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Danik I. Zandwonis

Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

By Danik Ibrahim Zandwonis

C’est sûr que c’est le genre de sujet qu’on évite d’aborder parce que dès que dans la colonie on traite des rapportes entre les blanfwans et les Guadeloupéens natifs, on est irrémédiablement taxé de « raciste », de xénophobe, etc. Qu’importe ! Il n’y a pas pour nous de sujet tabou. La réalité de la Guadeloupe est bien celle que nous vivions au quotidien et qui se comprend par notre histoire tragique ou par le tragique de notre histoire.

Bref rappel

Notre pays a été jadis peuplé par les kalinas-améridiens. Les européens qui « débarquent » pour coloniser l’île au début du 16e siècle, commencent par massacrer les premiers habitants. C’est un génocide et il reste impuni. Puis ces européens organisent à leur profit la traite négrière et l’esclavage. Cela va durer près de 3 siècles.

Après la soit-disant « abolition » de l’esclavage en 1848, ces franco-européens qui ont toujours besoin d’une main d’oeuvre, sinon servile mais à bon marché, importent du continent indien des « coolies ». En 1854, l’Aurélie débarque en Guadeloupe, le premier contingent d’indiens. Ils seront tout aussi maltraités que les anciens nègres arrachés en Afrique.

Pendant la période de colonisation sauvage, les premiers blanfwans, qu’on désignait par le terme « engagés » ou « 36 mois » débarquent aux Antilles. Ils sont pour certains des « mauvais sujets », parfois des délinquants, des repris de justice, des prostituées ramassées sur les ports français pour venir « s’installer » dans ces terres fraîchement colonisées. Ils n’ont pas à l’époque de noms à particules ou pas encore et encore moins de sang bleu et pour cause ! En 1656, une vingtaine d’années après le début de la colonisation française, on dénombre près de 12 000 blanfwans en Guadeloupe contre à peine 3 000 nègres. Vers 1848, selon les historiens de l’époque, les chiffres s’inversent. On recense plus de 87 000 nègres contre à peine 9 700 colons blanfwans.

Aujourd’hui qu’est ce qui a changé ?

La Guadeloupe a déjà connu toutes les appellations contrôlées : colonie, DOM, Région, RUP, DROM mais dans le fond et dans la forme, cette île est encore et toujours une colonie française. Sur le plan politique, c’est toujours à Paris que se prennent les décisions majeures souvent totalement inadaptées à notre réalité.

Au plan économique, en dépit de la naissance depuis peu d’une petite et moyenne bourgeoisie guadeloupéenne, ce sont les descendants des colons et leur concurrents les néo-blanfwans qui ont la mainmise sur toute l’économie du pays.

Dans les administrations, les diplômés guadeloupéens doivent se battre pour arracher un poste et parfois, ironie de l’histoire, aliénation ou auto-flagellation, on trouve des Guadeloupéens natifs ayant un peu de pouvoir et qui se plaisent à « couper et hacher » en pratiquant le « fannkyou », les coups bas à l’égard de leurs compatriotes, oublieux de leurs propres origines.

Sur le plan du peuplement, une grande majorité des blanfwans installés ici, ont choisi le communautarisme. Ils vivent souvent reclus dans des « résidences » où il ne fait pas toujours bon d’être guadeloupéen natif. Ces blanfwans ne participent en rien à la vie du pays, sinon, pour profiter des avantages fiscaux ou salariaux. Et même après des années de présence, ils se refusent à parler créole, à écouter la musique du pays.

Qui a déjà vu un couple de blanfwans dans un zouk ?

Participer à une fetkomin (fête patronale), à un lewoz (veillée de gwoka) ou à un sanblanni (cérémonie religieuse hindoue) ? Les blanfwans sont aux abonnés absents dans ces lieux festifs où peuvent se nouer aisément des rapports non conflictuels. Ils sont étrangers au pays et font tout pour demeurer étrangers à notre culture. Ils ne veulent donc pas se « mélanger » à la vie des « neg Gwadloup ».

