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Victoire de Carène : Le sport rassemble davantage que la politique

17 Aoû 2018
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Et un et deux et trois ! Boris Carène a ajouté une troisième étoile sur le maillot jaune du Tour de la Guadeloupe. Et de quelle manière !

Il faut dire que cette victoire a été préparée de longue date. C’est le fruit à la fois d’une longue réflexion sur la situation du cyclisme Guadeloupéen. Mais également la mise en place d’une programmation précise et une organisation méticuleuse afin de décrocher le graal. Cette fois Carène a préparé sa victoire par la mise sur pied d’une équipe dédiée à ce projet. Comme le font d’ailleurs toutes les grandes équipes professionnelles, avec une équipe au service d’un leader. Opération réussie pour l’équipe, mobilisée autour de ce projet de victoire de Carène sur ce tour. Car s’il est une leçon qu’il faut définitivement tirer des grandes épreuves cyclistes, c’est que la victoire est toujours le fruit d’un travail collectif, d’une équipe et pas celle d’un coureur seul, même ayant la tête et les jambes pour gagner. C’est vrai qu’il est souvent difficile de comprendre que le cyclisme est un sport individuel qui se court en équipe. Difficile d’appréhender le fait qu’une bordure fait par une équipe puisse annihiler toute tentative d’échappée. Difficile de constater qu’un coureur seul en tête de course, spécialiste du contre-la-montre, ne puisse pas empêcher le retour d’un peloton ou d’un groupe où les coureurs prennent activement les relais. Et pourtant. En la matière la force d’un groupe ne se réduit pas à celle du maillon le plus faible, mais bien à la capacité du groupe de rouler en symbiose, de manière coordonnée. C’est pour cela, par exemple que lors de la dernière étape, lorsque Carène s’est retrouvé seul en tête de peloton à prendre en chasse le groupe d’échappés, du fait d’une panne de son co-équipier Edwin Sanchez Anzola, il s’est trouvé quelques coureurs Guadeloupéens pour venir lui prêter main forte et éviter une catastrophe de dernière minute.

C’est bien là le message que Carène a voulu faire passer. On se souvient en effet quand en 2015 il remporte le tour, tiraillé entre la volonté du président de région de l’époque Victorin Lurel, principal sponsor du Tour, et du maire de Baie-Mahault Ary Chalus son employeur, Carène avait eu cette intelligence de ménager la chèvre et le chou en mettant la Guadeloupe au premier plan. Le sport rassemble davantage que la politique. Les considérations politiciennes ne doivent pas, ne doivent plus, faire passer les intérêts et la fierté de la Guadeloupe au second plan ! Gwadloup d’abord !   Dans ce monde où clientélisme est roi, ce message, clair, franc, sans concession, patriotique, est souvent difficile à faire passer. Difficile à faire admettre que certains coureurs soient là uniquement pour servir de faire-valoir, de porteurs d’eau, tâche ingrate mais ô combien indispensable.

La gloire et la fierté d’un champion, c’est de répondre aux attentes de sa famille, de son club, de ses sponsors et de son pays. De donner en retour à tous ceux qui ont permis son ascension et lui permettre de réaliser son rêve de champion. Au niveau international, les exigences pour réussir sont autres. Et les courses du temps de Pauline et Molia est une époque révolue. Epoque où le vainqueur était un ti-mal qui pouvait pédaler plus fort et plus longtemps que les autres. Mais qui s’inclinait trop facilement devant les étrangers, mieux organisés.

Non aujourd’hui, en cyclisme, comme dans beaucoup d’autres disciplines sportives, s’il faut les muscles, il faut la tête, mais surtout de la rigueur et de l’organisation. Et quand on a le talent en plus…!

Ce principe de l’intelligence collective devrait être aussi une règle d’efficacité, tant dans le domaine politique qu’économie et social. Tout le monde ne peut pas tout faire et tout faire seul ! La responsabilité des hiérarchies, des compétences, est le gage d’une réussite que seule une évaluation valide. Certain doivent diriger, d’autres doivent exécuter, sans que cela soit péjoratif. Seule la victoire est belle, car elle est contagieuse. La Guadeloupe a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles.

Aux réussites individuelles doivent se marier les réussites collectives. C’est la clé qui fortifie l’âme d’un pays et autorise toutes les audaces. Il n’est point de difficulté que l’on ne puisse surmonter ensemble. Et aucune félicitée ne peut être inaccessible aux fils et aux filles de notre pays. Décidément vouloir, c’est pouvoir !

JRC

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