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Rien ne peut justifier cet immobilisme

20 Déc 2017
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La déferlante de contrariétés sur notre territoire dues à l’incompétence de certains de nos dirigeants et aussi aux dérives mafieuses (mise en examen d’élus et de hauts cadres, budget mis sous la tutelle par la cour des comptes, subvention virtuelle et non honorée avec un préjudice importants pour les associations et les entreprises, interminables querelles d’ego sur la question de l’eau, insupportable taux de chômage, montée de la criminalité, de l’illettrisme, et maintenant l’incendie du CHU) viennent rappeler que chez nous, la vie réelle des gens peut être vraiment triste.

Mais l’immense potentiel de notre archipel, tant par son climat, sa flore (l’or vert), l’abondance de sources d’énergies renouvelables, la variété et la beauté de nos sites naturels et touristiques, notre incomparable gisement encéphalique et l’extraordinaire réussite de nos élites intellectuelles, de nos artistes, comme de nos sportifs tant sur le plan national qu’international, montrent que le réel chez nous peut être aussi une immense source d’espérance.

Nous ne sommes pas des idéalistes utopiques. Et dans mes éditos, j’ai eu à le dire. Le réel ne peut être parfait. Mais rien ne peut justifier cet immobilisme avec la non résolution de problématiques récurrentes datant de 10, 20  ou 30 ans ! Mais il n’y a pas de malédiction programmée. Il y a des défis à relever et qui doivent être absolument gagnés. C’est là une affaire de maturité et d’intelligence collective.

Malheureusement, le nécessaire du quotidien devient chez nous une Urgence. L’urgence c’est aussi le refus des lamentations victimaires, du ressentiment, et des solutions des aboyeurs du « yaka fokon » qui dénoncent sans jamais énoncer. Il est vrai que l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse.  C’est dire que le pays qui traverse une crise sans précédent, n’a pas à privilégier les polémiques stériles. Et ce d’autant que la responsabilité est collective. Aucun élu, aucun responsable administratif ne s’est auto-proclamé. Il y a des règlements, des lois, une constitution, légitimés par nos suffrages. Chaque citoyen, chaque syndicat, chaque élu et entreprise, doit être jugé à l’aune de son utilité sociale. Et à sa capacité à s’inscrire lucidement dans le réel pour apaiser les inquiétudes d’une population déboussolée, en proie de politiques inefficaces et irresponsables. C’est dire que nous avions besoin en ce moment davantage d’hommes de bonne volonté que de procureurs aux solutions péremptoires. Pas besoins en ce moment de crise et de souffrance des malades, de fonctionnaires de la santé, payés par le contribuable, qui rechignent à se rendre à leur lieu de travail à cause d’un trajet devenu trop long. Combien d’enseignants traversent la Guadeloupe tous les jours pour accomplir leur mission ? Devrait-on remercier le fonctionnaire qui travaille dans une commune éloignée de son domicile ? Non, il fait son travail tous les jours en toute responsabilité, surtout si l’on est dans une période exceptionnelle. Kennedy a raison. Ne te demande pas toujours ce que ton pays peut faire pour toi. Mais ce que tu peux faire pour ton pays. Qu’on se comprenne bien. Il ne s’agit pas d’occulter les responsabilités lourdes, souvent connues, car trop longtemps dénoncées. L’heure est au pragmatisme, L’urgence, c’est ici, là et maintenant. L’urgence est à la sécurité médicale des malades et de ceux qui en auront besoin. Si une vie ne vaut rien (pour certains), rien ne vaut une vie pour d’autres. Il s’agit d’être lucide et de coller au réel. Ce n’est point ici de notre part un blanc-seing. Car il faudra plus tard tirer sans aucune concession, toutes les leçons de dysfonctionnements identifiés. Désormais il faudra penser, agir et ne faire non pas autrement, mais plus efficacement. Nous le disons avec gravité, comme j’ai eu à le dire sur Guadeloupe 1ère dans Presse Hebdo d’Éric Lefebvre. L’heure ne peut être à la démagogie politicienne. Aux règlements de comptes, aux stratégies de carrière (ce n’est pas moi, c’est lui !), et encore moins à la promotion colérique, corporatiste, idéologique, ou médiatique. Surtout opportunistes !

Balayons d’abord devant notre porte. Notre pays n’a pas les lourds handicaps, géogra-phiques, climatiques, économiques, insti-tutionnels, intellectuels et structurels, qui frappent certains pays comme une malédiction.

Le développement d’un pays ne doit plus se reposer sur les choix d’un ti-mal, christique, ni sur un cadre statutaire et encore moins sur une idéologie fut-elle marxiste, libérale ou théocratique. Cela se saurait. Il n’y a de richesse que d’Hommes (femmes comprises, pa mélé mwen )!

Un pays c’est une volonté collective d’aller de l’avant. Et de ne pas stagner dans un ressentiment et les marigots d’un passé certes à connaître, mais qu’on ne peut plus changer. L’heure est aux solutions innovantes, porteuses, humanistes et respectueuses de l’humain. Il faut penser ici à Mandela, à Martin Luther KING et surtout à OBAMA, à l’UJMG. Le triomphe des vaincus existe ! Mais faut-il encore corriger nos insuffisances et ces mal gouvernances improductives.  Un destin lumineux est possible. Nourrissons le débat contradictoire comme nous le faisons à l’UJMG dans des échanges respectueux, car fraternels. En portant haut et dignement les couleurs de notre pays à l’étranger, lors des assises de l’union de la presse francophone.

Au Progrès Social, journal doyen de la Guadeloupe, nous le disons, nous le proclamons “Yes we can” ! Continuez à lire et à faire lire le Progrès Social !

Prochain numéro le 06 janvier 2018

Bonne et heureuse année.

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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