Cette « distance » est-elle une forme suprême du mépris , une volonté de marquer leur différence tout en affichant des airs « supérieurs » ?

Certains sociologues nous disent qu’il y a en permanence entre colonisé et blanfwans, une sorte de « choc culturel » dans la colonie. Ne faut-il pas le transcender ? D’autres de façon plus prosaïque vous diront que c’est le « complexe normal » de supériorité du Français dans son rapport avec les indigènes qui (re)surgit dès que le Français vit dans la colonie. Le blanfwans vivant en Guadeloupe, tout en refusant de s’impliquer dans la vie du pays, se considère comme chez lui. Il ne faut surtout pas, au risque de le vexer durablement, dire de lui qu’il est un Français ; non, il est LE « métropolitain », et nous sommes donc ses indigènes, comme au bon temps de la colonisation sauvage !

À bien regarder et à bien des égards, cette situation s’apparente à un « apartheid » silencieux et qui ne dit pas son nom, car pour des raisons de commodité, au nom d’un « pseudo-bien-vivre-ensemble », on préfère de part et d’autres, faire l’autruche.

Alors, quand au hasard d’un mouvement social, d’un fait banal dans la rue ou au bureau, toutes les frustrations et les rancoeurs générées par la vie dans la colonie remontent à la surface d’un seul coup, tout s’enflamme ! Le blanfwans devient « l’ennemi » et le Guadeloupéen le « sale nègre » ingrat qui doit « tant à la France ».

Il y eut en mai 1967 ce qui s’apparenta à une chasse aux blanfwans dans les rues de Basse-Terre mais bien avant, nos parents et grand-parents nous ont conté l’affaire Dietrich, ce Français raciste qui s’est fait lyncher par un peuple en colère.

En juillet 1985, l’affaire Faisans est aussi le résultat d’un acte raciste. Le coup de pied d’un prof blanfwans à l’endroit d’un jeune élève guadeloupéen enflamma la Guadeloupe après que Georges Faisans, militant nationaliste eut décidé de venger le geste infâme de l’enseignant blanfwans.

Une simple étincelle peut mettre le feu car dans la colonie, la tension est latente. On sait pourquoi et à cause de qui… Et pourtant, dès les premiers temps de la colonisation, à la Guadeloupe, à la Martinique, nègres et blancs prennent l’habitude de se côtoyer, certes souvent dans un rapport dominant/dominé mais ils se connaissent.

Pourquoi alors les blanfwans continuent-ils près de 4 siècles après, de se croire en position d’être supérieurs ? N’ont-ils pas compris que c’est cette attitude qui est source de conflits et qui peut encore allumer des incendies ? Le peuple guadeloupéen, n’est-il pas déjà dans sa diversité le résultat de tous les mélanges possibles et même inimaginables entre amérindiens, africains, indiens et européens occidentaux ? N’est-ce pas cela l’avenir ? Et puis, il faut le dire, tous les blanfwans et c’est heureux, ne sont pas colonialistes. C’est peut-être ce qui nous autorise à garder espoir... 

82 candidats et une abstention qui touche les 80 %, c’est la réponse somme toute logique d’un électorat qui se révolte contre ses élus. Il se révolte car il est plus que saturé par ces élections à répétition qui, dans le fond, ne changent en rien le paysage socio-économique du pays. C’est cela la réalité.

Il y a bien longtemps que les électeurs guadeloupéens ne marchent plus au son des trompettes de nos hommes politiques qui sont, eux, restés scotchés au vieux schéma d’antan. Les réseaux sociaux bien que hyper-utilisés, ont tout de même contribué à modifier la donne. Mais d’un autre côté, et c’est le revers de la médaille, les candidats-WhatsApp qui ont cru qu’il suffisait de poster une image, une déclaration ou une intox toutes les 5 minutes pour convaincre les électeurs, ont donc compris qu’un community manager ne fait pas gagner une élection. Pour la com’, tout est donc à revoir !

80 % d’abstention ? Oui, car quand on totalise les abstentionnistes, les bulletins blancs et qu’on y ajoute la masse des non-inscrits, on s’aperçoit que les élus, même quand ils sont soit-disant « bien élus », ne sont plus guère représentatifs de la majorité du peuple… des électeurs. On ne le dit pas assez mais c’est ce qui se passe depuis des années, à chaque élection, est très grave car le divorce entre la classe politique et élus est récurrent, le désintérêt marqué pour la participation au soit-disant « jeu démocratique » est le signe d’un profond malaise. 

Les chiffres sont cruellement éloquents. Pour être qualifié pour le second tour, la loi électorale française dit qu’il faut rassembler sur son nom un minimum de 12,5 % des inscrits. 

Hélène Vainqueur arrive péniblement à 9,97 %, Justine Benin se traîne à 5,22 %, même en additionnant les scores de Nestor Luce – l’inconnu de la 3e circonscription (3,13%) et ceux de Max Mathiasin (2,74%), ces deux candidats « qualifiés » restent très loin des 12,5 %.

Olivier Serva, le mieux loti, ne fait lui que 10,82 %. Ces résultats chiffrés sont un véritable désastre pour une classe politique qui reste autiste et peu enclin à se remettre en question.

Warren Chingan et Rony Beral sont tous deux candidats aux élections législatives françaises. D’un point de vue strictement privé, ces deux garçons sont des citoyens français, ils ont donc le droit de vouloir  décrocher un fauteuil à l’assemblée nationale française. Ils ont le droit de rêver de réussir là où des dizaines de députés ont échoué : donner un sens à la députation coloniale dans les travées de l’hémicycle français. Personne ne peut leur contester valablement cette ambition. Que cela soit bien clair et dit une fois pour toutes.

Warren Chingan et Rony Béral sont tous deux journalistes de RCI, la radio écoutée par près d’un Guadeloupéen sur deux. Question influence sur l’opinion, ce n’est pas rien comparativement aux 80 autres candidats à cette même élection. Un électeur sur deux de la 2e circonscription de Guadeloupe a eu l’occasion un matin en allumant sa radio d’entendre ces deux confrères-candidats archi-connus.

Warren Chingan et Rony Béral, qu’on le veuille ou non, ont dès le départ de la campagne, bien quelques longueurs d’avance sur leurs adversaires qui eux, ont dû ramer pour se faire connaître et entendre. Mais aucune loi française n’interdit aux hommes de médias de briguer un mandat électoral. Alors, bien-sûr, quand en Guadeloupe, pays où tout est permis ou presque, cette info est tombée, elle n’a été nulle part commentée. Silence radio total et omerta si besoin.

Daniel Marival et Thierry Fundéré, respectivement le directeur et le rédacteur en chef de la station, contactés par CCN, ont préféré n’avoir « rien à dire », no comment ! On comprend leur extrême embarras. Ils craignent en donnant une opinion positive ou négative, de peser dans un sens ou dans l’autre. On peut le dire ainsi, même si on est moyennement convaincu par cette neutralité plus que bienveillante.

Selon le dictionnaire français « Petit Robert : Massacre : « action de tuer une quantité de gibier » 

Toujours selon le Petit Robert Massacrer : Tuer avec sauvagerie et en masse, des êtres qui ne peuvent pas se défendre »

La Commission Stora sur les événements de 1959 en Martinique, de 1962 en Guadeloupe et en Guyane, et de 1967 en Guadeloupe, » a remis son rapport en novembre dernier. (2016)

Ce rapport qui est le résultat du travail de quelques historiens et autres personnalités commencé en 2014 s’intitule très officiellement (P 57)

« Le massacre de mai 67 Pointe à Pitre (Guadeloupe) « cela signifie que l’état français, qui a produit ce rapport a intégré le fait qu’il bien d’un massacre. 

