Breaking News

La question du Drapeau National Gwadloupéyen

29 Mai 2018
1296 fois

Ça tombe plutôt mal, me dira-t-on, mais j’en prends le risque. Alors que la polémique enfle sur l’existence sur notre sol et ce, depuis septembre 1802, du tombeau de Richepance : faut-il le conserver comme une relique d’une époque barbare ou le jeter à la mer ? Voilà que je viens, en toute conscience, ajouter une couche supplémentaire en évoquant ici la question d’un drapeau national gwadloupéyen : mi bab !

Pourquoi ?

Parce que lundi 28 mai, au Matouba, à l’endroit même où Delgrès s’est sacrifié en 1802 avec 300 combattants anti-esclavagistes, des militants et patriotes d’une organisation nationaliste ont arraché l’oriflamme tricolore français qui avait été déposé sur le « mémorial » Delgrès.

L’acte de ces militants pose une fois de plus avec acuité, la question du drapeau national gwadloupéyen.

Est-ce vraiment une question d’actualité ? Oui je sais qu’on me dira, qu’il y a en Guadeloupe, surtout en ce moment des questions plus urgentes et récurrentes : l’eau, les sargasses, la chlordécone, le CHU, le chômage. etc.

Donc le drapeau, pour une Guadeloupe qui est encore sous tutelle française est-ce vraiment important ?

Je réponds OUI et définitivement.

Car cette problématique reviendra sans cesse et même si nos responsables politiques de la Région, du Conseil Général, de l’Association des maires, du CESR etc., plus français que les Corses ou les Bretons, font mine de la minorer ou de l’ignorer. La question de notre drapeau est posée. Il faut l’aborder et y porter solution.

J’avoue que ce ne sera pas chose aisée pourquoi ?

Quand en 1963 le GONG première organisation politique guadeloupéenne, a posé la question de l’independance nationale, un drapeau rouge-vert-blanc avec une étoile jaune est pour la 1ère fois brandi.

GONG.png

On le verra sur « Gong information », le périodique clandestin que publiait le GONG, ainsi que sur « Le Patriote Guadeloupéen » le journal de « l’Association Générale des Étudiants Guadeloupéens » (AGEG).

Plus tard en 1968, à l’occasion des procès des Guadeloupéens à Pointe à Pitre, l’oriflamme du GONG refera son apparition… puis progressivement disparaitra. Le GONG, lui-même miné par ses dissensions internes, entre opportunistes de gauche et démissionnaires quitta la scène politique nationaliste.

1978  :des militants du GONG et d’autres, venus d’horizons divers créent l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) et un nouveau drapeau, frère presque jumeau du drapeau du Surinam est proposé. Il ne s’agit bien, et nous le disons, que du drapeau de l’UPLG

UPLG.jpg

1981 après la brève épopée du GLA, une fois libérés des geôles françaises Luc Reinette, lance avec feu Henry Bernard, Simone Faisans-Renac, le Mouvement Populaire pour la Guadeloupe Indépendante, (MPGI) avec un drapeau rouge vert et noir.

MPGI 1981.png

Entre-temps le Parti Communiste Gpéen (PCG) a aussi sorti son drapeau. On l’a compris chaque organisation politique anti-colonialiste propose son drapeau.

PCG.jpg

Car il ne faut pas le nier le gouvernement français, a su lui nous imposer son drapeau tricolore qui flotte depuis trois siècles sur tous les édifices publics, pour rappeler aux Guadeloupéens, nationalistes, indépendantistes, patriotes qu’ils sont dominés, colonisés, et sous tutelle…

Et nos élus, atteints jusqu'à la moelle de leur francitude ,n’ont jamais tenté de remettre en cause le drapeau tricolore français. Comment oseraient-ils ?

170 ans après la pseudo abolition  de l’esclavage. Nous en sommes là.

Faut-il enfin, se mobiliser pour créer et adopter un drapeau national gwadloupéyen ?

Ah non ! Surtout pas ! diront tous ceux qui pensent que la Guadeloupe, restera éternellement sous domination coloniale française.

D’autres Guadeloupéens, parmi ceux qui disent que la Guadeloupe est une nation sans état, pensent que nous devons nécessairement nous donner ce premier attribut d’une future souveraineté. Il n’est pas trop tôt.

Mais le problème est de savoir quel drapeau choisir ! Faut-il, à l’instar de la Guyane adopter un drapeau nationaliste, et faire le pas ?

Ary Chalus et Josette Borel-Lincertin sont-ils eux prêts pour cette démarche ? Surement pas, car ils en sont encore au tricolore français.

Cette question, n’est pas la leur.

Alors, il appartient aux patriotes de se donner les moyens et de prendre une initiative historique et populaire et de consulter le peuple guadeloupéen.

Car nous avons effectivement besoin d’autre chose que ce drapeau tricolore qui apparaît en France après la révolution française en 1794, date de la 1ère abolition de l’esclavage.

Et après le drapeau, se posera la question de l'hymne mais d’abord le drapeau !

Cette oriflamme gwadloupéyen aidera, c’est certain, à la prise de conscience.

An nou ay !

Évaluer cet élément
(9 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires