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Guadeloupe. Mé 67 : entre traumatisme et imperméabilité

02 Jui 2017
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De gauche à droite : Emile Ernatus, George Tarer (témoins de l'événément) et René Belenus (historien) De gauche à droite : Emile Ernatus, George Tarer (témoins de l'événément) et René Belenus (historien) Alexandra Giraud

Pointe-à-Pitre. Vendredi 2 juin 2017. CCN. Deux conférences-débat pour deux lectures de ce « massacre d’Etat commandité ». Mardi et mercredi 31 mai dernier, historiens et témoins se sont respectivement donnés rendez-vous au Mémorial ACTe et au marché de la Darse pour échanger et transmettre au public leurs visions de Mé 67. L’ occasion de saisir et de mémoriser des détails oubliés ou camouflés durant des décennies. Aujourd’hui, le constat reste identique : 50 ans après, le bilan exact et formel de pertes humaines n’est toujours pas établi.

 By Alexandra Giraud


 

Le début de la fin : Rappel des faits

 

Le 20 mars 1967, le propriétaire d’un grand magasin de chaussures à Basse-Terre, Vladimir Snrsky, lâche son berger allemand pour chasser un vieux cordonnier noir handicapé, Raphaël Balzinc, qui installait son étal en face du magasin. Une phrase accompagne cet acte : « Dis bonjour au nègre ! ». Un incident raciste à l’origine d’émeutes et de grèves à Basse-Terre et à Pointe-à-Pitre dans les jours qui suivent. Le préfet Pierre Bolotte fait alors déployer deux escadrons de gendarmerie.

Quelques mois passent. Jusqu’au 24 mai 1967. Jour où les ouvriers du bâtiment se mettent en grève pour obtenir une augmentation de salaire de 2,5% et la parité en matière de droits sociaux. Deux jours plus tard, devant la Chambre de Commerce de Pointe-à-Pitre, des négociations sont en cour entre organisations syndicales et patronales. Suite à la rupture soudaine de ces négociations, il est dit que le représentant du patronat, Georges Brizzard, aurait énoncé durant la réunion « quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ». Jets de grenades, de bouteilles, de verres, de conques de Lambi et autres projectiles envahissent alors les airs de Lapwent, dans le plus grand des fracas. Forces de l’ordre et manifestants s’affrontent violemment. L’assassinat de Jacques Nestor, leader du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG), vient porter le coup de grâce. S’en suivent 3 jours supplémentaires d’émeutes violemment réprimées par les autorités.

 

Emile Ernatus et George Tarer se souviennent du moindre détail

 

Au Mémorial ACTe, la conférence intitulée «les événements de 1967 : quelle lecture peut-on en faire 50 ans après les faits ? » est organisée en partenariat avec la Région Guadeloupe, « pour lutter contre la culture de l’oubli, de l’ignorance et contre l’amnésie collective », selon Georges Bredent, Président de la Commission Culture de l’assemblée régionale.

Emile Ernatus, professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, a vécu Mé 67. Le 26 mai dans l’après-midi, il était à Pointe-à-Pitre. Il nous rapporte l’ambiance dans le bourg ce jour là. A l’époque, il travaillait à Vieux-Habitants en tant qu’instituteur remplaçant. Ses horaires quotidiens : 7 heures – 13 heures. Il quitte Vieux-Habitants après son service, et arrive vers 14h30 aux abords de Pointe-à-Pitre. Vers 15 heures, il est dans le centre-ville. A ce moment là, il entend des détonations. On lui apprend que la grève des ouvriers du bâtiment a donné lieu à des affrontements entre les CRS et les manifestants. En tournant dans les différentes rues de la ville, il s’aperçoit qu’il y a des endroits où la situation est calme, d’autres où il y a des affrontements, notamment dans la rue Frébault, où des jeunes envoient des projectiles. Dans son esprit, un espoir pourtant vain.

 

« Ce n’est pas possible, ça ne peut être que des balles à blanc »

 

 
 

Vers 17 heures, il quitte la ville, et à ce moment là il voit des camions rouges. Il entend à la radio un journaliste dire qu’il y a eu des affrontements à Pointe-à-Pitre, et qu’il y a déjà  un mort et des blessés. Vers 19 heures, il ressort, avec un voisin. Il se dirige vers les faubourgs. En centre-ville, plus rien. Les deux voisins voient alors un couple de jeunes arriver vers eux en leur disant de se cacher. Emile Ernatus se cache dans une petite cours. Il voit ensuite apparaître un gendarme, qui tire, sans le toucher. Il se réfugie chez une dame non loin de là. C’est en sortant, 10 minutes après, de la cours, qu’un gendarme lui tire une balle dans le dos. Balle qui lui traverse la poitrine. C’était un coup à bout portant.

Selon l’analyse du professeur retraité, il y a 3 points clés qui ont favorisé ce climat de tensions. Le conflit très fort entre le camp socialiste, dont le chef de file était l’URSS et le camp occidental, rangé derrière les Etats-Unis. « On était prêts à voir des complots un peu partout ». La rivalité entre la Chine et l’URSS est une réalité aussi, à l’époque. Cela engendre une forte tension entre les partis politiques locaux. Emile Ernatus se souvient aussi des élections de mars 1967. Il y aurait eu des fraudes massives, contribuant à influencer ces événements.  Par ailleurs, la guerre d’Algérie où les autorités françaises ne souhaitaient pas voir se renouveler ce genre d’événements à cette époque. Elles étaient peut-être prêtes à tout pour éviter cela. Enfin, l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, à Cuba, qui a eu une forte influence politique dans toute la Caraïbe.

George Tarer, sage femme retraitée, aujourd’hui militante féministe à l’Union des Femmes Guadeloupéennes, est aussi adjointe au maire de la commune de Pointe-à-Pitre. Elle est ce même jour en service. Un service qui se transforme en cauchemar lorsqu’elle entend « alerte, alerte, on tue des gens ! ». Selon George, il y avait un combat à l’époque : les militants communistes voulaient l’autonomie. La nouvelle vague politique, composée de jeunes gens, voulait l’indépendance. Il y avait une véritable guerre autonomie / indépendance. Les communistes voulaient de l’autonomie. La jeunesse voulait l’indépendance. 1 Guadeloupéen sur 4 votait communiste. Si à l’époque tout le monde s’était mis d’accord sur l’autonomie, ils l’auraient eu.

 

« Il y en avait qui arrivaient morts, d'autres avaient le ventre déchiré »

 

Une attitude chez les Pointois a marqué la sage-femme militante le 26 mai 1967 : « il y avait un tel traumatisme à ce moment là, que les gens avaient perdu la parole ». Une armurerie avait été dévalisée, des jeunes gens jouaient aux « petits soldats ». Les patrouilles qui passaient en ville les tuaient froidement. « J’ai vu des voitures qui flambaient ». La chasse au faciès existait en ce temps là, rappelle-t-elle.

« Nous sommes un peuple qui parle beaucoup », conclut George Tarer sur un ton entendu, lorsqu’elle se remémore cette fameuse phrase « quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ».

 

Pour trouver, il faut commencer par rechercher

 

C’est le travail de René Bélénus, historien. Mardi soir, il est monté au pupitre, pour tenter de répondre à la problématique suivante : « quelle lecture peut-on faire des événements de Mai 67 50 ans après ? »

On ne tire sur des populations civiles qu’en cas de guerre. Sauf que les logiques ne sont plus les mêmes si on est, ou non, en territoire colonial. Mai 67 n’est ni une échauffourée, ni une simple émeute, mais bel et bien une guerre coloniale. Une guerre éclair, de 3 jours, comparable à celle menée par Bonaparte en 1802. A l’époque, De Gaulle cautionne cette guerre. Il confit à l’armée le soin de punir violemment les guadeloupéens non reconnaissants envers la France.

