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Danik I. Zandwonis

Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

82 candidats et une abstention qui touche les 80 %, c’est la réponse somme toute logique d’un électorat qui se révolte contre ses élus. Il se révolte car il est plus que saturé par ces élections à répétition qui, dans le fond, ne changent en rien le paysage socio-économique du pays. C’est cela la réalité.

Il y a bien longtemps que les électeurs guadeloupéens ne marchent plus au son des trompettes de nos hommes politiques qui sont, eux, restés scotchés au vieux schéma d’antan. Les réseaux sociaux bien que hyper-utilisés, ont tout de même contribué à modifier la donne. Mais d’un autre côté, et c’est le revers de la médaille, les candidats-WhatsApp qui ont cru qu’il suffisait de poster une image, une déclaration ou une intox toutes les 5 minutes pour convaincre les électeurs, ont donc compris qu’un community manager ne fait pas gagner une élection. Pour la com’, tout est donc à revoir !

80 % d’abstention ? Oui, car quand on totalise les abstentionnistes, les bulletins blancs et qu’on y ajoute la masse des non-inscrits, on s’aperçoit que les élus, même quand ils sont soit-disant « bien élus », ne sont plus guère représentatifs de la majorité du peuple… des électeurs. On ne le dit pas assez mais c’est ce qui se passe depuis des années, à chaque élection, est très grave car le divorce entre la classe politique et élus est récurrent, le désintérêt marqué pour la participation au soit-disant « jeu démocratique » est le signe d’un profond malaise. 

Les chiffres sont cruellement éloquents. Pour être qualifié pour le second tour, la loi électorale française dit qu’il faut rassembler sur son nom un minimum de 12,5 % des inscrits. 

Hélène Vainqueur arrive péniblement à 9,97 %, Justine Benin se traîne à 5,22 %, même en additionnant les scores de Nestor Luce – l’inconnu de la 3e circonscription (3,13%) et ceux de Max Mathiasin (2,74%), ces deux candidats « qualifiés » restent très loin des 12,5 %.

Olivier Serva, le mieux loti, ne fait lui que 10,82 %. Ces résultats chiffrés sont un véritable désastre pour une classe politique qui reste autiste et peu enclin à se remettre en question.

Warren Chingan et Rony Beral sont tous deux candidats aux élections législatives françaises. D’un point de vue strictement privé, ces deux garçons sont des citoyens français, ils ont donc le droit de vouloir  décrocher un fauteuil à l’assemblée nationale française. Ils ont le droit de rêver de réussir là où des dizaines de députés ont échoué : donner un sens à la députation coloniale dans les travées de l’hémicycle français. Personne ne peut leur contester valablement cette ambition. Que cela soit bien clair et dit une fois pour toutes.

Warren Chingan et Rony Béral sont tous deux journalistes de RCI, la radio écoutée par près d’un Guadeloupéen sur deux. Question influence sur l’opinion, ce n’est pas rien comparativement aux 80 autres candidats à cette même élection. Un électeur sur deux de la 2e circonscription de Guadeloupe a eu l’occasion un matin en allumant sa radio d’entendre ces deux confrères-candidats archi-connus.

Warren Chingan et Rony Béral, qu’on le veuille ou non, ont dès le départ de la campagne, bien quelques longueurs d’avance sur leurs adversaires qui eux, ont dû ramer pour se faire connaître et entendre. Mais aucune loi française n’interdit aux hommes de médias de briguer un mandat électoral. Alors, bien-sûr, quand en Guadeloupe, pays où tout est permis ou presque, cette info est tombée, elle n’a été nulle part commentée. Silence radio total et omerta si besoin.

Daniel Marival et Thierry Fundéré, respectivement le directeur et le rédacteur en chef de la station, contactés par CCN, ont préféré n’avoir « rien à dire », no comment ! On comprend leur extrême embarras. Ils craignent en donnant une opinion positive ou négative, de peser dans un sens ou dans l’autre. On peut le dire ainsi, même si on est moyennement convaincu par cette neutralité plus que bienveillante.

Selon le dictionnaire français « Petit Robert : Massacre : « action de tuer une quantité de gibier » 

Toujours selon le Petit Robert Massacrer : Tuer avec sauvagerie et en masse, des êtres qui ne peuvent pas se défendre »

La Commission Stora sur les événements de 1959 en Martinique, de 1962 en Guadeloupe et en Guyane, et de 1967 en Guadeloupe, » a remis son rapport en novembre dernier. (2016)

Ce rapport qui est le résultat du travail de quelques historiens et autres personnalités commencé en 2014 s’intitule très officiellement (P 57)

« Le massacre de mai 67 Pointe à Pitre (Guadeloupe) « cela signifie que l’état français, qui a produit ce rapport a intégré le fait qu’il bien d’un massacre. 

Et pourtant sans l’ombre d’un doute, Jean-Pierre Sainton ( co-auteur avec l’historien patriote Raymond Gama de l’ouvrage « Mé 67, Mémoire d’un événement » publié en 1983 ) a affirmé lors d’une conférence faite le 27 avril 2017, qu’il n’y avait eu que 8 morts en 1967 !  

Cette révélation aussi surprenante que tardive et incompréhensible a jeté un émoi dans toute la Guadeloupe. les reseaux sociaux se sont enflammés 

On s’est alors demandé avec raison pourquoi Sainton avait-il publiquement et soudainement « sorti » un tel chiffre ? Pourtant en 2009 sur France 2, Jean-Pierre Sainton auteur de " Mé 67 ", Mémoire d’un événement et interviewé dans l'émission de France 2 Complément d'enquête du 9 mars 2009 fait un bilan de plusieurs dizaines de morts, par recoupements des témoignages. Il montre en outre un télégramme, envoyé par la préfecture au moment des évènements, admettant la possibilité de victimes non déclarées en sus de 7 victimes certaines. »

En décembre  2015, Ary Chalus, dans un registre pas trop éloigné du nouveau président de la République française « ni gauche ni droite », étrillait Victorin Lurel et s’emparait du fauteuil de président de La Région Guadeloupe. Woulo bravo ! Un coup d’essai mais un coup de maître pour cet homme politique que Lurel avait  totalement sousestimé en ne voyant pas poindre  à l’horizon  son  déclin politique . Oui, c’est bien d’un déclin qu’il s ‘agit pour celui qui fut, dit–on  le  grand metamannyok de 2003 à 2015.

À peine cette « présidentielle» version gwada achevée que nos hommes politiques se « mobilisaient » déjà  pour les prochaines consultations françaises. Nous étions qu’en début d’année 2016 que déjà certains comme Olivier Serva, Dominique Théophile, Sonia Petro, Hughes Ramdini, Justine Benin et Max  Mathiasin parmi les plus emblématiques, commençaient à regarder du côté des élections législatives. Curieusement, les députés en place mais en fin de cycle, Victorin Lurel, Eric Jalton,  Gabrielle Carabin et Ary Chalus, ne  donnaient  aucun signe, aucune consigne.

Ce vrai « faux  suspense » a duré pratiquement toute l’année 2016 mais cela  n’a en rien empêché les  grandes manœuvres pré-électorales.

Ainsi Ary Chalus s’est considérablement «  rapproché » de Guadeloupe Unie Socialisme et Réalités (GUSR) des Larifla-Losbar. Le GUSR  qui s’est  d’ailleurs  empressé  plus  tard  de sucrer le mot « socialisme » de son identité et de son ADN. Philippe  Ramdini lui, décide de lâcher le PS et Lurel. Dominique Théophile  annonce très tôt (trop ?) sa candidature future aux régionales. Il sera disqualifié. Olivier  Serva organise à tour de bras des « midi minuit » aux Abymes qu’il considère être comme sa terre  d’élection. A Basse Terre, Sonia Petro  commence à prendre ses distances vis à vis de Marie Luce Penchard (MLP). Elles se détestent mais du fait qu’elles sont  toujours théoriquement dans la même famille politique, elles  tentent en public de donner le change car les primaires de la droite et du  centre sont à l’horizon 2017. Au bout du compte, Sonia Petro s’en ira. Mauvais coup pour MLP.  Les municipales de 2020 se préparent déjà et  l’avenir s’assombrit pour MLP. En  aout 2016, Emmanuel Macron qu’on croyait  être le «  dauphin » de François Hollande quitte subitement  le navire  gouvernemental et se met en marche. Lurel est perdu, pris à contre-pied. Une fois de plus il n’avait prévu le coup, lui qui espérait une candidature Hollande pour se  refaire une santé en Guadeloupe.

Depuis le 1er tour, et le vote pour Le Pen, nos politiques ont fait l’impasse sur l’analyse des résultats : RAS ? Voilà qu’un appel signé par plus d’une vingtaine de nos chers élus : appel à un meeting contre le racisme… et donc à voter Macron. Ceux qui n'ont pas a signés sont-ils pro Le Pen? Je suis persuadé que nos chers élus ne sont ni bêtes ni naïfs. Ils savent comme vous et moi que l’élection du prochain président français pas d’avantage que les précédents Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, n’est pas la panacée aux problèmes récurrents de notre pays. Nos élus sont, je ne doute pas d’une grande lucidité, ils ont déjà tout vu tout vu, toit essayé, rien ne marche : Plus 40 % de notre peuple est  au chômage, les jeunes de moins 25 ans ils sont 56%. D’une manière générale mais inacceptable, nos jeunes mêmes diplômés sont à la rue

Plus simple, à résoudre la question de l’eau est toujours insoluble ; les déchets sont mal… traités, La filière canne est à vau l’eau. La violence l’insécurité. Les maladies cardio vasculaires, le diabète, progressent. Bref rien ne va. Nos chers élus, ont donc réussi à faire une liste commune non pas pour la Guadeloupe mais pour… soutenir Macron le nouveau papa blanfwans, qui pourrait s’il est élu mettre le pays en ordre de marche. On  rêve encore. L’an dernier en Février 2016, je me demandais s’il ne fallait pas plutôt penser a sortir la Guadeloupe du système franco européen, c’est cet édito à peine remixé que je re sors. Triste constat : ce que j’ai écrit il y a un an est toujours d’actu ( mercredi 3 mai 2017) 

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