatif pou timoun annou rété anlari-la ; 
  • La non application des accords des 26 février et 04 Mars 2009 ; 
  • L’escroquerie des lois et décret Lurel sur les prix des marchandises et le prix des carburants qui  ont légalisé la pwofitasyon des importateurs distributeurs et des compagnies pétrolières sur nous, Guadeloupéens ; 
  • Une confiscation de la ressource en eau au profit des multinationales ; 
  • Une population minée par un chômage de masse, par la précarité, l’illettrisme,  la misère, l’exclusion et la pauvreté ; 
  • Une farouche répression à l’encontre des travailleurs, des militants syndicaux et du peuple en lutte ; 
  • La spoliation de nos terres et l’empoisonnement de nos sols, de notre environnement, de nos êtres, de nos vies; 
  • Le scandale des marchés publics exécutés par des travailleurs exploités venus d’ailleurs alors que les compétences guadeloupéennes existent sur place ; 
  • La vente aux enchères du Palais de la Mutualité, fwitaj a travay a gran fanmi an nou, patrimoine et symbole de la lutte du peuple guadeloupéen ;

Considérant le développement effréné des E.P.H.A.D résultante de la déstructuration a mès é labitid an nou  et une morbidité générale caractérisée par des maladies chroniques non contagieuses et évitables (diabète, insuffisance rénale chronique, hypertension artérielle, asthme, insuffisance cardiaque chronique) – autant d’affections liées principalement au mode de vie, à la mauvaise nutrition, à la précarité, à la pauvreté et à la sédentarité, … ;

 

Considérant la chute de la natalité et le vieillissement de la population guadeloupéenne (40% aura plus de 60 ans en 2040 alors que les jeunes de moins de 20 ans ne seront que 22%).

Considérant l’offensive négationniste de l’Etat colonial français contre notre histoire, notre mémoire, savamment distillé dans nos écoles, dans le Mémorial Acte, dans les livres, dans le cerveau de nos enfants en réécrivant l’histoire coloniale de la France afin de la rendre « plus humaine ».

Considérant les massacres coloniaux et autres crimes sans coupable perpétrés contre les travailleurs et le peuple de Guadeloupe notamment : 

- Janvier 1636 : assassinat du Chef Kalina YANS. 

- Mé 1802 : rétablissement de l’esclavage par la république coloniale française, 10.000 victimes dont 300 décapitations, 

- Février-Mars 1910, première grève générale des cultivateurs et ouvriers agricoles pour revendiquer la suppression du travail à la tâche et des augmentations de salaires. Bilan : 4 morts et 12 blessés (3 morts à Saint-François et 1 mort à Capesterre).

- Février 1925, grève des petits planteurs à l’usine de Duval à Petit-Canal pour réclamer une revalorisation du prix de la tonne de cannes. Les militaires tirent sur les manifestants. Bilan : 6 morts et 7 blessés.

- Février 1930, les travailleurs sont mobilisés à Bonne-Mère et aux Abymes contre le non-respect du prix de la tonne de canne et une augmentation de 10% des salaires pour les ouvriers agricoles. Les gendarmes tirent sur les grévistes. Bilan : 3 morts (1 au Lamentin et 2 aux abymes) 

- Le 14 février 1952, à Moule, à l’occasion d’une grève des ouvriers agricoles et des cultivateurs pour une meilleure rémunération de la journée de travail, l’allègement des tâches, l’augmentation du prix de la tonne de canne, les gendarmes tirent sur la foule : 4 morts et 14 blessés. 

- Mai 1967, grève des ouvriers du Bâtiment qui réclament 2,5% d’augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail. Les militaires tirent. Bilan provisoire : 87 morts et 200 arrestations. 

- Novembre 1985 : Charles Henri SALIN, un jeune lycéen de 19 ans est tué de plusieurs balles par un gendarme. L’adjudant MAAS sera élevé au grade d’adjudant-chef. 

- Février 2009 : Assassinat de Jacques BINO.

