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Macron veut-il « lâcher « la Guadeloupe ? et si Jocelyn Sapotille avait raison …

20 Jui 2018
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Les atermoiements de la France sur le traitement des sargasses et la crise sanitaire qui affecte la Guadeloupe obligent, élus et peuple, à se poser des questions sur la « nouvelle relation qui s’établit entre l’État français et notre pays. Sous couvert d’expérimentations, Macron serait-il en train d’essayer d’obliger nos élus à voir l’avenir de la Guadeloupe autrement ?

A vrai dire, il ne s’agit ni d’une autonomie politique réelle et encore moins d’une possible indépendance. Non, pas du tout ! L’État français 3.0 est beaucoup plus cynique. Il sait parfaitement que la classe politique actuelle n’a, ni le désir, ni même l’ambition, d’assumer un changement de logiciel sur le plan politique. Alors peut-on se demander, pourquoi, dans le traitement de certains dossiers - qu’on peut qualifier d’urgents - les réponses fournies par l’État sont très en-deçà des réponses-espoirs de nos élus ?

En fait, l’état Macron n’a pas d’état d’âme. Si on se réfère un instant à ce qui se passe en France avec la réforme à marche forcée de la SNCF, on voit bien que Macron n’a qu’un seul objectif : appliquer jusqu'à la virgule près « son » programme. Les syndicats français qui tentent de résister à coup de grèves épisodiques, s’épuisent mais Macron ne lâche rien.

S’agissant de nos pays, toujours sous tutelle coloniale, Macron et son gouvernement ont décidé d’économiser autant que faire se peut, les moyens financiers destinés à maintenir la dépendance.

Macron n’entretient pas, comme le faisaient les Gaullistes du passé, une quelconque relation affective avec les « confettis de l’empire » colonial que sont la Guadeloupe, La Martinique, la Réunion etc.

Même si, d’un point de vue stratégique, grâce à toutes ses dernières colonies, la France demeure au niveau maritime la 2è puissance mondiale (plus de 570 000km2), Macron ne se sent pas obligé d’assumer les obligations financières de la situation actuelle. On le voit bien, et ceux qui ne veulent pas le voir le font exprès, l’État français veut réduire la voilure, donc les dépenses, mais sans vraiment toucher au statut colonial.

Comment cette nouvelle attitude va-t-elle s’exprimer ?

Invariablement, les élus, les collectivités guadeloupéennes devront s’attendre à des budgets de plus en plus contraints. L’État-Père Noël, c’est bien fini. Macron l’a dit en Guyane. Annick Girardin (voir interview) l’a répété.

En d’autres termes, il va falloir apprendre à se démerder avec ce qui est octroyé, point trait. Cette nouvelle situation peut-elle influer sur le comportement de notre classe politique ? Tout dépendra de sa capacité à comprendre, analyser et réagir sur ce qui est en train de se passer. Ainsi Jocelyn Sapotille, Maire de Lamentin et président d’une Communauté d’Agglo, il y a de cela quelques semaines, est monté au créneau pour tenter d’alerter ses confères élus, en se demandant si nous n’étions pas devenus un poids (financier) trop lourd pour l’État et qu’il fallait en tirer les conséquences. Comme il fallait s’y attendre, l’alerte lancée par M. Sapotille n’a eu aucun écho dans la classe politique.

Mais soyons juste, le GUSR, le parti de M. Guy Losbar, actuel Vice-Président de la Région, a tout de même lancé l’idée (pas judicieuse et coûteuse pour notre peuple) de la création d’un fonds catastrophes … abondé par une hausse de l’octroi de mer : Initiative mort-née.

Dans les faits, l’État macronien obligera à terme la classe politique, sans doute à l’insu de son plein gré, à se poser des questions et à trouver des réponses sur le devenir de notre pays.

Si les moyens fournis par l’État se réduisent comme une peau de chagrin, que faudra-t-il faire ? Sera-t-il temps d’évoquer un changement de la relation politique ?

Qui peut porter cette éventuelle revendication ?

Dans le camp patriotique qui fut, jusqu’au début des années 80, porteur d’idées nouvelles, les cerveaux sont fatigués, il ne se passe plus grand chose. On se contente de ressasser avec une grande nostalgie les épisodes du passé. Mais plus rien ne surgit.

La classe politique traditionnelle, on ne va pas se mentir, n’est vraiment pas en état d’assumer le défi macronien. Silence dans les rangs ?

Je n’ai pas envie d’être pessimiste, mais avouons-le, c’est plutôt mal parti.

Macron a donc les mains libres et il ne va pas s’en priver : L'État macronien, va sans doute tout seul dessiner, et à moindre coût, la nouvelle relation coloniale. Sauf miracle politique, qui peut aujourd’hui l’en empêcher ?

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

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