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La Guadeloupe est-elle vraiment malade ?

21 Mar 2018
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Parce que la question sanitaire s’est considérablement détériorée dans notre ile. Outre le CHU qui est en très grande difficulté pour ce qui a trait aux soins, si j’ajoute l’empoisonnement des sols, la potabilité très médiocre de l’eau des robinets ou son absence totale, on aura compris que de ce point de vue, plus rien ne va dans ce pays.

Qui s’en préoccupe ?

Le plus grave, c’est sans doute l’incroyable apathie de notre classe politique.

On en revient chaque fois à se demander dans quel pays nous vivons.

Comment pouvons-nous un seul instant accepter que ces élus, soient ainsi tous pratiquement hors sujet sur tous les sujets ?

Depuis leur élection, les 6 nouveaux parlementaires n’ont pas cessé faire des allers-retours Pointe-à-Pitre/Paris. Tantôt ils accompagnent des ministres dans leur tournée hivernale d’autres fois ils se font recevoir dans les officines ministérielles. Histoire de nous faire croire qu’ils font quelque chose.

Mais sur le terrain il ne se passe rien, que du bla-bla et de la com.

Au plan concret, quels sont les résultats de ces innombrables voyages ? En quoi la Guadeloupe a-t-elle progressé ?

Souvenons-nous. C’était il y a un peu plus d’un mois, Ary Chalus s’était fait photographier aux côtés d’Emmanuel Macron à l’Élysée et avait profité pour annoncer glorieusement que l’Etat français allait lâcher 400 millions pour « accompagner » le processus de remise en état de la machinerie de l’eau : Ola sa ?

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Dans un autre registre. Peu de temps après, Victorin Lurel, qui avait été totalement sourd et muet à l’époque où il était ministre de colonies, s’intéresse subitement à la question épineuse de la chlordécone.

Laurel, encore lui, se met en état de marche pour toiletter la Constitution française.

Beau programme !!

Mais n’oublions pas que c’est ce même Lurel qui, en décembre 2003, avait fait voter massivement, la peur au ventre, contre toute évolution, même à minima, du statut colonial. Le voilà aujourd’hui, vent debout, bannière déployée, prêt à être aux avant-postes sur cette question.

Il n’a échappé à personne que Lurel a lancé sa campagne. Pour 2020. Tant pis, Chalus a du retard à l’allumage.

Pendant que nos politiciens font de la petite politique politicienne, rien ne va, le pays s’enfonce jour après jour. La question de l’eau s’avère pour l’heure quasiment insoluble.

Le CHU ? Personne ne sait vraiment… Des crèches ferment.

Seules les organisations syndicales bougent, mais n’arrivent pas encore à « mettre en route » car une bonne partie du peuple guadeloupéen semble à la fois craindre, tout en le souhaitant, un mouvement social d’ampleur.

Faut-il refaire une sorte de LKP - comme en 2009, descendre dans la rue pour simplement réclamer que l’eau coule dans les robinets et que le CHU soit en état de marche ?

2009 l’a prouvé : un mouvement qui ne serait que social, se dilue dans le temps et tout revient très vite comme avant.

Nous sommes en 2018, le malaise réel vient du fait que nos politiques globalement, il faut le dire, ne sont pas à la hauteur désirée ou souhaitée.

Ils n’anticipent pas, ne prévoient rien, ils fonctionnent au jour le jour et finalement ils sont loin derrière le peloton.

D'un autre côté, notre peuple, souvent couilloné et déçu, est devenu frileux et ne s’engage pas, ne fait plus confiance. Au pire, il se dit, faute de mieux, prenons ce qui est. Et on se conforte dans une situation totalement inconfortable

On tourne en rond, la situation se dégrade et il n’y a pas l’ombre d’une vraie solution à l’horizon.

Mais il faudrait bien, une fois pour toutes, pour résoudre ces innombrables problèmes, que nos politiques acceptent de se mettre ensemble et aient le courage de penser une Guadeloupe autre que celle-là.

Nos politiciens bricolent dans le cadre étriqué du système colonial. Et ils ne s’en rendent même pas compte car c’est TOUJOURS Paris qui a le dernier mot. Nous sommes DEPENDANTS.

Le pays vieillit, les jeunes s’en vont, les problèmes posés demeurent : Oui le pays est encore très malade. Il faudra bien le soigner pour le guérir.

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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