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Guadeloupe. Une psychologue vient en aide aux parents d’élèves de Capesterre-Belle-Eau

25 Mai 2017
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Mina Ananda Yenkamala, à la Maison de Quartier de Capesterre-Belle-Eau, face aux parents d'élèves du collège Germain Saint-Ruf Mina Ananda Yenkamala, à la Maison de Quartier de Capesterre-Belle-Eau, face aux parents d'élèves du collège Germain Saint-Ruf Alexandra Giraud

Capesterre-Belle-Eau. Maison de quartier. Mercredi 24 mai. CCN. Mina Ananda Yenkamala, psychologue spécialisée en neuropsychologie et Maitre Praticienne en Programmation Neuro-linguistique, était mardi soir à Capesterre-Belle-Eau, aux côtés d’une dizaine de parents d’élèves du collège Germain Saint-Ruf. Une soirée pour évoquer les problèmes quotidiens, mais aussi latents, rencontrés par les enfants et par leurs parents lors de la scolarité. Nous l’avons rencontrée.  

CCN : Sur quelle initiative est né ce Bik a Pawol ?

Mina Ananda Yenkamala : Le bik a pawol est né de la volonté de l’association des parents d’élèves (APE-FAPEG) du collège de Capesterre-Belle-Eau.

CCN. Pourquoi le thème de l’éducation ?

MAY : C’est l’un des thèmes qui va être abordé durant le bik a pawol, mais tous les thèmes peuvent être traités, comme les fréquentations des élèves, la vulnérabilité aux addictions, le fait que les élèves appartiennent à des familles monoparentales. Donc cette éducation, elle est d’actualité, avec tous les événements qui secouent la région.

CCN : Les parents d’élèves de Capesterre-Belle-Eau sont particulièrement en demande de ce type de réunion ?

MAY : Oui, tout à fait. Ils en ont besoin, puisque justement l’association des parents d’élèves a relevé des situations où les parents ne viennent pas forcément aux réunions, mais des situations difficiles d’élèves qui peuvent venir peut-être sans avoir pris un petit-déjeuner correct, par exemple, ou qui sont dans une situation d’échec scolaire, ou des comportements de violence au sein de l’établissement ou à l’extérieur … Les parents d’élèves sont en demande, mais les professeurs aussi. Donc on peut dire que le bik a pawol est une première étape, qui va cibler les parents d’élèves, mais il y aura une seconde étape avec les professeurs et les élèves. Toujours sous la forme de bik a pawol, pour justement faire circuler librement cette parole, et qu’ils puissent s’exprimer. Ce qui ressort globalement, c’est que ce sont les partenaires et les professeurs, qui ont intérêt à ce que les élèves réussissent ; les parents aussi veulent que leurs enfants réussissent et si toutes ces personnes arrivent à comprendre qu’elles ont le même intérêt, on peut arriver à améliorer la situation, et réduire la violence.

CCN : Est-ce que vous vous déplacez souvent en Guadeloupe pour tenir ce type de conférence / bik a pawol ?

MAY : Il y a toute une série d’actions qui a été initiée au lycée Gerville-Réache à Basse-Terre justement, avec un profil d’élèves qui sont à l’internat. Et donc il y a des thématiques comme l’excellence qui ont été abordées, puisque ce sont des élèves qui sont dans des filières très pointues, par exemple la filière Cambridge, pour l’anglais. Ces élèves peuvent avoir une pression, celle de réussir à tout prix et n’ont pas toujours le soutient nécessaire.

CCN : Vous allez faire une prochaine intervention à Saint-François ?

MAY : Oui, ce sera dans le cadre d’une conférence publique, pour donner des outils sur « comment bien utiliser sa mémoire ».

CCN : Vous sentez que vos auditeurs retirent des informations cruciales pour évoluer ?

MAY : Je n’en suis pas à ma première action, il y a déjà eu des retours de retraités qui ont participé à des ateliers mémoire, par exemple, ou encore à des cours de prévention du vieillissement cérébral à l’Université du Temps Libre, pour bien utiliser la mémoire.

CCN : Et pour les actions basées sur l’éducation ? Quels retours avez-vous eu ?

