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Il faut passer à l’action dès maintenant...

23 Avr 2018
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Quid du vieillissement de notre population ? n’est un mystère pour personne que dans les pays développés, l’émancipation des femmes avec comme corollaire l’instruction et l’emploi, a mécaniquement provoqué des conséquences sur la natalité et donc sur la démographie. Si ces pays n’ont pas eu le BUBIDOM, ils ont connu d’autres « saignées » avec notamment des guerres à répétition, dont deux conflits mondiaux. Et, quasiment tous, ont connu un phénomène de vieillissement de leur population. Provoquant de ce fait, de graves conséquences, tout comme nous, sur la production et les retraites. Qu’ont-ils fait ?

Rien d’autre de ce qui a été fait après l’abolition de l’esclavage chez nous, pour compenser la brusque diminution de la force de travail disponible. On dirait aujourd’hui de la population active. Le Conseil Général de l’époque et les colons, ont mis en place, cyniquement, une politique migratoire « mondialisée », tous azimuts, par une immigration à marche forcée pendant cinquante ans pour attirer une force de travail exogène qui leur était indispensable. Ainsi, ont-ils procédé à l’engagement de travailleurs dits sous contrats : Indiens, Japonais, Chinois et même Madériens portugais (Preira, de Souza, Gomez, Do Mota...) Mais aussi des africains. Oui les afro-descendants ne sont pas tous fils d’esclave. Mi bab !

Retenons que ces immigrations forcées ou consenties avec leurs corollaires de souffrances, d’exploitation mais aussi de luttes, de labeur et d’espérance, ont donné dans un métissage unique la Guadeloupe d’aujourd’hui. Une Guadeloupe dont l’ADN rhyzomique tire richesse et tolérance de sa diversité.

Aujourd’hui nous vivons une autre crise démographique liée au vieillissement, prévisible, de notre population. Les générations du baby-boum d’après-guerre sont à la retraite. Et celles destinées à les remplacer, déjà moins nombreuses à cause de la baisse de la natalité avaient en outre été décimées, notamment par la politique d’immigration du BUMIDOM et par ce que Césaire avait appelé le génocide par substitution !

Pour combattre le vieillissement de la population, il n’y a guère que deux leviers à actionner : d’une part le solde naturel et donc surtout la natalité, et d’autre part l’immigration. Mais il faut surtout anticiper car la démographie est une science humaine dont les ressorts sont mécaniques autrement dit les conséquences sont prévisibles longtemps à l’avance (sauf évènement exceptionnel).

Mener une politique nataliste consiste à favoriser les naissances par des aides financières (Allocations, réduction d’impôts.) et aussi en créant un environnement social favorable à l’éducation des enfants (crèches, congés parentaux…). Mais il s’avère souvent que cela n’est pas suffisant à cause du développement économique, sanitaire et social. Il faut alors avoir recours à une politique d’immigration.

Par une politique migratoire intelligente, il s’agit à la fois d’attirer une force de travail adaptée aux besoins du pays mais aussi des populations en âge de procréer afin d’alimenter la politique nataliste. Ainsi dans les années 70, la France a-t-elle fait venir de ses ex-colonies des travailleurs non formés pour effectuer des tâches peu qualifiées auxquelles les français n’étaient pas disposés. Aujourd’hui le Québec attire des migrants qualifiés pour favoriser son développement économique. L’Allemagne a joué la carte du deux en un, en recevant des personnes qualifiées et jeunes avec l’arrivée massive d’un million de migrants venus notamment de Syrie. Mais encore faut-il réussir à intégrer ces migrants pour que cela soit efficace.

En Guadeloupe, il est vain de s’épandre sur les causes du vieillissement que l’on connaît et sur lesquelles on ne peut plus agir. Il faut passer à l’action, dès maintenant.

Aucune loi, aucune puissance et religion, n’empêche à des « Guadalovers intégristes » d’engendrer comme leurs parents une famille de 12 et 13 enfants.

Mais vous l’aurez bien compris ce n’est plus d’actualité, car nous avons déjà atteint le taux plancher de non renouvellement des générations (2,1 enfant par femme) et risquons d’ici quelques années de tomber au niveau des pays Européens (1,3). Il ne reste donc objectivement que le levier de l’immigration. Sans compter qu’on ne peut légalement interdire à nos jeunes et brillants cerveaux de s’expatrier à la recherche du meilleur pour eux.

Ce problème de vieillissement peut être réglé en trois coups de cuillère à pot, tant il existe des pays avec une population jeune prête à s’installer ici comme les migrants Chinois. Mais restons sérieux ! Si on se plaint et que l’on a peur de l’immigration dominatrice européenne et blanche (génocide par substitution), il y a cette multitude de caribéens noirs et jeunes prêts à venir compenser ce déficit démographique. Sommes-nous prêts à les accueillir, à les intégrer ? Ne confondons comme le font certains chez nous, humanisme, pragmatisme, et réalité, avec la pureté identitaire, à la « FN », dans le seul but d’exclure. Les flux migratoires ont des constantes. Les plus pauvres vont vers des pays moins pauvres. Le vrai problème pour les politiques migratoires, c’est la capacité d’intégrer les étrangers appelés à être plus tard comme le sont aujourd’hui les zindyens, des citoyens à part entière, et qui ont désormais pour première patrie leur pays d’accueil, la Guadeloupe. Notre ami et fidèle lecteur du Progrès Social, Fred DESHAYES du groupe Soft, nous avait donné la primeur de sa dernière chanson au sujet des communautés immigrées. Il a raison de dire à ces nouveaux immigrés et comme à d’autres avant eux : tou a’w ké vin osi.

Mais poser la question démographique en terme d’origine des migrants comme cela est souvent fait, ici et ailleurs, en fonction de la couleur de peau, c’est se tromper lourdement. Cette question sensible, car il faut éviter d’agir brutalement pour préserver des équilibres, relève au fond de froides raisons économiques et de perspectives de développement. Il est sûr que cela fera hérisser les poils des adeptes de l’unique pensée.

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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