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Médias et cyclisme : la fin du Tour… des gaspillages ?

01 Aoû 2017
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Chaque année, c’est le même rituel médiatique. Le Tour cycliste la Guadeloupe, la seule épreuve par étapes des petites Antilles du calendrier international de l’UCI, est avec le carnaval l’événement populaire le plus médiatisé du pays et sans aucun doute de toute la Caraïbe orientale (OECS). Les radios, la presse écrite et les télés qui sont « sur le tour » font le match dans le match car pendant 9 jours, il faut capter son auditoire et rendre compte de la course, être omniprésent et en direct live.

Côté radio, 3 diffuseurs sont vraiment dans la course et en course : une radio ultra-commerciale, la radio du service public et depuis quelques années, Radio Haute Tension (RHT Guadeloupe), la radio associative citoyenne et de proximité qui vient ainsi jouer dans la cour des grands.

Côté télé, alors que le paysage télévisuel de la Guadeloupe est « riche » de 4 chaînes privées, seule la télé du service public et Canal 10, la télévision privée, elle aussi de proximité, sont en direct sur l’événement avec des moyens techniques et humains certes très inégaux. La chaîne publique déploie pour la circonstance son armada de techniciens, de commentateurs, de réalisateurs et même un plateau pour des live. Quant à Canal 10, moins équipée techniquement, elle fait de son mieux avec ses moyens qui sont loin d’être au niveau de la chaîne étatique.

Ce que le grand public ignore, c’est que ces retransmissions télévisées coûtent relativement chères. Aussi bien celles de Canal 10 que celles de la chaîne financée par la contribution à l’audiovisuel public, ne sont possibles que grâce à une substantielle et exceptionnelle aide financière de la collectivité régionale. Vu l’importance de l’événement, le public et en particulier les fans de cyclisme (et ils sont nombreux!) ne comprendraient pas qu’en 2017, à l’heure du numérique, d’internet et du satellite, qu’ils ne soient pas en mesure de voir ou de revoir les exploits de leurs champions.

Le problème, parce qu’il y en a un, ce serait de donner à toutes  les chaînes la possibilité de retransmettre l’événement dans des conditions similaires. Cela signifie-t-il qu’il faudrait que la Région multiplie par 5 l’accompagnement financier accordé à chacun de ces médias ? Ce ne serait pas la meilleure solution puisque la conséquence immédiate serait une ponction plus importante dans les caisses de la collectivité sans garantie que le produit final présenté soit de meilleure qualité car nous l’avons dit,  en 2017, seules deux chaînes, Canal 10 et Guadeloupe 1ère ont vraiment la capacité de « faire le tour », et de proposer aux téléspectateurs des retransmissions en direct qui sont toutefois d’un niveau très inégal et ce pour des raisons essentiellement techniques et financières.

Il en va de même d’ailleurs pour tous les grands événements sportifs ou culturels qui mobilisent, l’attention du public et des médias télévisuels : la Route du rhum, les play-offs de basket, la Karujet, le carnaval, le Meeting d’athlétisme régional, le Tour de Marie Galante, le TGVT, Terre de Blues et Ilo Jazz pour ne citer que ceux-ci.…

Pour assurer donc une certaine équité et une qualité optimale à ces retransmissions, la collectivité régionale devrait se donner les moyens de les réaliser. Il suffirait qu’un prestataire en matière de réalisation et de diffusion soit sollicité et du coup, il y aurait moins de voitures et de motos HF à parasiter  l’événement. Le prestataire fournirait à toutes les chaînes intéressées un signal identique que chacun commenterait avec son équipe.  La qualité  du produit télévisuel n’en  serait que  meilleure, l’événement sur le plan médiatique serait quintuplé et au final le public des téléspectateurs et fans de sport auraient un produit  de qualité. La caravane du Tour se passerait de guerre d'images,  puisque tout le monde serait à égalité. C’est la qualité du commentaire, le professionnalisme des commentateurs et la pertinence des interviews à l’arrivée qui feraient la différence. Bref, le traitement journalistique de l’événement ! Ce faisant, la Guadeloupe entrerait dans une autre ère et signerait ainsi la fin des reportages-bricolages. Ce serait aussi une économie pour la collectivité régionale qui n’aurait pas chaque année à « distribuer » des aides qui sont souvent d’inégales valeurs.

Est-ce possible tout cela ? Oui, car la Guadeloupe n’a rien inventé. Aujourd'hui, de par le monde, tous les grands événements sportifs, aussi bien la Coupe du monde de football que les J.O, le Tour de France voire la Champion’s League sont captés par des prestataires uniques et « transmis » aux médias-diffuseurs partenaires. Pourquoi la Guadeloupe ne ferait-elle pas ce pas si c’est le gage à la fois d’une meilleure utilisation des deniers publics et d’une qualité supérieure des retransmissions ? Cela a un nom : la rationalisation des coûts.

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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