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Danik I. Zandwonis

Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Selon le dictionnaire français « Petit Robert : Massacre : « action de tuer une quantité de gibier » 

Toujours selon le Petit Robert Massacrer : Tuer avec sauvagerie et en masse, des êtres qui ne peuvent pas se défendre »

La Commission Stora sur les événements de 1959 en Martinique, de 1962 en Guadeloupe et en Guyane, et de 1967 en Guadeloupe, » a remis son rapport en novembre dernier. (2016)

Ce rapport qui est le résultat du travail de quelques historiens et autres personnalités commencé en 2014 s’intitule très officiellement (P 57)

« Le massacre de mai 67 Pointe à Pitre (Guadeloupe) « cela signifie que l’état français, qui a produit ce rapport a intégré le fait qu’il bien d’un massacre. 

Et pourtant sans l’ombre d’un doute, Jean-Pierre Sainton ( co-auteur avec l’historien patriote Raymond Gama de l’ouvrage « Mé 67, Mémoire d’un événement » publié en 1983 ) a affirmé lors d’une conférence faite le 27 avril 2017, qu’il n’y avait eu que 8 morts en 1967 !  

Cette révélation aussi surprenante que tardive et incompréhensible a jeté un émoi dans toute la Guadeloupe. les reseaux sociaux se sont enflammés 

On s’est alors demandé avec raison pourquoi Sainton avait-il publiquement et soudainement « sorti » un tel chiffre ? Pourtant en 2009 sur France 2, Jean-Pierre Sainton auteur de " Mé 67 ", Mémoire d’un événement et interviewé dans l'émission de France 2 Complément d'enquête du 9 mars 2009 fait un bilan de plusieurs dizaines de morts, par recoupements des témoignages. Il montre en outre un télégramme, envoyé par la préfecture au moment des évènements, admettant la possibilité de victimes non déclarées en sus de 7 victimes certaines. »

En décembre  2015, Ary Chalus, dans un registre pas trop éloigné du nouveau président de la République française « ni gauche ni droite », étrillait Victorin Lurel et s’emparait du fauteuil de président de La Région Guadeloupe. Woulo bravo ! Un coup d’essai mais un coup de maître pour cet homme politique que Lurel avait  totalement sousestimé en ne voyant pas poindre  à l’horizon  son  déclin politique . Oui, c’est bien d’un déclin qu’il s ‘agit pour celui qui fut, dit–on  le  grand metamannyok de 2003 à 2015.

À peine cette « présidentielle» version gwada achevée que nos hommes politiques se « mobilisaient » déjà  pour les prochaines consultations françaises. Nous étions qu’en début d’année 2016 que déjà certains comme Olivier Serva, Dominique Théophile, Sonia Petro, Hughes Ramdini, Justine Benin et Max  Mathiasin parmi les plus emblématiques, commençaient à regarder du côté des élections législatives. Curieusement, les députés en place mais en fin de cycle, Victorin Lurel, Eric Jalton,  Gabrielle Carabin et Ary Chalus, ne  donnaient  aucun signe, aucune consigne.

Ce vrai « faux  suspense » a duré pratiquement toute l’année 2016 mais cela  n’a en rien empêché les  grandes manœuvres pré-électorales.

Ainsi Ary Chalus s’est considérablement «  rapproché » de Guadeloupe Unie Socialisme et Réalités (GUSR) des Larifla-Losbar. Le GUSR  qui s’est  d’ailleurs  empressé  plus  tard  de sucrer le mot « socialisme » de son identité et de son ADN. Philippe  Ramdini lui, décide de lâcher le PS et Lurel. Dominique Théophile  annonce très tôt (trop ?) sa candidature future aux régionales. Il sera disqualifié. Olivier  Serva organise à tour de bras des « midi minuit » aux Abymes qu’il considère être comme sa terre  d’élection. A Basse Terre, Sonia Petro  commence à prendre ses distances vis à vis de Marie Luce Penchard (MLP). Elles se détestent mais du fait qu’elles sont  toujours théoriquement dans la même famille politique, elles  tentent en public de donner le change car les primaires de la droite et du  centre sont à l’horizon 2017. Au bout du compte, Sonia Petro s’en ira. Mauvais coup pour MLP.  Les municipales de 2020 se préparent déjà et  l’avenir s’assombrit pour MLP. En  aout 2016, Emmanuel Macron qu’on croyait  être le «  dauphin » de François Hollande quitte subitement  le navire  gouvernemental et se met en marche. Lurel est perdu, pris à contre-pied. Une fois de plus il n’avait prévu le coup, lui qui espérait une candidature Hollande pour se  refaire une santé en Guadeloupe.

Depuis le 1er tour, et le vote pour Le Pen, nos politiques ont fait l’impasse sur l’analyse des résultats : RAS ? Voilà qu’un appel signé par plus d’une vingtaine de nos chers élus : appel à un meeting contre le racisme… et donc à voter Macron. Ceux qui n'ont pas a signés sont-ils pro Le Pen? Je suis persuadé que nos chers élus ne sont ni bêtes ni naïfs. Ils savent comme vous et moi que l’élection du prochain président français pas d’avantage que les précédents Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, n’est pas la panacée aux problèmes récurrents de notre pays. Nos élus sont, je ne doute pas d’une grande lucidité, ils ont déjà tout vu tout vu, toit essayé, rien ne marche : Plus 40 % de notre peuple est  au chômage, les jeunes de moins 25 ans ils sont 56%. D’une manière générale mais inacceptable, nos jeunes mêmes diplômés sont à la rue