 

« On ne peut que s'indigner de la tournure qu'ont pris les faits ; c'est l'addition d'une foultitude de contextes nationaux, internationaux »

 

Face à la Martinique et à la Guyane, qui ont vécu des événements similaires, la Guadeloupe reste « la plus rebelle », insiste René Bélénus. L’historien s’indigne : « 50 ans après les faits, le pouvoir continue à nous cacher le non avouable ». Dés 1958 sous De Gaulle, il faut être conscient que toute grève est assimilée à une révolte. Il fallait briser dans l’œuf tout risque de contestation.

C’est alors la stratégie de « la carotte et du bâton » qui s’applique. La carotte, c’est la départementalisation adaptée. Le bâton, c’est la nostalgie et l’omniprésence du syndrome algérien.

A noter : à la fin des années 60, le PIB est multiplié par 7. Les équipements collectifs se multiplient. Pointe-à-Pitre fait l’objet de rénovations urbaines, ce qui conduit à la création d’emplois ouvriers. Jamais tensions sociales et agitations politiques ne furent aussi intenses que durant ces années 60. Durant l’année 1967, environ 312000 habitants sont recensés sur l’île. Le taux de chômage se monte à 21%. Il y a une omniprésence d’économie souterraine non quantifiable et de sous emploi endémique. Les émeutes de 1967 ont suscité un bon nombre de commentaires, de journalistes envoyés spéciaux depuis l’hexagone, aux jugements sans ambages.

 

Le GONG, ennemi imaginaire ?

 

 C’est la question que pose René Bélénus. Créé en 1963 à l’initiative d’étudiants français, le GONG reçoit le soutien du FLN (Front de Libération National) algérien. Il y a à l’époque du GONG, une obsession du pouvoir à casser les nationalismes. L’assassinat d’Etat de Jacques Nestor, frappé dans le dos par un CRS, est un symbole pour les autorités françaises de répression, puisque « Jaki », comme ses amis aimaient à l’appeler, était un des principaux leaders du mouvement qui se proclamait publiquement indépendantiste. L’assassinat de Jacques Nestor près du Marché de la Darse, militant aujourd’hui figure emblématique de Mé 67 auprès des guadeloupéens, est un sujet qui fait polémique. Comment a-t-il été assassiné ? René Bélénus affirme avoir vu le rapport d’autopsie. Rapport indiquant que le trou de la balle qui a traversé la fesse de l’homme était petit dans le dos, et éclaté sur le devant du corps, près du ventre. La théorie avance donc que Jacques Nestor aurait été assassiné dans le dos.

 

 

Le peuple guadeloupéen a rendez-vous avec son histoire : la commission Stora a rendu ses conclusions 

 

La commission Stora, présidée par Benjamin Stora, avait pour mission d’approfondir les recherches historiques concernant les événements de 1959 en Martinique, de 1962 en Guadeloupe et en Guyane et de 1967 en Guadeloupe.

Michelle Zancarini-Fournel, membre de cette Commission, est professeur d’histoire à l’Université Lumière de Lyon. Elle était sur place en Guadeloupe mercredi soir, à la conférence donnée au Marché de la Darse, lieu qui l’a particulièrement ému, puisqu’ adjacent à l’endroit où Jacques Nestor tomba le 26 mai 1967. Elle était ci pour présenter les conclusions de la « Commission de recherches historiques sur les événements de mai 67 » au peuple guadeloupéen (conclusions commission Stora : http://la1ere.francetvinfo.fr/commission-stora-evenements-1959-martinique-1962-guadeloupe-guyane-1967-guadeloupe-remis-son-rapport-419137.html)

Mercredi soir, devant une assemblée venue assister nombreuse à la conférence, elle précise que 3 personnes ont travaillé sur les archives, sur dérogations pour pouvoir consulter ces archives, puisqu’elle ne seront ouvertes au public qu’en fin d’année en vertu de la loi patrimoine. La commission a tenté de faire un état précis des événements tels qu’ils étaient décrits dans les archives de l’Etat pour tendre vers un récit aussi véridique que possible. 

