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Réunion. Riad Ben Cheick présenté comme un influent cyberdjihadiste de Daesh

09 Jan 2018
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Saint-Denis. Mardi 9 Janvier 2018. Clicanoo/CCN. Interpellé pour apologie du terrorisme en octobre dernier, l’homme de 44 ans est "officiellement" poursuivi pour deux messages litigieux sur Twitter. Mais de récentes révélations en font l’un des propagandistes de l’Etat islamique (Daesh) les plus influents sur internet.

Depuis sa mise en    examen et son incarcération    à    Domenjod, début    octobre à Saint-Louis, Riad    Ben Cheick fait couler beaucoup    d’encre. Depuis le départ,    cette affaire de terrorisme    détonne. Pour rappel,    l’homme de 44 ans, installé    rue Lambert, avait été interpellé    dans des conditions    dignes des plus grands criminels.    Menée par la    Direction départementale    de la sécurité intérieure et    les policiers de la sûreté départementale,    l’opération    avait également mobilisée    les gendarmes d’élite de    l’antenne réunionnaise du    GIGN. Deux jours plus tard,    ce djihadiste présumé étant    cependant mis en examen    pour des faits quasi anodins.    Jusqu’à nouvel ordre,    la justice ne lui reproche officiellement    que deux messages    litigieux sur Twitter.   

Deux écrits, postés en juin    et août derniers, où l’intéressé    se réjouissait du sort d’une    journaliste mortellement    blessée en Irak puis regrettait    qu’un autre de nos confrères    n’ait pas connu la même    issue lors de sa prise d’otage    par Daesh (État islamique).    Des messages particulièrement    désagréables, certes,    mais qui dans le contexte    actuel seraient davantage    passibles d’une "simple" comparution    immédiate plutôt    que de la procédure actuelle.    À l’issue de l’ouverture d’information    judiciaire, Riad    Ben Cheick a été écroué à    l’isolement où il se trouve    toujours depuis 3 mois. Ses    deux demandes de remise    en liberté ont été refusées.   

UN "LEADER" SUR TELEGRAM   

De fait, cette affaire des    tweets apparaît de plus en    plus comme l’arbre qui cache    la forêt au fil des révélations.    La dernière en date est signée    de nos confrères d’Europe    1, une radio généralement    bien renseignée. Il y a    quelques jours, ce média diffusait    une enquête intitulée    "État islamique sur Telegram    : il n’y a plus de leader dans    cette communauté".   

On y apprend que, "après    une vague d'arrestations ces    derniers mois au sein de piliers    de la propagande islamiste    sur la messagerie Telegram,    la "djihadosphère" francophone    sur l’application cryptée    Telegram est considérablement    affaiblie". Et cette journaliste    situe le début de cette    vague d’arrestations sur    notre île : "Début octobre,    un premier gros cyber-djihadiste    est identifié et interpellé    à La Réunion", note-t-elle.    Sans le nommer, cette phrase    fait référence au Saint-    Louisien Riad Ben Cheick.    Particulièrement actif sur    Twitter, ce suspect l’était    aussi sur Telegram, une application    controversée (lire    par ailleurs). "Il y a un an,    l'application de communication    comptait une vingtaine    de chaînes francophones pro-    Daech très actives avec, pour    les plus populaires, jusqu'à    300 abonnés", poursuit    Europe 1 sur son site internet.    Le Saint-Louisien était apparemment    l’animateur    d’une de ces chaînes dont    le but premier est d’endoctriner    mais dont l’utilisation    a aussi été révélée dans la    préparation d’attentats. Ce    qui expliquerait que Riad    Ben Cheick, au-delà des autorités    locales, est dans le    collimateur des plus hautes    instances de l’antiterrorisme,    et en premier lieu de la    Direction générale de la sécurité    intérieure (DGSI).   

Cette vague d’interpellations    a aussi concerné deux détenus    de Fresnes, une prison    située en région parisienne,    soupçonnés de fomenter une    action violente depuis leur    cellule et alors que leur libération    était imminente.    Or, dès octobre dernier, des    médias nationaux avaient    fait le lien entre ces djihadistes    présumés et Riad Ben    Cheick. Tous étaient visiblement    en contact via Telegram    et le Saint-Louisien avait été    arrêté quelques heures avant    son départ pour Paris.    Selon certaines sources, il    est suspecté d’avoir préparé    ce voyage pour servir de    "soutien logistique" dans ce    projet d’attentat. Autant d’éléments    qui, pour autant, ne    font pas l’objet de poursuites    judiciaires, du moins pour    l’heure (lire par ailleurs).    Ces dernières accusations    sont niées par l’intéressé    comme le soulignait son avocat,    Me Normane Omarjee,    le 14 octobre dans nos colonnes.   

MEMBRE DE FORSANE ALIZZA   

Pour autant, ces révélations    viennent s’ajouter au parcours    déjà troublant de Riad    Ben Cheick. Présenté comme    "dangereux", l’homme est    loin d’être un novice dans    la sphère djihadiste. Selon    nos informations, son nom    était déjà apparu lors de la    sulfureuse affaire de Forsane    Alizza. Créé à Nantes, ce    groupuscule islamiste radical    a beaucoup fait parler de    lui entre 2010 et 2012.    Articulée autour d’un noyau    dur estimé à une quinzaine    de membres et présidée par    l’émir autoproclamé    Mohammed Achamlane,    cette association s’est fait    connaître via des événements    médiatisés où elle prônait    la lutte armée et se référait    à Al-Qaïda. Elle sera dissoute    en 2012 par le ministère de    l’Intérieur. Une décision accompagnée    d’un vaste coup    de filet parmi ses membres    dont plusieurs ont ensuite    été condamnés pour "association    de malfaiteurs en    lien avec une entreprise terroriste".   

À l’époque, et alors qu’il    résidait encore en région    parisienne, Riad Ben Cheick    "était parvenu à passer entre    les mailles du filet" selon nos    sources. Ce Français d’origine    tunisienne est néanmoins    rattrapé par la justice en    mars 2015. Accusé d’avoir    aidé une jeune fille à se rendre    en Syrie, il est condamné    par le tribunal de Paris à 3 ans de prison dont 1 avec    sursis pour association de    malfaiteurs en vue de la préparation    d’un acte terroriste.    Peine qu’il purge à Fleury-Mérogis.   

À sa sortie, en 2016, il fait    l’objet d’une mesure d’assignation    à résidence.    Quelques mois plus tard, il    déménage et s’installe avec    sa famille à La Réunion, d’où    sa femme est originaire. Son    assignation à résidence se    poursuit jusqu’en mai 2017.    Par la suite, ce fiché S reste    particulièrement surveillé.    Dans son quartier où son    parcours est connu, l’homme    est alors décrit comme "mystérieux"    et "en retrait".    Beaucoup se méfiaient de    lui dans la communauté musulmane    réunionnaise mais    personne n’évoque de prise    de paroles équivoques. Sans    doute cherchait-il à se faire    oublier mais son activisme    sur internet, lui, n’a visiblement    jamais cessé. Contacté    hier, son avocat s’est refusé    à tout commentaire.   

Etienne Mvé   

Source de cet article : https://www.clicanoo.re/Faits-Divers/Article/2018/01/08/Riad-Ben-Cheick-presente-comme-un-influent-cyberdjihadiste-de-Daesh

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