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Réunion. 20 Décembre : en attendant les 170 ans de l'abolition

21 Déc 2017
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Saint-Denis. Jeudi 21 Décembre 2017. Clicanoo/CCN. Le chef-lieu a vibré toute la journée d'hier au rythme des commémorations du 20 Désanm. Après l'hommage officiel aux ancêtres le matin, l'après-midi a été dédié au traditionnel défilé rue de Paris. Les festivités ont pris fin avec le grand concert du Barachois. L'an prochain célébrera un anniversaire symbolique, celui des 170 ans de l'abolition de l'esclavage.

Pendant que les grandes surfaces de l'île faisaient le plein de clients et le vide dans leurs rayons, les commémorations pour l'abolition de l'esclavage se sont multipliées dans les différentes communes. À Saint-Denis, elle a pris place autour de la stèle dédiée à Géréon et Jasmin sur le Barachois et de la statue de Cimendef et Marianne. Un village " 1848 " a proposé une exposition pour expliquer ce qu'était l'esclavage à la Réunion : code noir, vie quotidienne, punitions, foire aux esclaves... Tout a été passé en revue. Plusieurs associations (Rezonans kreol de la Montagne, Toot ansamb des Camélias, AFK de Montgaillard...) ont fait aussi revivre des objets lontan.

Autour de Gilbert Annette, en maître de cérémonie, on pouvait apercevoir Amaury de Saint-Quentin, le préfet, la députée Ericka Bareigts, Gérald Maillot (président de la Cinor), le recteur Velay-doum Marimoutou, Loïc Armand (SGAR), le commissaire Jean-François Lebon et plusieurs membres du conseil municipal.

C'était aussi la première sortie officielle du tout neuf président du Département, Cyrille Mel-chior, successeur de Nassimah Dindar. S'il n'a pas pris le micro, il a lui aussi a déposé une fleur et rendu hommage aux esclaves.

« Il s'agit de notre histoire, de notre sang. Nous sommes tous des enfants de cette histoire. Sarda Garriga a proclamé l'abolition de l'esclavage alors que la Réunion comptait 62 000 esclaves, soit plus de la moitié de sa population. La majorité des Réunionnais sont des enfants d'esclaves, moi y compris. Mes 5 grands-mères étaient esclaves, une a été libérée et une a été émancipée », explique Gilbert Annette, maire de Saint-Denis. « Nous sommes reconnaissants à François Mitterrand qui a entendu les Réunionnais qui voulaient une date de commémoration. C'est grâce à lui que tous les Réunionnais, ici et dans le monde, partagent avec nous cette date historique. Nous sommes tous issus de cette histoire inextricable, c'est ce qui fait la force de notre société. »

Particulièrement inspirée, Ericka Bareigts a dénoncé l'actualité récente, celle des esclaves en Libye : " Ces images montrent que nous n'avons pas su éradiquer cette immonde plaie qu'est l'esclavage ". " Pour moi, Cimendef, Mafate ou Sarlave méritent tout autant que Schoelcher, Hugo ou Weil d'entrer dans l'Histoire de France. Car tous ont en commun d'avoir fait de leur vie un idéal. C'est aussi grâce à eux, grâce à leur lutte sans répit ni compromis, que l'esclavage fut aboli. Nous leur sommes redevables ", lance-t-elle.

Fermant la marche des discours officiels, le préfet a souligné la responsabilité des Etats de l'époque. « Nous sommes saisis d'effroi face à la complicité des institutions qui ont mis en place la base de la prospérité de l'esclavage. Les Etats européens dont la France ont organisé la déportation de millions de personnes vers les Caraïbes », a-t-il conclu avant de laisser la place à un a capella de Christine Salem.

En fin d'après-midi, c'est la grande marche de la liberté et ses 2447 participants qui ont envahi la rue de Paris au son des kayambs et des roulèrs. Depuis le jardin de l'Etat, les chars et les danseurs ont rallié en musique et dans une chaude ambiance le Barachois. En début de soirée, c'est la Nuit de la liberté qui a mis le feu.

Un plateau musical riche a rythmé la nuit, avec en tête d'affiche Tiken Jah Fakoly et la voix du maloya Christine Salem. L'an prochain, les festivités devraient être encore plus importantes puisqu'elles célébreront les 170 ans de l'abolition de l'esclavage.

Source de cet article : https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2017/12/21/20-Decembre-en-attendant-les-170-ans-de-labolition_506916

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