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Réunion. Manque d'anesthésistes, le bloc opératoire ferme 340 heures

05 Déc 2017
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Saint-Denis. Mardi 5 Décembre 2017. Clicanoo/CCN. Confronté à la fuite des médecins anesthésistes, le bloc opératoire du CHU Félix-Guyon va fermer 340 heures au mois de décembre. L’hôpital a dû sortir le chéquier pour convaincre des remplaçants de venir dès le mois de janvier.

De mémoire de médecins, jamais le bloc opératoire central du CHU Félix-Guyon a dû fermer autant de temps en un mois : 340 heures précisément pour le mois de décembre. Une situation qui perdure depuis le mois d’octobre. Au lieu de fonctionner de 7 h à 19 h, les salles du bloc central ferment à 15 h. «C’est un coup très dur. Les équipes médicales sont consternées. Dans le privé, on voit des unités qui se créent et nous, au CHU, on continue de s’enfoncer», déplore un médecin.

Les patients sont les premières victimes. Des opérations prévues depuis un ou deux mois sont reportées. Parfois au dernier moment. «Les médecins qui ont les plus grandes gueules arrivent encore à opérer. Les autres, toujours les mêmes, sont pénalisés», confie un bon connaisseur du sujet. Le bloc central gère la majeure partie de l’activité : ORL, orthodontie, ophtalmologie mais aussi la chirurgie infantile, la gynécologie ou encore la maternité et ses nombreuses péridurales. Le délai pour se faire opérer augmente mécaniquement. Il faut actuellement compter 3 mois d’attente en ORL, un tout petit peu moins en ophtalmologie.

DES CONDITIONS DE TRAVAIL PAS ASSEZ ATTRACTIVES

«Le nombre d’événements indésirables que nous faisons remonter au service qualité a considérablement augmenté. La fermeture du bloc central se répercute sur tous les services. Quand il ne fonctionne pas, on fait moins de radios, moins d’analyse en laboratoire...On a donc moins d’activité et l’hôpital gagne moins d’argent. Le bloc, c’est le poumon d’un hôpital», affirme un habitué des salles d’opération. Sur 21 médecins anesthésistes, seuls 12 sont actuellement en poste selon les chiffres avancés par la direction du CHU. Ces derniers mois, le service a perdu son responsable, parti en milieu d’année et des médecins ont demandé une mise en disposition ou en départ à la retraite anticipé. Du coup, le service gère la pénurie. Quand un médecin manque, un autre est rappelé sur son temps de congé. Du coup, le rythme de travail devient intenable, les tensions s’accumulent et les arrêts de travail se multiplient. Des remplaçants sont aussi embauchés depuis la métropole. Dans le milieu, ils sont appelés les «mercenaires». Ces médecins viennent pour des missions de courtes durées. Un ou deux mois au maximum, et repartent.  Mais les compétences des médecins-anesthésites sont très recherchées. Ils le savent et sont très regardants sur le salaire et les conditions de travail. Jusqu’ici, ces deux critères n’ont pas été suffisamment à la hauteur de leurs attentes. La direction a dû casser sa tirelire et prendre une mesure dérogatoire pour les convaincre. Elle a accepté de payer ces remplaçants à hauteur du 10e échelon, alors qu’ils sont habituellement embauchés au 4e échelon. Au risque de créer des tensions avec les médecins-anesthésistes titulaires moins bien payés. Sur la fiche de paie, 1600 euros séparent un 10e échelon d’un quatrième.

Mais même cet argument ne suffit pas à les retenir. «Ce n’est pas qu’une question de salaire, reconnaît Lionel Calenge, le directeur du CHU. On ne fidélise pas uniquement avec l’argent. Il faut un projet de service où l’on puisse faire de l’enseignement, de la recherche. Jusqu’ici, le service n’a pas été sur un mode de fonctionnement qui garantisse son attractivité». Récemment nommé, le nouveau chef de service aura pour principale mission de mettre au point un projet de service. Il devra également travailler sur une charte de recrutement et sera épaulé par son homologue de Saint-Pierre, Michel Ingles dont l’attractivité du service servira de référence. Il a donné son accord pour assurer une mission d’appui et d’expertise. Le retour à la normale est attendu pour le mois de janvier. Lionel Calenge promet le recrutement de remplaçants pour atteindre un effectif de 22 à 24 médecins anesthésistes. Un chiffre auquel ne croient pas les bons connaisseurs du bloc central. Lionel Calenge, lui, se veut optimiste. «On a fait un énorme effort pour embaucher au 10e échelon. On poursuivra cette politique jusqu’à la fin de l’année prochaine. Mais d’ici là, il faudra que ces remplaçants deviennent des titulaires.»

Jean-Philippe Lutton Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Url de cet article : https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2017/12/05/Faute-danesthesistes-le-bloc-operatoire-ferme-340-heures_504035

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