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Réunion. 2016-2017, une saison cyclonique atypique

03 Aoû 2017
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Carlos en février 2017 aura apporté des pluies sans impacter directement notre île Carlos en février 2017 aura apporté des pluies sans impacter directement notre île photo NASA

Saint-Denis. Jeudi 3 août 2017. Clicanoo/CCN. "Une saison peu active et très singulière dans son déroulé", tel est le bilan dressé par le Centre des cyclones tropicaux de la Réunion au terme de la saison 2016 - 2017. Elle figure parmi les dix saisons cycloniques les moins actives recensées dans le bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien depuis le début de l'ère satellitaire il y a 50 ans.

"Nous estimons qu'il y a une probabilité de 60% de connaître une saison cyclonique 2016- 2017 d'activité inférieure à la normale. Il existe aussi une probabilité de 30% que la saison soit finalement proche de la normale et une probabilité de seulement 10% de connaître une saison plus active que la normale. Cette probabilité à 60 % correspond à un nombre total de tempêtes et de cyclones sur la saison, inférieur ou égal à 8 (saison peu active qui se rencontre en moyenne une fois tous les 4 ans)."

Cette prévision établie en novembre 2016 par le Centre des cyclones tropicaux (CMRS) de la Réunion s'est révélée exacte au terme de la saison cyclonique qui s'est achevée officiellement le 30 juin dernier.

Avec seulement six systèmes formées durant la saison, dont trois ayant ensuite atteint le stade de cyclone tropical, une proportion normale, 2016-2017 figure parmi les dix saisons cycloniques les moins actives recensées dans le bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien depuis le début de l'ère satellitaire il y a 50 ans. Il s'agit là du plus petit nombre de systèmes dépressionnaires jamais suivi au cours d'une saison par les prévisionnistes cyclone du CMRS depuis son implantation officielle en 1993.

conditions stables

L'explication tient selon les météorologues "à l'installation, depuis le printemps austral, de conditions anormalement et durablement stables et sèches sur une grande partie de l'océan Indien tropical Sud, incluant la zone privilégiée de formation des phénomènes cycloniques."

Après Abela en plein hiver austral, première forte tempête tropicale observée au mois de juillet sur le bassin et Bransby, première dépression subtropicale jamais répertoriée en octobre, il aura fallu attendre le début du mois de février pour voir se développer le troisième système dépressionnaire significatif de la saison. "Une aussi longue phase d'inactivité à cette période de l'année, constitue un fait tout à fait exceptionnel et sans précédent dans l'histoire récente. Depuis 1967, début de l'ère satellitaire, 2016-2017 est la première saison cyclonique à ne pas connaître le moindre épisode cyclonique significatif sur le trimestre novembre- décembre-janvier. Un mois de janvier "totalement "blanc"" constitue déjà en soit un événement tout à fait remarquable, si ce n'est unique, puisqu'il y avait eu un précédent qu'en 2011 à ceci près que janvier 2017 aura été encore moins "actif" que janvier 2011, qui avait tout de même vu une brève dépression tropicale et une perturbation tropicale être suivies au cours du mois", souligne le CMRS de la Réunion.

  • Madagascar et le Mozambique éprouvés

Pour la Réunion et Maurice, la saison cyclonique 2016 – 2017 aura été plutôt bénéfique avec les pluies apportées par Carlos et à un degré moindre par Fernando. En revanche Madagascar et le Mozambique ont été cruellement éprouvés. Avec Enawo, la Grande Ile a connu son impact cyclonique le plus violent depuis Gafilo en 2004. Ce cyclone tropical intense a frappé la côte nord-est de la Grande Ile au maximum de sa puissance, avant de traverser ensuite les terres malgaches du nord au sud, faisant plus de 80 victimes. Enawo a ainsi mis fin à une période exceptionnellement longue de cinq années de tranquillité pour la façade orientale de Madagascar. La côte orientale de la Grande Ile n’avait, en effet, pas subi de phénomène significatif depuis le cyclone Giovanna en 2012. l’unique phénomène formé dans le Canal de Mozambique, le cyclone Dineo, a  pour sa part durement secoué la province mozambicaine d’Inhambane, zone qui n’avait pas été touchée par un tel phénomène depuis très longtemps, y faisant de nombreuses victimes.

  • La saison la moins active de l'hémisphère sud depuis 1970

Le sud-ouest de l'océan Indien n'a pas été le seul à connaître une disette de systèmes dépressionnaires. Elle a concerné l'ensemble de l'hémisphère sud. La saison cyclonique 2016-2017 aura été la moins active depuis au moins 1970, avec, à l’échelle de l’hémisphère Sud, une activité équivalant à peine à la moitié de celle de la moyenne climatologique de référence (1981-2010). Nombre de records d’inactivité ont de fait été battus ou pulvérisés sur 50 ans de données "fiables". Il aura fallu attendre le 9 février 2017 et Carlos, soit un mois de plus que l’ancien record détenu par le cyclone Anne le 9 janvier 1988, dans le Pacifique Sud-Ouest. Pour le Sud-Ouest de l’océan Indien proprement dit, cela ne constitue toutefois pas un record, puisque c’est toujours le cyclone Davina qui détient la palme de la date la plus tardive pour l’occurrence du premier cyclone tropical de la saison le 5 mars 1999.

 Lien de l'article :  https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2017/08/03/2016-2017-une-saison-cyclonique-atypique_483090

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