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On subit, on gémit, on panique, on se querelle...

30 Jui 2018
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Ce ne sont pas les saisons qui dictent la vie des citoyens, mais bien les échéances électorales qui sanctionnent ou accordent une confiance renouvelée. Ce sont donc les élections qui déterminent les stratégies des postulants, leurs comportements à l’approche de la date fatidique, leur positionnement variable sur l’échiquier politique, leur conscience idéologique. Et c’est bien pour cela, dans une démocratie soumise à la dictature des sondages, qu’ils soignent leur image, qu’ils travaillent leur visibilité médiatique et cherchent à accroître leur capital-sympathie auprès de l’opinion.

Pour l’homme politique devenu un professionnel de la politique, le but demeure en définitive toujours le même. Comment se faire élire et donc, déchouker celui qui est en place ? Ou comment se maintenir, se faire réélire en écartant tous les autres postulants, qu’ils soient ou pas de la même famille politique ?

Dire donc que la campagne des prochaines échéances électorales a déjà commencé ce serait une lapalissade. Fo pwan douvan ava douvan pwan et occuper le terrain par une présence active en matière de communication sur tous les supports médiatiques, réseaux sociaux compris.

Comme on le constate, alors que les municipales n’auront lieu qu’en 2020, c’est déjà la fièvre des bilans. Pour les maires, c’est le bilan mi-mandature. Mais cette semaine, on a assisté, qui pour un député, une députée, qui pour un sénateur, une sénatrice, à des bilans de première année de mandat parlementaire. L’occasion pour ceux-là de tenir en haleine leurs électeurs en vue des municipales. Car certains à l’instar du député Serva, n’ont jamais caché leur ambition et situer leur priorité, celle de s’impliquer à un titre ou à un autre dans la bataille municipale. Certes ils n’auront pas comme les maires en place à défendre un bilan de mi-mandature de leur action municipale, mais ils ne s’interdiront pas de montrer l’efficacité des dossiers qu’ils ont faits avancer tant pour le pays, leur communauté de commune et surtout la commune. Cette même démarche vaut pour les conseillers régionaux et départementaux. Et ce même si les élections départementales et régionales auront lieu, dans la foulée, en 2021. Et les présidentielles et législatives en 2022. L’homme politique se rend plus que jamais, disponible pour toutes les élections. Car l’essentiel à défaut de remporter l’élection de son choix, est de se projeter sur d’autres élections. Que ce soit par un scrutin uninominal ou de liste. Voire même un scrutin indirect par de grands électeurs.

L’action politique et nous ne cessons de le dire, doit se situer dans l’anticipation. L’action n’est pas la réaction. En tout cas, elle ne devrait pas l’être car la réaction signifie que le problème est déjà là. I ja souvan two ta ! On subit, on gémit, on panique, on se querelle, davantage que l’on agit.

Les politiques, en solitaires, ne peuvent qu’apporter des solutions partielles. Le bilan montrera certainement et surtout la capacité à penser et à réaliser ensemble. Mais faut-il encore que nos politiques arrivent à dépasser l’esprit de village, pour penser Guadeloupe d’abord.

S’il faut agir local, il faut penser global. Il n’y a pas que les pollutions de toutes natures qui se moquent des frontières. Le problème migratoire ne concerne pas uniquement, les européens ou Trump. Nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, quand le monde est un village, les conséquences d’un protectionnisme sans âme, peuvent se révéler préjudiciable en termes économiques ou démographiques Nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, les conséquences en termes économiques ou démographiques sont cruciales. Ils sont trop souvent occultés, sinon pour tenir des propos démagogiques, populistes voir xénophobes. Jamais, ces problèmes ne sont posés à la population en termes de choix de développement, ni en termes d’aménagement équilibré du territoire ou de coopération.

Ne nous voilons pas la face. Chez nous, le problème migratoire reste aussi posé. Cependant pour des territoires vieillissant comme le nôtre, il y a lieu de conduire sur cette problématique une réflexion sereine et apaisée. Et ce d’autant qu’il y a des espaces voire des déserts ruraux à fortifier. Il s’agit de ne point reconduire, des ghettos et le communautarisme de la discorde. La question est sensible. Par exemple, bien que la naturalisation des étrangers soit une compétence exclusivement gouvernementale, les communes surtout rurales, devraient avoir leur mot à dire s’agissant de personnes s’installant sur leur sol. La demande de main d’oeuvre, l’offre de logement, la création ou la fermeture de classes, autant de problématiques sur lesquelles elles doivent pouvoir s’adapter au mieux.

Pour revenir aux élections, Moun pa ka achté chat an sak. Et encore moins ba moun chèk an blan. Si la politique c’est de l’anticipation, sachons donc distinguer dans un bilan, les promesses intenables de celles non tenues et de celles réalisées. Mais aussi mesurer la capacité de l’élu à aborder tant sur le plan technique, intellectuel que financier tous les imprévus de la vie. De notre vie.

RJC

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