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Les «Assises» : encore un coup de bluff!

24 Oct 2017
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Par Christian Celeste*

Le Préfet a lancé le lundi 16 octobre, pour le compte du gouvernement français qu'il représente sur le territoire guadeloupéen, les «Assises des Outre-Mer». La ministre des Outre-mer, Annick Girardin a présenté, de Paris, cette affaire comme étant «un espace de réflexion et d'échanges pour construire la Guadeloupe de demain».

Mais, pour qui, elle nous prend vraiment cette Girardin qui est, malgré les apparences, une «vieille politicienne» sans boussole qui vogue aussi bien sur les bateaux à voile et à vapeur ?

Essayez de nous fourguer ça comme une idée neuve, différente des «Etats Généraux de Sarkozy en 2009», c'est nous considérer, comme ce dernier l'avait fait pour les frères africains, comme des gens qui n'ont pas accédé à la compréhension du mouvement de l'histoire.

Eh bien, non Madame la ministre ! Vous vous mettrez les doigts… Où vous voulez… mais pas dans notre œil. !

Car, nous avons des références, une grande expérience des pratiques de votre Etat colonial, passé maître dans l'art d'enfumer les «gogos».

Depuis l'arnaque du colloque Dijoud en 1979, aux Etats Généraux de Sarkozy en 2009, en passant par les Assises de l'égalité et du développement de Christian Paul et de toutes les autres grandes messes de même nature nous avons vu, malgré certaines résistances déployées par des Guadeloupéens courageux et lucides notre pays s'enfoncer irrésistiblement dans le déclin.

Les apparences de modernité largement entretenues par le système de l'import-distribution imposé par la caste de pwofitan ne peuvent gommer les réalités du non-développement, du chômage, des misères, de la faillite des entreprises et des collectivités publiques.

Cette situation s'affiche comme une plaie à la face de cette France qui prétend donner des leçons à toute la planète en matière de développement et de respect des droits humains.

Alors à chaque changement de gouvernement politique, les nouveaux pensionnaires de l'Elysée et de la rue Oudinot s'empressent de trouver une parade pour cacher cette situation qui risque un jour d'ébranler les fondements de cette République qu'ils veulent mordicus, une et indivisible.

Mais la manœuvre de contournement que camouflent ces Assises va aussi échouer comme les précédentes.

Car, ces réunions de prétendues concertations, de co-élaboration de réponses collectives sont pipées au départ. Le schéma d'organisation est pré-établi, le cadre du débat est circonscrit, les résultats prédéterminés. Les préconisations seront déterminées par une équipe de projets dans laquelle ne figure aucun responsable local et en définitive, c'est un comité interministériel qui s'arrogera le droit, encore une fois, de décider de notre avenir à notre place.

On connait la suite. Vingt ans après, ils trouveront peut-être un nouveau «nègre» de service pour pondre cette fois une loi sur «l'égalité introuvable».

Si la Guadeloupe veut sortir de ce cirque permanent, il faut se décider une fois pour toute d'arrêter de manger gratis au festin des autres.

Mettons sur la table comme base de discussion avec le pouvoir français notre propre projet guadeloupéen.

Notre dignité et notre liberté sont à ce prix-là.

*Directeur de Nouvelles Etincelles

Organe du PCG

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