MAY : De très bons retours. Sur le lycée Gerville-Réache, il y a des élèves qui attendent chaque rendez-vous mensuel avec impatience, et de là je peux repérer quelques élèves en difficulté scolaire. Ca leur a donné envie de s’accrocher pour pouvoir au moins finaliser leur scolarité, et aller plus loin.

CCN : Quels sont les thèmes qui vous intéressent le plus lors de ce type d’interventions ?

MAY : Tout ce qui attrait à la santé en général, la mémoire et les différentes stratégies pour l’améliorer. C’est suffisamment vaste pour toucher un maximum de personne.

CCN : Quels sont les thèmes qui attirent le plus les guadeloupéens ?

MAY : J’ai eu récemment l’occasion de participer au Salon du Jardin. Il y avait beaucoup de personnes sur le « Bien Manger », pour vivre longtemps et en bonne santé. Donc il y a vraiment une préoccupation qui émane de la population, avec des conseils simples, comme « quels aliments choisir », « comment les combiner ». Il y a aussi la mémoire.

CCN : L’éducation un peu moins ?

MAY : Pour l’éducation, on va plutôt rentrer dans des demandes qui émanent des établissements scolaires, pour intervenir à l’intérieur des lycées et collèges, qui ont besoin d’un modèle pour leur donner envie de s’accrocher malgré les difficultés qu’ils peuvent rencontrer.

 

THEMES ABORDES LORS DU BIK A PAWOL - CAPESTERRE BELLE EAU

 

CCN : Comment concilier la vie professionnelle et l’éducation d’un enfant ?

MAY : Souvent, les enfants vivent avec leur mère, dans une famille monoparentale, et donc, cette maman, pour pouvoir assurer la vie quotidienne, les charges et aussi de façon secondaire la réussite des enfants, cela demande de pouvoir concilier à la fois le travail, avec toujours ce rôle de maman.

CCN : Quels conseils donneriez-vous pour concilier ces deux aspects ?

MAY : Que ces parents s’appuient au maximum sur l’équipe scolaire, d’essayer autant que possible de participer aux réunions parents-professeurs et aux différentes manifestations qui sont organisées, et de ne pas hésiter à solliciter une écoute qui est disponible auprès d’un psychologue scolaire. Pour à la fois l’élève et les parents. Les deux marchent ensemble.

CCN : Comment être réceptif à l’adolescent qui grandit ?

MAY : Souvent les élèves ont des qualités, mais les parents n’arrivent pas à les reconnaitre. Déjà en se faisant aider, si un parent se retrouve livré à lui-même, il sera plus en capacité d’être à l’écoute de son enfant.

CCN : Les familles monoparentales sont une généralité en Guadeloupe ?

MAY : Il y a une forte proportion, mais de là à dire que ce soit une généralité … Si on n’est pas dans des cas de séparations ou de divorces, il y a aussi la notion de familles recomposées, c'est-à-dire des enfants qui doivent concilier avec d’autres enfants qui sont issus d’une autre union, avec des relations qui peuvent être plus ou moins bonnes.

CCN : Pour vous, c’est un critère qui favorise l’échec scolaire ?

MAY : Ce n’est pas une fatalité d’être dans une famille monoparentale, mais il est essentiel qu’il y ait un tissu familial qui prenne le relai : cela peut être des grands-parents, des oncles, des tantes ou même peut-être un réseau de voisinage qui joue pour aller chercher l’enfant à l’école ou être présent en cas de difficultés.

CCN : Peut-on parler de tout avec son enfant ?

MAY : En tant que psychologue, il est courant qu’il y ait des non-dits dans les familles, qui vont se répercuter sur la dynamique familiale, sur l’entente … donc il s’agit pour le parent de favoriser autant que possible la communication, sans oublier quand même que c’est un enfant qui est en face, et qu’il y a des mots à utiliser et qu’il y a une maturité qu’il n’a pas encore pour comprendre certaines choses.

CCN : Il y a des choses qu’on ne peut pas dire à un enfant ?

MAY : On peut tout dire avec la communication. Mais c’est dans la manière de le présenter, et le bon moment aussi.

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Alexandra Giraud

Journaliste CCN

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