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Irma, et quoi après ?

18 Sep 2017
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Il était une fois, une cravate signée se promenait au milieu de vêtements mouillés et déchirés ; une main débordait de promesses, son image s’immortalisait volontiers aux côtés de gorges assoiffées et de ventres vides, cela c’est vu. Quel piteux spectacle ! C’est une nouvelle formule de dignité et de magnanimité sur des îles en partie infantilisées exprès. 
Sans surprise, Irma, Maria et bien d’autres frapperont des petits rochers. Les larmes des pierres et du sol se perdront naturellement dans les mers et océans. La Nature se révolte, je la comprends. Elle a honte des Caribéens mais, en premier lieu, l’attitude des esclavagistes la scandalise. Son  cerveau surnaturel agit à la place des quelques Caribéens annihilés.  
Certains se positionnent pour une reconstruction. Attention ! Générosité cultive souvent une grande complicité avec vision d’un énorme gain à venir et également avec désir de quelques personnes de recevoir à tout prix l’éclairage du devant de la scène. Toujours cette tête enragée de recettes de toutes sortes ! Comment s’en sortir ? En vérité, une réponse serait de partager la colère de la Nature, de s’allier à ceux qui parlent d’Humilité, de Solidarité, ainsi que de Dignité et d’Amour. 
Je dois avouer qu’après avoir été fréquemment frappée, la Peur n’est plus en moi. Sa puanteur m’arrive parfois mais s’en va aussitôt. Ouf ! Parce qu’à plus ou moins long terme, elle tue. Les scientifiques l’attestent. Si bien que ceux qui veulent bonifier la vie sociale bannissent cette émotion. 
 
Fallait-il qu’Irma brutalise riches et pauvres et les place presque tous sur le sol pour que les populations du monde découvrent les réalités du pays Saint-Martin et la hiérarchie que l’Etat français a favorisée, entretient et amplifie à son profit ? Après des siècles d’esclavagisme camouflé, il ne devrait plus selon moi, être nécessaire de passer par les Grandes Ecoles pour décrypter cet esprit répugnant de domination qui perdure. Il y a quelques années, je disais à une amie en vie aussi ce jour «  c’est curieux, j’ai le sentiment que nous sommes des crabes attachés dans un même sac ! ». Avec beaucoup de recul, mon analyse se mêle à une sensation. Alors, tout comme Zorro, j’affirme «  Libre je suis née, libre je veux demeurer. » Mais contrairement à lui, je nage sans cesse dans mon bain d’Humanité. Je ne tiens pas à être portée dans un sac en jute sur le dos des chercheurs de butin.   
 