Et pourtant sans l’ombre d’un doute, Jean-Pierre Sainton ( co-auteur avec l’historien patriote Raymond Gama de l’ouvrage « Mé 67, Mémoire d’un événement » publié en 1983 ) a affirmé lors d’une conférence faite le 27 avril 2017, qu’il n’y avait eu que 8 morts en 1967 !  

Cette révélation aussi surprenante que tardive et incompréhensible a jeté un émoi dans toute la Guadeloupe. les reseaux sociaux se sont enflammés 

On s’est alors demandé avec raison pourquoi Sainton avait-il publiquement et soudainement « sorti » un tel chiffre ? Pourtant en 2009 sur France 2, Jean-Pierre Sainton auteur de " Mé 67 ", Mémoire d’un événement et interviewé dans l'émission de France 2 Complément d'enquête du 9 mars 2009 fait un bilan de plusieurs dizaines de morts, par recoupements des témoignages. Il montre en outre un télégramme, envoyé par la préfecture au moment des évènements, admettant la possibilité de victimes non déclarées en sus de 7 victimes certaines. »

En décembre  2015, Ary Chalus, dans un registre pas trop éloigné du nouveau président de la République française « ni gauche ni droite », étrillait Victorin Lurel et s’emparait du fauteuil de président de La Région Guadeloupe. Woulo bravo ! Un coup d’essai mais un coup de maître pour cet homme politique que Lurel avait  totalement sousestimé en ne voyant pas poindre  à l’horizon  son  déclin politique . Oui, c’est bien d’un déclin qu’il s ‘agit pour celui qui fut, dit–on  le  grand metamannyok de 2003 à 2015.

À peine cette « présidentielle» version gwada achevée que nos hommes politiques se « mobilisaient » déjà  pour les prochaines consultations françaises. Nous étions qu’en début d’année 2016 que déjà certains comme Olivier Serva, Dominique Théophile, Sonia Petro, Hughes Ramdini, Justine Benin et Max  Mathiasin parmi les plus emblématiques, commençaient à regarder du côté des élections législatives. Curieusement, les députés en place mais en fin de cycle, Victorin Lurel, Eric Jalton,  Gabrielle Carabin et Ary Chalus, ne  donnaient  aucun signe, aucune consigne.

Ce vrai « faux  suspense » a duré pratiquement toute l’année 2016 mais cela  n’a en rien empêché les  grandes manœuvres pré-électorales.

Ainsi Ary Chalus s’est considérablement «  rapproché » de Guadeloupe Unie Socialisme et Réalités (GUSR) des Larifla-Losbar. Le GUSR  qui s’est  d’ailleurs  empressé  plus  tard  de sucrer le mot « socialisme » de son identité et de son ADN. Philippe  Ramdini lui, décide de lâcher le PS et Lurel. Dominique Théophile  annonce très tôt (trop ?) sa candidature future aux régionales. Il sera disqualifié. Olivier  Serva organise à tour de bras des « midi minuit » aux Abymes qu’il considère être comme sa terre  d’élection. A Basse Terre, Sonia Petro  commence à prendre ses distances vis à vis de Marie Luce Penchard (MLP). Elles se détestent mais du fait qu’elles sont  toujours théoriquement dans la même famille politique, elles  tentent en public de donner le change car les primaires de la droite et du  centre sont à l’horizon 2017. Au bout du compte, Sonia Petro s’en ira. Mauvais coup pour MLP.  Les municipales de 2020 se préparent déjà et  l’avenir s’assombrit pour MLP. En  aout 2016, Emmanuel Macron qu’on croyait  être le «  dauphin » de François Hollande quitte subitement  le navire  gouvernemental et se met en marche. Lurel est perdu, pris à contre-pied. Une fois de plus il n’avait prévu le coup, lui qui espérait une candidature Hollande pour se  refaire une santé en Guadeloupe.

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