Plus simple, à résoudre la question de l’eau est toujours insoluble ; les déchets sont mal… traités, La filière canne est à vau l’eau. La violence l’insécurité. Les maladies cardio vasculaires, le diabète, progressent. Bref rien ne va. Nos chers élus, ont donc réussi à faire une liste commune non pas pour la Guadeloupe mais pour… soutenir Macron le nouveau papa blanfwans, qui pourrait s’il est élu mettre le pays en ordre de marche. On  rêve encore. L’an dernier en Février 2016, je me demandais s’il ne fallait pas plutôt penser a sortir la Guadeloupe du système franco européen, c’est cet édito à peine remixé que je re sors. Triste constat : ce que j’ai écrit il y a un an est toujours d’actu ( mercredi 3 mai 2017) 

On ne va pas se voiler la face. Le Pen qui atteignait péniblement 5 % des voix en 2012, vient de réaliser en Guadeloupe un bond extraordinaire en rassemblant sur son nom près de 14 % des suffrages exprimés à l’occasion du 1er tour des élections présidentielles françaises.

Il ne faut pas minimiser ce qui s’est passé. Il faut le dire haut et fort. Quand des Afro-descendants, donc fils et filles d’esclaves, votent pour un parti qui n’a jamais caché son racisme et sa xénophobie, il faut s’interroger et en chercher les causes pour les combattre. Faut-il un seul instant croire que les Guadeloupéens soient en 2017 totalement ignorants de l’idéologie racialiste du FN ?

Comment un Guadeloupéen doué de raison et d’intelligence, connaissant son histoire et origines, peut-il en toute conscience mettre dans une urne un bulletin du FN ? Il y a manifestement quelque chose qui ne fonctionne pas. Mais quoi ?

Il y a de cela quelques années, pour tenter d’expliquer la montée en puissance de Le Pen, journalistes, politologues et politiques, se cachant derrière leur petit doigt, disaient sans analyse aucune que ce sont les « blanfwans, les gendarmes et autres Français résidents » qui votent FN. Ce n’est pas vrai et cela ne l’a jamais été. Les 15 000 voix de Marine Le Pen (MLP) ne sont pas que celles de résidents français car des Guadeloupéens bon teint votent FN et le revendiquent. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur les réseaux sociaux. Qui n’a pas vu ce Guadeloupéen, membre du FN, régulièrement invité à la télévision et que le FN met en avant pour bien faire la démonstration que les nègres colonisés sont avec Le Pen ? Triste.

L’autre explication tout aussi boiteuse revient à dire que les Guadeloupéens, tout comme les Français, en votant Le Pen expriment leur mécontentement, leur ras le bol de la politique des Hollande, Lurel, Pau-Langevin, Sarkozy, Juppé, etc... C’est encore plus grave si ce mimétisme électoral est pris en compte. Il démontre que ces électeurs lepénistes guadeloupéens sont totalement côtéde leurs pompes ou alors [ils] n’ont rien compris. Ils ne savent donc pas que la Guadeloupe aussi bien que la Martinique et la Guyane sont des colonies françaises et que le combat le plus légitime est celui d’une véritable décolonisation.

Nous y voilà ! Depuis des décennies, des politiques mais aussi des journalistes et des enseignants ne cessent de répéter à l’envi que la « Guadeloupe, c’est la France ! », que la Guadeloupe est une « région française » ou encore que la « Guadeloupe est une région ultrapériphérique de l’Europe (RUP) », que la « Guadeloupe est tout sauf une colonie ». Sans rire. 

Bien entendu, l’agitation qui règne en Guyane depuis quelques semaines a inspiré beaucoup de commentaires et parfois même des fantasmes, et si Domota et les syndicats refaisaient le coup de janvier 2009 ? Mais non, ni Domota, ni Jean-Marie Nomertin, les deux principaux leaders syndicaux, ne sont assez fous pour lancer un mouvement social d’importance à la veille d’une élection majeure française ! On se calme… Cela dit, Nomertin ( CGTG) a tout de même occupé le terrain à Capesterre Belle-Eau avec des ouvriers de la banane et voyez-vous, ça a bien fonctionné !  Pendant  plus de 48 heures, le sud-Basse-Terre a été totalement coupé du reste du pays. On peut même considérer que le barrage de Bois Debout a été un test grandeur nature. La détermination sans faille des ouvriers de la banane a montré que lorsque les conditions sont réunies, ça s’enflamme très vite.

Nous vivons sur un volcan, d’abord au sens propre, mais en ce moment, la Soufrière est plutôt calme. Alors, parlons du volcan au sens figuré. Faut-il encore dire ici tout ce qui ne va pas dans notre pays ? D’une manière générale, les gens sont bouffis, yo bon ! 

D’abord, parce que les Guadeloupéens s’aperçoivent qu’ils courent sans cesse après l’argent. Cette course incessante et éperdue ne fait pas que des heureux. Les syndicats ont eux depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme mais personne ne semble entendre. Alors, on laisse courir, on laisse pourrir. Et ça commence à sentir très mauvais. Il est en effet difficile d'énumérer tout ce qui ne va pas. Mais plus personne ne peut ignorer que le Péyi Gwadloup, fout le camp.

Simple exemple tiré de l’actualité et qui donne la mesure de ce qui ne va pas en Guadeloupe. Comment pour une question de rentabilité, l'Agence Régionale de la Santé (ARS) peut-elle vouloir supprimer le service de néo-natalité à l'hôpital de Basse-Terre ? C’est presque criminel. Dans un pays où on ne cesse d'annoncer que la population vieillit, on veut refuser aux futures mères du sud Basse-Terre d'accoucher dans des conditions  sécurisées ? Qui peut accepter cela ? Ça a tout l'air d'un génocide silencieux... et qui ne dit pas son nom.

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