Déjà fin expert en ségrégation raciale, Zorro s’active dans un travail de démolition de la jeunesse antillaise. Assurément, il poursuit son œuvre très vaste de division de la Caraïbe et, avec minutie, il agit sur les îles. Dans sa grande mansuétude, il impose aux jeunes son propre psychologue, et il retire aux jeunes enseignants volontaires nommés à Saint-Martin, la préférence du soignant qui les rassurerait. Que dissimule encore son cerveau ? Est-ce là une attitude qui correspondrait au poids de la douleur dans laquelle il a plongé des jeunes Guadeloupéens dans le plus total dénuement, sans famille proche à Saint-Martin et ayant tout perdu si ce n’est le vêtement qu’ils ont dû garder plusieurs jours ? Retourner ‘illico’ au boulot ?  Ce n’est pas en venant après la tempête caresser les bras des délabrés que l’on change leur situation concrète et interne ! Ce n’est pas avec encore d’autres promesses à dormir debout que Zorro effacera des siècles d’exploitation sur une population qu’un modernisme aveuglant insulte ici en continu ! Quelles tactiques sortira-t-il encore de son bagage afin de conserver des territoires sans lesquels sa gloire dégringolerait comme l’eau qui a emporté personnes, maisons et bâtiments de Saint- Martin ? Il arrive pourtant que certains vivants moins doués que des humains fassent arrière quand ils constatent qu’ils ont trop avancé dans une direction ignoble. Serait-ce là l’impossibilité, la maladie incurable de Zorro ? 
Et puis, croire en sa propre valeur, en sa potentialité est-il si ardu pour le peuple Noir ? S’estimer et avoir foi en ‘Soi’ sont indispensables à un regard bienveillant tourné vers la Tolérance et l’Espoir d’une Paix dans une Union durable sur la planète. Je vous en prie Caribéens, vous qui êtes beaux et à la force célèbre, relevez ce défi chez vous, pour qu’il devienne une évidence sur le globe ! Grands dieux ! Vous n’êtes pas Zorro ! Évidemment, en dépit de mon trajet très long et raboteux, vous ne m’accorderez peut-être pas de légitimité pour vous proposer mes conseils ! Qu’importe ! J’insiste tout de même parce que mes paroles sont pleines d’amour et sont par conséquent capitales. Comme quelques-uns,  j’ai beaucoup appris dans les écoles colonialistes, et je n’ai pas eu de temps libre pour communiquer entre nous, méditer sur notre réalité et nous apprécier. Donc, riche de trois enfants et de cinq petits, c’est avec ma conviction et mon cœur que j’écris autant pour le mieux-être de la jeunesse que pour celui de l’ensemble des Humains. Pas de ceux qui planent !
Malheureusement, Zorro ne connait qu’une éthique, celle de la Grandeur, de l’argent et des paillettes. Il représente un ourragan monstrueux pour les contrées vulnérables qui bénéficieraient de biens dont ce goinfre édifierait ses ‘richesses’. Souvenez-vous Guadeloupéens, un Gouvernement dit ‘de gauche’ n’a pas hésité à vendre la Centrale Géothermique de Bouillante à un pays étranger ! Si personne ne l’arrête, en défiant la mort elle-même, Zorro est en marche pour répandre ses saletés. Ce n’est pourtant ni pour cette tâche qu’il a été admis, ni pour s’envoyer des fleurs, mais pour améliorer la situation des plus fragilisés. De l’Histoire Guadeloupéenne il n’aurait semble-t-il retenu qu’une démoniaque situation de soumission des pauvres à maintenir !
Lorsqu’on ne connaît un pays habité qu’uniquement par ce que l’on pourrait en soustraire, on est un rapace. 
Lorsqu’on se déclare Maître d’une île et que l’on s’évertue à construire au bord de l’eau pour des gens de passage que l’on estime prioritaires pour les secours, on est un criminel. 
Lorsque Zorro s’acharne à prouver qu’il a agi, alors que la population a du mal à se faire soigner par manque de moyens, on devrait s’interroger sur la catégorie spéciale dans laquelle le ranger ! Je sais de quoi je parle pour avoir été envoyée à maintes reprises aux Urgences. La dernière fois, j’ai choisi de repartir le lendemain matin tôt, sans avoir eu le temps d’être soignée. En effet, ma souffrance m’a crié que les pompiers s’étaient sans nul doute égarés.
Seule la folie pourrait amener un État à offrir à d’autres contrées de l’amitié et des soins par grandeur d’âme alors qu’une grande partie de sa propre population lui reproche sa maltraitance. Quelle est cette énigme qui m’échappe totalement ?   
 
Africaine ? Indienne ? Pas de méprise, là sont mes origines que j’affectionne. Par le sang de mon aïeule paternelle Titi, je suis aussi d’origine amérindienne. Néanmoins, c’est si reposant de se dénommer « Être humain » ! Toutefois, dans cet auguste ensemble, il me plaît de hurler que je ne suis pas Zorro. Je suis Caribéenne puisque j’abrite la Caraïbe dans mon cœur et, sans nul effort de grand écart, je l’étreins avec mes bras et non grâce à des ailes.
 
 
Henriette Nadir-Cosaque  
 
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