 

« Nous avons pu avancer un certain nombre de choses  »

 

Notamment le lien entre les événements de mars à Basse-Terre et les événements de mai à Pointe-à-Pitre, ou encore le rôle moteur du GONG démenti dans ces événements. Or, cette implication du mouvement aura été appuyée jusqu’à la fin par le préfet Pierre Bolotte. La police elle-même avait démenti ces retombées.

Quatre types de forces de l’ordre étaient présentes : la police locale, les CRS, la gendarmerie mobile de la Légion de Guadeloupe et la Gendarmerie Mobile (surnommée « les pumas ») qui venaient de France. Les pumas ont eu un rôle important. Ils sont restés plusieurs mois à Basse-Terre. Ils revendiquaient leur retour en métropole, qu’on leur accorde la veille de la fête des mères. L’armée ne pouvait pas intervenir dans le maintien de l’ordre. Sa mission s’arrêtait au contrôle de points spécifiques.

 

Qui a tué Nestor ?

 

Michelle Zancarini-Fournel a son hypothèse là-dessus. On sait que le commandement, jusqu’à 16 heures, était assuré par le commissaire central de Pointe-à-Pitre, sur décision du sous-préfet. Le préfet Pierre Bolotte a repris le commandement après 16 heures, après la mort de Jacques Nestor. Le commissaire, qui avait un contentieux avec Jacques Nestor, aurait peut-être donné l’ordre de tirer sur ce dernier.

A aucun moment dans les archives on ne trouve de descriptif à partir du moment où les forces de l’ordre ont commencé à tirer. Il n’y a non plus aucune comptabilisation des armes et munitions dépensées, aucun cahier temporel des événements, minute par minute.

Il faut savoir que Jacques Nestor est le seul nom apparaissant dans les archives. D’où l’amer atmosphère de déception planant sous la ferraille du Marché de la Darse mercredi soir lors de la conférence. Beaucoup attendaient la commission au tournant, mais à ce jour, toujours aucune estimation précise des morts.

 

« On n'a aucune preuve pour dire qu'il y a eu 15, 20 ... ou même jusqu'à 200 morts comme on a pu l'entendre »

 

Une centaine de blessés aurait été dénombrée. Paradoxalement, on connait par contre tous les détails sur les morts et blessés du côté de l’administration (fonctionnaires, forces de l’ordre). 

Et l’historienne de conclure : « il ya avait une peur de la répression terrible ». « Une chape de plomb s’est abattue sur la région ».

 

Le reste de la Caraïbe : un modèle pour la Gwadloup ?

 

Eric Nabajoth, maître de conférences en sciences politiques et spécialiste des relations dans la Caraïbe, a répondu devant l’assemblée à plusieurs questions touchant à la géopolitique caribéenne dans les années 50 et 60.

-       Y a-t-il un équivalent de mai 67 dans le reste de la Caraïbe ?

La géopolitique de la Caraïbe est au cœur de deux systèmes Nord-Sud : toute une série de pays sous domination coloniale. Tous ces Etats sont tributaires des Etats-Unis. La Caraïbe est aussi au cœur d’une problématique Est-Ouest.

A cette époque, on organise une sorte de condominium pour la gestion à travers les organisations, qui représentent les puissances coloniales. Une sorte de stratégie d’organisation des indépendances, en particulier pour les pays anglophones, avec l’idée d’organiser une indépendance collective : d’où la création des « West Indies ». Cette fédération ne fonctionne que 4 ans : de 1958 à 1962. Il y a une trop grande opposition entre les grands et les petits Etats. On entre alors rapidement dans un processus d’indépendance individuelle.

 

« On se fait beaucoup d'illusions sur la connaissance des Caraïbes par les militants »

 

En effet, la télévision arrive en Guadeloupe en 1964. En 1965, seulement 200 postes TV sont répertoriés à la Guadeloupe et à la Martinique. Mais à l’époque : les gens écoutaient la radio, en « tournant les boutons ». C’était davantage une connaissance de la Caraïbe par la culture. Dans la période des années 60, il y a une distanciation extrêmement importante.

-       Il n’y a donc pas de lien direct entre la géopolitique de la Caraïbe et les événements de mai 67 ?

La révolution cubaine de 1959 est habituellement citée. La Caraïbe était au cœur de la problématique Est-Ouest, car on était en pleine guerre froide. Les puissances extérieures observaient tout ce qu’il se passait. Il y avait une compétition qui s’engageait entre les organisations mondiales syndicales, pour contrôler les petits syndicats qui se développaient dans la Caraïbe et éviter qu’ils ne deviennent trop progressistes. En ce qui concerne la démarche des puissances coloniales, on sait que la France jouait la stratégie de l’intégration. La Grande Bretagne fonctionnait différemment.

 

L’obsession cubaine

 

Julien Merion, président de l’association Contacts et Recherches Caraïbe (Coreca), aussi chargé d’enseignement à l’Université des Antilles, est spécialisé dans les questions institutionnelles et politiques, et dans l’intégration dans la Caraïbe. Il répond notamment à des questions touchant à la révolution cubaine de 1959 lors de cette conférence pointoise.

-       Le Mouvement patriotique du GONG ?

Cette histoire commence en 1965. Lorsque la décision est prise d’organiser la conférence tricontinentale à La Havane de Cuba. La France a une attitude extrêmement déplaisante par rapport à cela, dans la mesure où le président de cette conférence est assassiné par les services secrets français. La délégation est composée de 3 personnes de Paris, et d’un délégué de Guadeloupe.

« Il y a une sorte de victoire diplomatique du GONG ». Le GONG réussi à faire passer ses thèses. On a l’œil sur ceux qui peuvent prétendre représenter Cuba.

-       Le gouvernement français avait-il peut d’une « MST cubaine » ?

Le préfet Pierre Bolotte sentait une menace directe de la conférence tricontinentale contre les départements français. « Je reviens avec l’idée que Cuba manœuvre », déclarait le haut fonctionnaire. Cela va largement contribuer à mobiliser les forces de répression.

 

« Il y a une obsession cubaine à ce moment là »

 

-       Mai 67 est-il la fin d’un rêve ou d’un cauchemar ?

Un certain nombre de guadeloupéens ont séjourné à Cuba. Ils avaient besoin de l’appui de la révolution cubaine. Cette révolution est un rêve, une utopie, mais c’est aussi une opportunité : on y croit. Le rêve des pruneaux ne s’en est pas allé.

 

« Mai 67 est une étape, un moment important de notre histoire, qui conduit à une forme de réorientation politique »

 

Il y a toute une génération qui se trouve dans la résonnance de mai 67, et qui va contribuer à organiser l’émergence patriotique.

 

La femme de « Kiki » raconte la mort de son époux

 

Madame Jacqueline, née Baltide, devient l’épouse de Jacques Nestor en 1966. Un an de mariage seulement.

Ce jour là, elle se trouvait dans un examen, en tant qu’enseignante. « Il travaillait toujours sur ses bateaux, sa pêche » : elle pensait qu’il était à Lauricisque. A midi, elle ne le voit pas. Elle remarque un mouvement sur la Place de la Victoire, en allant manger chez sa mère, où elle était toujours invitée avec Jacques. La réunion devant la Chambre de Commerce avait mal tourné suite à la rumeur qui s’était répandue face aux paroles prononcées par Georges Brizzard. « C’est mal connaitre les guadeloupéens et leur orgueil » : la bagarre a tout de suite éclaté, se souvient-elle.

On lui annonce alors qu’on a emmené Jacques à l’hôpital. Sur place, le frère du militant, qui découvre en premier le corps sans vie. Puis Jacqueline, qui comprend, et suit le chariot jusqu’à la morgue. Une nuit passée ensuite à organiser un enterrement auquel peu de personne se rendront. Les forces de l’ordre les ont laissé passer sans contester.

 

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Alexandra Giraud

Journaliste CCN

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