" Sale Nègre, ferme ta gueule... "

19 Jan 2018
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Des affiches négrophobes placardées sur des magasins en veux-tu, en voilà.  En politique, dans le sport, dans les entreprises, dans nos rues,  des injures fustigeant  la différence interpellent. Les injures racistes et sexistes en 2018 interpellent autant par leur brutalité que par leur instrumentalisation, conscientes et inconsciente. Il faut dénoncer avec la plus grande vigueur, l’injure raciste et sexiste qui se banalise. “C’est  pour qui la banane ? C’est pour la guenon.” C’est par ces mots qu’une fillette de 12 ans avait  brandi à Angers une peau de banane à l’endroit de Christiane Taubira, à la grande joie entre autre, du Front National. Racisme, sexisme ce sont des blessures de notre humanité. Mais ne faut-il pas  faut en finir avec cette culture de l’excuse.  Car expliquer le mal, c’est vouloir déjà tout excuser !

Que ces insultes viennent d’enfants  et des faibles QI de la compassion, on pouvait comprendre sans pour autant l’accepter.  Notons que cette  comparaison simiesque envers la  ministre de la Justice,  c’est le lot, encore récemment, de joueurs noirs sur les terrains de foot — après Thuram — tels Blaise Matuidi en Italie, Pierre-Aymerick Aubameyang en Allemagne et Gaëtan Bong en Angleterre. 

Cette semaine encore, une scène banale d’un racisme ordinaire avec Donald Trump  qui déclare lors d’une réunion avec des représentants du Congrès Américains : “Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? ” aurait-il demandé en référence à des pays d’Afrique, à Haïti et au Salvador. Et Trump de rajouter : “pourquoi ce ne sont pas des Norvégiens qui viennent ?”. Mais l’insupportable, c’est ce racisme ordinaire qui touche les petits et les grands.  Une grande marque de prêt-à-porter bon marché, H&M, diffuse dans un même catalogue l’image d’un tee-shirt  vert porté par un enfant noir sur lequel est inscrit en anglais : “le singe le plus cool de la jungle ” et celle d’un pull orange porté par enfant blanc portant la mention : “Expert en survie ”.

“Sale Nègre, ferme ta gueule ! Tu te crois où ? ”  Des insultes humiliantes il y en a aussi chez nous. En région Basseterrienne il y a quelques mois. “Sale nègre ! Fils de pute! Esclave ! Fils de vieille négresse ! Les nègres ont toujours été des chiens, Makak ! Un petit nègre comme toi, ne peut pas faire peur, je vais te faire tuer, sale petit nègre ! ”  La contagion se nourrit. Et ce d’autant que de puissants et redoutables décideurs, qui  n’ont pas  eux,  l’excuse d’imbécilité, n’ont pas hésité à alimenter, avec leurs déclarations en Afrique, chez les adeptes de la pureté raciale et de la dominance, des d’inepties justifiant les injures!  “Toutes les civilisations ne se valent pas. Races supérieures. Races inférieures. Les noirs ne sont pas encore entrés dans l’histoire ”. C’est à se demander ka nèg la fè yo ! Y-a-t-il  complologie  envers des peuples si longuement opprimés, ce qui explique souvent leur retard au développement !  Pourquoi avoir autant peur des noirs, jusqu’à prétendre les convaincre de leur infériorité fantasmée. Le mal semble tellement ancré que toutes sortes d’excuses sont trouvées aux expressions de racisme, même les plus lénifiantes. Quid de cette culture inacceptable  de l’excuse tardive. Il faut en finir avec cette culture de l’excuse. Une façon bien hypocrite de s’en sortir à bon compte. S’il est nécessaire de lutter contre le racisme par des campagnes d’information, d’éducation, de communication comme le fait par exemple la FIFA, il va devenir indispensable de s’en prendre au porte-monnaie des responsables. Si les sociétés susceptibles de laisser ainsi stigmatiser les noirs, savaient qu’elles pourraient y perdre des millions, il est sûr qu’elles y regarderaient à deux fois. Il ne s’agit pas ici de se féliciter du saccage d’un magasin comme cela a été le cas en Afrique du Sud, mais d’expliquer par le seul langage compris par toutes les entreprises : les finances. Oui, il faut des contremesures économiques et financières  réellement impactantes : boycott, campagne de déstabilisation de la marque, mobilisation de tous les réseaux, attaques boursières…

De façon à ce que l’entreprise ou le dirigeant fautif fasse acte de contrition, pas symboliquement, mais de manière suffisam-ment couteuse pour s’en souvenir à jamais.

Le racisme c’est le fort des esprits faibles. Et des esprits faibles il y en a. Le cerveau du jeune apprenant  quelle que soit sa couleur est une page blanche, disons vierge. Le problème du racisme et du sexisme,  c’est l’apprentissage de l’histoire à l’école. L’histoire  est, certainement, la matière scolaire la plus manipulée qui soit depuis toujours et un peu partout. Mêmes les racistes anti-blancs s’en servent. La classification des humains selon des critères physiques et culturels, est la théorie la plus ridicule et la plus stupide que l’on puisse imaginer. 

Tant que nous laisserons passer ce type d’agression, vite oublié rien ne garantit que cela ne continuera pas. Rien n’indique que d’autres entreprises n’entretiendront pas en leur sein des racistes avérés  ou des propos et images qui discriminent. En quelque sorte, laisser filer  doux, le racisme ordinaire.

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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