 

 

LE 15ème CONGRÈS DE L’UGTG, REUNI AU LAMENTIN LES 27-28 ET 29 AVRIL 2017 :

  • Déclare   sé konplo menm yo fè pou tchouyé nou ! 
  • Soutient que le chômage, la précarité, le dénuement des guadeloupéens, etc…résultent d’une volonté politique de maintien de notre peuple dans la soumission et dans la dépendance  apa fatalité, apa malédisyon nou ni ! 
  • Réaffirme que l’accession à l’indépendance nationale et à la pleine souveraineté de la Guadeloupe est un droit inaliénable et imprescriptible. 
  • Réaffirme l’indépendance politique, idéologique et financière de l’UGTG  san janmen manjé an men  a yo  vis  à vis de toutes organisations et de tous pouvoirs quels qu’ils soient. 
  • Réaffirme l’appartenance de l’UGTG à la ligne syndicale de lutte de classe, de ligne de masse, de confrontation, de contestation et de transformation sociale visant à éradiquer les rapports de domination capitaliste, impérialiste et colonialiste an péyi  an nou, pour l’instauration d’une société  débarrassée de la domination capitaliste et colonialiste.
  • Réaffirme que la solidarité internationale, l’unité des peuples, des travailleurs et leurs organisations sont des maillons essentiels à la défense des droits et intérêts des larges masses, 
  • Dénonce l’assassinat des camarades Haïtiens (David CHENNE et  Angelo SAINT-JEAN 22 ans) ainsi que ceux des travailleurs colombiens  et apporte son soutien à tous les travailleurs et à leurs organisations victimes de la répression ; 
  • Réaffirme l’appartenance du l’UGTG au LKP et exhorte les travailleurs, le peuble de guadeloupe et le sorganisations de lutte à poursuivre le sluttes pour arracher l’application pleine et entière de tous les accords (26 février (accord BINO et du 4 mars 2009). 
  • Exhorte les travailleurs et le peuple de Guadeloupe à tout mettre en œuvre pour assurer la préservation et la sauvegarde de notre patrimoine foncier, architectural et mutualiste (Palais de la Mutualité) afin de barrer la route à toute spéculation et la spoliation ; 
  • Appelle les travailleurs de Guadeloupe et leurs organisations à amplifier les luttes visant à défendre toutes les libertés, tous nos droits et singulièrement la priorité d’emploi des travailleurs de guadeloupe an péyi an nou, travayè gwadloup pa ni pèkli, ni pôk, ni brak, nou dwèt travay an péyi an nou ! 
  • Exige la mise en œuvre d’une véritable politique sanitaire et de développement de la natalité pou nou pa disparèt, davwa sé  konplo menm yo  fè pou tchouyé nou, fanm é nonm gaya on sèl chimen kaskòd. 
  • Salue la lutte et la détermination du Peuple Guyanais contre la domination coloniale française 
  • Appelle tous les Travailleurs à se mobiliser le : 
  • 1er Mé :  Journée Internationale des luttes des travailleurs, davwa an Mé 67 san an nou koulé ; 
  • 27 Mé :  pou fè mémwa maché, fè konsyans vansé pou sonjé 1802 é 1967, 
  • 31 Mé :  mobilizasyon jénéral : procès Eli DOMOTA. 
  • Exhorte l’ensemble des militants, des unions et secteurs de l’UGTG à mettre en œuvre dans tous les secteurs d’activités des revendications tant stratégiques que quotidiennes répondant aux exigences des travailleurs et du Peuple de Guadeloupe pour la libération complète de la classe ouvrière et du peuple guadeloupéen, pour l’indépendance nationale ; 
  • Affirme qu’aucun des candidats aux élections à la présidence de la république coloniale française, ni le programme raciste et xénophobe de LE PEN, ni le programme destructeur des libertés et des acquis des travailleurs et des peuples de MACRON, ne répondent aux exigences, ni aux préoccupations légitimes d’émancipation et de justice sociale des travailleurs et du peuple de Guadeloupe.  adan on kous a chyen sé toujou on chyen ki ka gannyé  !

 

    ON SEL CHIMEN….. KASKOD !!’’ 

                                       Chimen kaskòd… sé CHIMEN A NÈG MAWON

  • Sé chimen nou trasé dèpi 1973,
  • Sé chimen nou kléré dépi 44

lanné, sé chimen natirèl a tout nasyon,

  • Sé chimen nou pran dèpi nou prévwa lévé doubout on dòt sendika an Gwadloup

  Ø Sé chimen ola nou péké ni domien,

     ni ultramarin, men selman

     Gwadloupéyen

  • Sé bay koko pou savon
  • Sé manjé sa nou planté, sa nou bityé, sa nou rékòlté
  • Sé pa on chimen a langanné, a tanpisouplè, a jébésé
  • Sé chimen nou tout Gwadloupéyen konnèt menm si yo di nou, sé chimen a ladyablès, a bèt a manibè, a tisapoti, a ayisyen é dominiken maléré
 
 
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