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Scoop : Ary Chalus « en marche » vers l’autonomie de la Guadeloupe ?

09 Oct 2018
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Faut-il encore ici dire, écrire et répéter que la visite de Macron n’aura été qu’une grosse opération de com’ mal gérée ?

Tout le monde en convient car le Président français n’avait pas-faut-il aussi le souligner, -l’intention de venir chez nous pour résoudre nos problèmes récurrents. C’est peut-être tant mieux. Il a donc laissé la balle au centre.

Car en fait, il appartient à tous ceux qui font partie de la « classe politique » d’assumer courageusement toutes leurs responsabilités. Et c’est là que le bât blesse.

On s’aperçoit, au fil des années, que notre pays semble s’enfoncer de plus en plus dans une sorte de marasme politico-économique - un véritable casse-tête- et que les solutions ne sont guère évidentes pour pouvoir en sortir.

Au plan politique. Ary Chalus, élu en décembre 2015, a fait naître de très nombreux espoirs au sein du peuple des électeurs qui l’ont porté au pouvoir. En s’affirmant être subitement pour une « collectivité unique », il vient tout juste de couper l’herbe sous les pieds de Lurel mais aussi sous ceux de ses amis du GUSR.

Il faudra davantage qu’une petite phrase de Chalus sur l’urgente nécessité dune « collectivité unique » pour rassurer les milliers de Guadeloupéens qui, en décembre 2003 avaient, à l’initiative de Lurel, voté « non ». Et puis, des collectivités uniques, il y en a déjà dans les dernières colonies françaises : Guyane, Martinique. Vues de loin ou même de près, ces collectivités uniques qui ne sont qu’une variable de la situation actuelle, n’ont pas réellement le vent en poupe.

En Martinique, Alfred Marie-Jeanne n’a pas vraiment réussi à « désankayé » son pays, ni même son parti.

Si Chalus se prononce, même timidement, pour une petite évolution institutionnelle dans le cadre français, c’est parce qu’il sait aussi que l’État Providence colonial komansé bon épi nou et, de plus, si Lurel souhaitait s’orienter sur ce terrain aux prochaines régionales, Chalus prend une longueur d’avance.

Mais Chalus est à l’aise car sa majorité, tant bien que mal, se porte mieux que celle de Macron. En l’espace d’un mois, le Président des Français a déjà perdu deux ministres et demi. Or jusqu’ici, bon gré mal gré, aucun des « conseillers régionaux » n’est parti. Trois ans après, ils sont tous là !

 

L’opposition interne : Le plus remuant Olivier Serva, à qui l’on prête toutes les ambitions, y compris celle d’être calife à la place du Président, a fini par comprendre qu’il n’est pas de son intérêt de sortir trop tôt du bois.

D’autant que sur la question de l’eau, Macron, en se positionnant publiquement contre un syndicat unique, l’a mis en grande difficulté et a apporté de l’eau au moulin d’Éric Jalton.

Sur la question de l’abattement fiscal dans les dernières colonies françaises, Serva, qui s’est voulu LE messager de Jupiter, n’est pas non plus dans la meilleure posture qui soit.

Un autre poids lourd de l’entourage du Président Chalus mérite, lui aussi, qu’on s’attarde sur son cas. Il s’agit du maire de Petit-Bourg, aussi Vice-Président de la Région, patron du GUSR, Guy Losbar. Il est, lui, depuis longtemps partisan d’une évolution institutionnelle et peut-être même davantage.

A-t-il vraiment l’intention d ‘être candidat à la présidence de la Région et donc de s’opposer à Chalus ? Tout porte à le croire, car Guy Losbar, en dépit de sa grande discrétion, se prépare à cette (possible) éventualité. Même si les relations avec son « mentor » habituel, Dominique Larifla, ne sont pas toujours au beau fixe, même si son dir cab a claqué la porte, Losbar est de ceux qui croient que son heure est venue.

Au contraire de Serva, lui, il n’a pas à aller à la conquête d’un mandat municipal, son opposition à la Mairie est tellement insignifiante qu’il sait d’avance qu’il peut (encore) garder la main. De plus, il est l’un des seuls Vice-Présidents de Région à disposer d’un parti guadeloupéen - le GUSR- en ordre de marche. Ary Chalus lui-même ne peut pas en dire autant.

Ce sont aujourdhui le seules « failles » prévisibles dans la majorité de l’actuel Président de Région.

Marie-Luce Penchard pourrait avoir une pareille tentation, mais le maire de Basse-Terre n’a pas réussi à être aussi populaire (populiste ?) que Maman-LMC, l’affaire de La CASBT peut encore rebondir (lire CCN bientôt). Donc s’opposer à Chalus est un risque politique qu’elle ne peut même pas envisager. D’autant que le président de Région, lui, a pris le risque de présenter Marie-Luce Penchard à l’élection pour la présidence du port. En espérant cette fois que le Préfet en place ne fera pas « barrage » comme ce fut le cas il y a de cela deux ans.

On le voit, au plan interne, c’est-à-dire dans sa propre majorité, Chalus a encore de la marge. Il a même d’autres « outils ». Ainsi, l’arrivée prochaine de Richard Samuel en tant que « Conseiller spécial », n’est vraiment pas anodine. Il s’agit surtout, pour cet ex-préfet, de renforcer l’organisation et le fonctionnement de la Collectivité.

Question : Richard Samuel arrivera-t-il à réduire le délai -beaucoup trop long –de paiement des factures aux entreprises ? Il est déjà très attendu sur cette problématique.

Au final, au plan de sa majorité, Ary Chalus n’a que deux « problèmes » et ils sont déjà identifiés.

L’opposition externe est conduite par Victorin Lurel avec ce qui reste de la Fédération du PS. Le parti « local » qu’il avait prévu de lancer à la rentrée est toujours in process mais vraiment pas encore visible. Lurel se démène comme il peut, essaie d’exploiter toutes les failles du système macrono-chalusien. L’objectif, en 2021, est une possible reconquête : la tâche est complexe car Lurel n’est pas très audible. Son échec de 2015 l’a considérablement affaibli, ses soutiens parlementaires (Vainqueur et Jasmin) n’ont pas l’impact nécessaire. En fait, Lurel n’arrive pas vraiment à « peser » sur Chalus. Leurs duels épiques lors des plénières dans l’hémicycle n’ont guère convaincu l’opinion.

Que reste-t-il des autres oppositions ?

Le PSG de Toribio ? affaibli.

Le PCG de Flemin ? pas très audible.

Les Nationalistes ?

a) ceux qui ont soutenu Chalus sont amers.

b) ceux qui ne participent jamais aux élections n’arrivent pas à mobiliser. Il n’y aura pas de LKP 2018 !

Quant à la Droite, elle n’existe que lorsque certains journalistes permettent à son porte-voix Sonia Petro, de s’exprimer, mais chacun sait que, depuis des années, ce mouvement n’a plus aucune influence sur la vie politique guadeloupéenne.

C’est donc dans ce contexte qui lui semble propice que Chalus a donc fait cette déclaration qui peut paraître surprenante, car le président de Région a toujours été particulièrement muet sur l’évolution institutionnelle.

Mais s’il tient compte des expériences martiniquaises et guyanaises, il devrait, pour ne pas se planter, tenter d’aller plus loin qu’une « Assemblée Unique ». Osera-t-il ?

Aura-t-il l’autorisation de Macron ?

Chalus en Marche vers l’Autonomie. Étape vers… ? Hé ho ! On se calme ! Cessons de rêver !

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

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