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Réunion. Le djihadiste réunionnais suspecté de préparer un attentat

11 Oct 2017
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Saint-Denis. Mercredi 11 Octobre 2017. Clicanoo/CCN. L'affaire Riad Ben Cheick, du nom de ce prédicateur présumé mis en examen mardi dernier à Saint-Pierre, a connu un rebondissement hier. L'homme aurait été en contact avec des détenus radicalisés en vue de la préparation d'un attentat en métropole.

"Un départ en métropole avait été programmé mais sans éléments vérifiables sur la destination et les finalités recherchées". Écrits à l'issue du défèrement de Riad Ben Cheick pour apologie du terrorisme, mardi dernier, ces mots du procureur de Saint-Pierre, Lau-rent Zuchowicz, prennent aujourd'hui une autre dimension. L'homme de 44 ans est dans le collimateur de la justice pour des messages haineux sur Twitter, et notamment deux à l'encontre d'un journaliste qui a été retenu en otage, Nicolas Hénin. Le suspect traîne déjà un passé sulfureux et son interpellation avait été accélérée par ce projet de voyage. Il devait décoller mardi dernier pour Paris.

Cette crainte de perdre la trace du présumé prédicateur djihadiste installé à Saint-Louis, fiché S et qui sortait d'une mesure d'assignation à résidence, était visiblement nourrie par des éléments plus sensibles que deux tweets. Le nom de Riad Ben Cheick serait désormais associé à un dossier qui agite la métropole.

Vendredi dernier, deux détenus incarcérés à Fresnes ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroristes criminelle". Un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans projetaient de commettre un attentat à leur sortie de prison qui était imminente. Ces deux hommes purgeaient des peines pour des faits de droits communs - braquage pour l'un et tentative de meurtre pour l'autre - et se sont radicalisés en prison. "Ces deux islamistes radicaux voulaient monter un groupe de combattants avec la volonté de monter en puissance par le biais de diverses actions, à l'extérieur de la prison, ciblant entre autres des policiers et des surveillants de prison", a indiqué une source proche de l'enquête à nos confrères de l'AFP.

Lors de sa garde à vue, le Camerounais, décrit comme un meneur influent en prison, a salué "ses frères tueurs du Bataclan" et reconnu ce projet d'attentat. Projet dont les deux suspects s'entretenaient avec des personnes en détention mais aussi à l'extérieur de la prison via des téléphones portables. Surveillé depuis fin 2016 par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ces sympathisants de Daesh étaient en relation avec un djihadiste en zone irako-syrienne. Une liste de contacts troublante dans laquelle apparaîtrait le nom de Riad Ben Cheick.

Selon l'AFP, son rôle aurait été "d'apporter un soutien logistique", sans qu'on n'en connaisse les contours précis pour l'heure. "Leur radicalisation (de ces deux détenus) ne fait aucun doute, ni leur volonté de passer à l'acte, mais ils en étaient encore au stade du financement", confie une source pénitentiaire à nos confrères du Monde. Le Saint-Louisien devait-il aider à trouver des ressources pour financer cet attentat ' Le groupe prévoyait visiblement un braquage de bijouterie pour financer leur sombre dessein. Toujours est-il que des soupçons planent autour d'un lien entre ce projet d'attentat et le retour de Riad Ben Cheick en région parisienne, où il vivait avant de s'installer à Saint-Louis avec sa femme d'origine réunionnaise et leurs trois enfants, en novembre dernier.

Pour rappel, Riad Ben Cheick était considéré comme "un individu discret, voire isolé socialement mais très actif sur internet" avant son arrestation et la saisie de son matériel informatique.

Selon nos informations, il aurait notamment envoyé quelque 3000 tweets en quelques mois seulement. Une partie de ces messages aurait pu lui permettre de rentrer en contact avec ces détenus. Lors de leur perquisition à la prison de Fresnes, les enquêteurs ont également repéré des numéros qui ont servi à des conversations téléphoniques.

Autre détail troublant : Riad Ben Cheick avait été condamné à 2 ans de prison ferme, en mars 2015, pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme. Il avait aidé une adolescente, âgée de 14 ans et en fugue, dans son projet de départ en Syrie. L'homme vivait alors dans l'Essonne et cette affaire a été jugée devant le tribunal de Paris. Sachant que les détenus liés au terrorisme sont généralement incarcérés à Fresnes, il est plausible que ces différents protagonistes se soient rencontrés en prison. Il apparaît également que ces deux affaires, même si elles ont été traitées distinctement, ont été menées de concert lundi 2 octobre. Pendant que les deux détenus étaient extraits de cellule pour être placés en garde à vue à la DGSI, Riad Ben Cheick était interpellé dans son domicile du 116 rue Lambert par les policiers de la sûreté départementale, les gendarmes de l'antenne réunionnaise du GIGN et en présence de la Direction départementale de la sécurité intérieure (DDSI).

Une arrestation au cours de laquelle cet homme, d'origine tunisienne, avait d'ailleurs montré une certaine défiance vis-à-vis des forces de l'ordre. "Sales porcs", "chiens de Français", "illettrés", a crié aÌ de nombreuses reprises le suspect. Il a également qualifié plusieurs fois "d'impure" une policieÌ re cagoulée. Compor-tement qui lui vaut des poursuites pour outrages et fait étrangement écho au projet d'attentat contre des policiers. Pour rappel, Riad Ben Cheick a été placé en détention provisoire et à l'isolement à Domenjod. Traité par le parquet et un magistrat instructeur de Saint-Pierre, le dossier pourrait être repris par le pôle antiterroriste de Paris. Le suspect serait alors transféré en métropole.

Contacté hier, son nouvel avocat, Me Normane Omar-jee, a refusé de s'exprimer sur cette affaire. De son côté, le parquet de Paris n'était pas en mesure de confirmer un lien entre les deux affaires hier soir. Quant aux deux suspects qui devaient donc bientôt sortir de prison, ils ont été placés en détention provisoire.

Url de cet article : https://www.clicanoo.re/Un-homme-place-en-detention-pour-apologie-du-terrorisme/Faits-Divers/Article/2017/10/11/Le

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