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Maurice. Des étrangers de plus en plus nombreux viennent étudier à l’université

23 Mar 2019
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Portlouis. Samedi 23 mars 2019. CCN/Exp.mu. Des frais de scolarité «abordables», une stabilité politique, un environnement «attractif», le bilinguisme, l’infrastructure, le mode de vie «cosmopolite»… Autant de raisons – évoquées par la Tertiary Education Commission (TEC) – qui poussent les étrangers à venir étudier à Maurice. «La compatibilité culturelle avec l’Europe, l’Afrique et l’Asie permet de cibler les étudiants de ces continents», avance-t-on au sein de l’organisme. D’après la TEC, le ministère de l’Éducation travaille en ce moment sur une stratégie axée sur le recrutement des étudiants internationaux. Nous avons essayé d’en savoir plus en sollicitant le ministère concerné, en vain.

Selon la TEC, environ 2 000 étrangers sont actuellement inscrits dans une université à Maurice. Et d’après le rapport Participation in Tertiary Education publié par la TEC, à décembre 2017, 2 087 étudiants étrangers étaient inscrits à des programmes d’études supérieures à Maurice. Dix ans plus tôt, ce nombre n’était que de 566. Depuis cette période, la hausse a été constante, passant par exemple de 1 524 inscrits en 2015 à 2 087 en 2017. D’après la TEC, en 2017, 1 846 étrangers fréquentaient des institutions tertiaires privées, alors que 241 étaient dans des établissements financés par les fonds publics. Et 1 799 étudiants étrangers ont adhéré à des programmes de premier cycle, tandis que seulement 207 poursuivaient leur deuxième cycle. Quelles filières attirent les étudiants internationaux sous nos cieux ? Les données de la TEC démontrent une concentration en médecine, à raison de 40,3 % d’inscriptions. La proportion restante était portée vers l’administration, la gestion et la technologie informatique.

«Je cherchais une institution proposant une licence britannique abordable. Car s’il fallait étudier au RoyaumeUni, ce serait trop coûteux…» Matthew, un Sud-africain de 20 ans, est à sa deuxième année de licence en Computer Science à la Middlesex University. Le jeune homme nous confie d’emblée que le choix de Maurice s’est imposé en fonction de ses critères. Et aussi suivant ses deux passages sur l’île pour des vacances. «Au départ, c’était un choc culturel. Mais durant le premier mois, j’ai rencontré plusieurs personnes sur le campus qui m’ont encadré. Et peu de temps après, j’étais déjà invité aux fêtes d’anniversaire des amis et de leurs familles.»

De son côté, Terrence, 27 ans, du Botswana, effectue un BA (Hons) en Business Accounting and Finance à l’Open University. «Ce n’est pas facile d’être loin de sa maison et de vivre avec d’autres personnes issues de cultures et religions différentes. Mais grâce aux interactions avec le personnel et les étudiants, je me sens comme chez moi», lâche-t-il. Pour sa part, Tabi, un Nigérien de 27 ans, avance qu’il voulait étudier à l’université deMiddlesex. «Et comme elle est présente à Maurice, j’estimais que ce pays méritait que je l’explore.» Après une licence en technologie informatique et les Business Information Systems, il entame présentement une maîtrise. Ayant également vécu le choc culturel, le jeune homme, qui habite à Sodnac, affirme qu’il s’est vite fondu dans la masse.

«Dans mon pays, on utilise davantage l’huile de palme pour les repas. Ici, c’est différent. Mais j’ai rapidement trouvé des alternatives», fait valoir Tabi. D’ailleurs, la nourriture semble être un gros casse-tête pour plusieurs d’entre eux. Priscilla, une Nigérienne de 20 ans inscrite en droit, a dû demander à ses parents de lui faire parvenir des aliments du pays dès son arrivée en 2016. «Je voulais repartir chez moi. J’ai mangé du biryani, mais je n’aime vraiment pas ça. Par contre, j’apprécie le dholl puri et les mines frits», dit-elle. Quant à Tracy, une Africaine de 22 ans en dernière année d’études en relations publiques, publicité et média, elle explique qu’elle a fini par s’habituer au goût alimentaire différent de celui de son pays. «Aujourd’hui, j’apprécie les rotis, le riz frit et le biryani…»

Soutien parental

Qui finance les études de ces étrangers ? Les plus jeunes bénéficient du soutien parental, tandis que les plus âgés puisent de leurs économies. Dans une bonne majorité des cas, les étudiants étrangers travaillent à temps partiel pour se faire un peu d’argent de poche. Plusieurs modalités sont exigées afin qu’ils puissent travailler pendant leur programme.Depuis novembre, Tracy exerce comme caissière chez Intermart. «Ce n’est pas trop difficile. Je travaille entre deux et trois jours par semaine sur rotation. Par contre, parfois, j’ai du mal à comprendre les propos des clients. Certains peuvent même se fâcher.» De son côté, Priscilla, serveuse dans un restaurant, avoue qu’elle est très à l’aise dans son travail avec ses collègues.

Que feront ces étrangers après leurs études ? Nos interlocuteurs sont partagés sur la question. Une petite poignée envisage de poursuivre des études supérieures. D’autres estiment que s’ils ne peuvent décrocher un poste à Maurice, ils retourneront au bercail. Quelques-uns entendent explorer d’autres horizons pour des stages, voire un travail à plein-temps. En attendant, Maurice demeure leur nouvelle terre d’accueil pendant quelques années encore.

Accès aux soins gratuits dans les hôpitaux mais…

Que se passe-t-il si les étudiants étrangers tombent malades ? Selon Rakesh Ram, «Head of Marketing, Student Recruitment and Admissions» de l’université de Middlesex, ils ont accès aux soins gratuits dans les hôpitaux. Néanmoins, une assurance médicale est requise lors de leurs études. Et celle-ci peut uniquement être utilisée lorsqu’ils sont admis en clinique. «Les étudiants peuvent choisir d’adhérer à un plan d’assurance de leur choix ou d’opter pour des facilités offertes par l’université», indique Rakesh Ram. Il évoque notamment un plan d’assurance au coût annuel de Rs 4 500. Contacté à ce sujet, le ministère de la Santé ne nous a pas répondu.

Travail à temps partiel : les critères exigés

Tout étudiant étranger peut exercer un emploi à temps partiel pendant son programme, à condition de répondre aux exigences de l’État. D’après les Employment (Non-Citizens) (Restriction) Exemptions Regulations de 2013, il doit d’abord obtenir une lettre d’autorisation du ministère du Travail. Celle-ci, qui est adressée en copie au ministère de l’Éducation, doit contenir les détails du poste à occuper et du contrat avec l’employeur.

L’étudiant étranger doit également détenir un visa valide pour la durée de son programme universitaire. Si la demande est agréée, une notification est envoyée aux autorités concernées, entre autres au Passport and Immigration Office. Ce qui permet à l’étudiant de travailler pendant une durée maximale de 20 heures par semaine s’il est inscrit à une formation universitaire d’un an ou plus.

Toutefois, il lui est interdit de travailler dans le domaine de la sécurité. De même, tout emploi à temps plein, en freelance ou à son compte n’est pas autorisé.

Source : Express Mu

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