Breaking News

Réunion. Une IVG fuite sur les réseaux sociaux

12 Jan 2018
839 fois

Saint-Denis. Vendredi 12 Janvier 2018. Clicanoo/CCN. En octobre, une mineure et une jeune femme ont vu leurs grossesse et interruption de grossesse révélées sur les réseaux sociaux par une lycéenne en stage au GHER. Les gynécologues dénoncent une prise en charge ne garantissant pas la confidentialité et n'assurent plus d'IVG depuis le 15 décembre.

La direction évoque un "cas isolé" et pose la question de la place des téléphones portables dans les hôpitaux.

L'affaire est gravissime et ce sont des médecins eux-mêmes qui ont décidé de la révéler. Ils dénoncent des dysfonctionnements au sein de l'hôpital en matière de prise en charge de l'orthogénie (IVG), le tout sur fond de malaise entre la direction et les praticiens du service gynécologie. Depuis le 15 décembre, les huit gynécologues du GHER (groupement hospitalier Est Réunion) ne réalisent plus aucune IVG. L'hôpital en pratique en moyenne entre 500 et 600 par an, pour 1 400 naissances. "Nous ne pouvons pas travailler dans l'inégalité", lance le gynécologue et ex-chef du pôle mère enfant du GHER, Denis Di Lucca. Ce dernier a été démis de cette fonction par la direction à la suite d'un différend autour de l'organisation du temps de travail dans le service.

"L'ensemble de mes collègues ont demandé ma réintégration et en signe de protestation le chef du service a démissionné, nous fonctionnons depuis sans chef de pôle et sans chef de service, ce qui est illégal", commente le médecin qui a décidé de quitter prochainement le GHER. Depuis deux ans, ce dernier indique avoir proposé un nouveau circuit de prise en charge de l'IVG, "qui doit répondre à des normes très précises. Les femmes doivent avoir accès à un circuit dédié leur garantissant une confidentialité totale, ce qui n'est pas le cas et rien n'a été fait", dénonce-t-il. Le médecin pointe l'absence d'accueil et de consultation personnalisée. Des étapes aujourd'hui partagées avec les accueils et consultations de gynécologie et de chirurgie "ouverts aux quatre vents alors que ma proposition permet d'instaurer un circuit hermétique sans avoir à débourser un euro de plus, du personnel étant volontaire." Les faits semblent lui donner raison. L'impensable est arrivé en octobre dernier.

Une lycéenne de Saint-Benoît, en stage au secrétariat de gynécologie et qui avait accès aux dossiers, a dévoilé sur les réseaux sociaux la grossesse d'une adolescente de 16 ans scolarisée dans le même lycée qu'elle et l'IVG d'une jeune femme, majeure depuis peu, dont elle connaissait un membre de la famille. L'information a été diffusée le jour même de son IVG ! Le mépris d'un droit fondamental, celui du secret médical.

Une fuite sur les réseaux sociaux qui illustre un dysfonctionnement en matière de confidentialité et d'encadrement, dénonce le médecin. "Les règles élémentaires ne sont pas respectées, avec un parcours dédié une seule personne aurait accès aux dossiers et il n'y aurait pas de stagiaires lycéens, mais des élèves infirmiers soumis au secret médical." Une question sous-jacente : est-il normal qu'un simple lycéen puisse avoir accès à des dossiers médicaux par nature tous sensibles ' La direction indique que la stagiaire a été "sanctionnée et des mesures correctives ont été prises" (voir par ailleurs). La lycéenne a été renvoyée de son stage et a fait l'objet d'un conseil de discipline dans son lycée. Si certains évoquent son renvoi, nous n'en avions pas la confirmation hier.

Source de cet article : https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2018/01/12/Une-IVG-fuite-sur-les-reseaux-sociaux_509542

Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires