Breaking News

Ary Chalus : #Balance ton port !

13 Oct 2018
1194 fois

Tout a débuté il y a de cela 2 ans. Le 3 avril 2016 Ary Chalus vient tout juste d’être élu président de Région se présente à l’élection de la présidence du conseil de surveillance du port. Scenario catastrophe : le tout nouveau président de Région est battu par Philippe Kalil un socio professionnel !

A la suite de cette élection, Ary Chalus très remonté affirme : « l’état m’a déclaré la guerre ». Une manière de stigmatiser sans ambages, le fait que le représentant de l’état français ( le Préfet Jacques Billiant ) n’ait pas respecté « la neutralité républicaine » ( sic)

Deux ans après le contexte politique dans lequel va se dérouler l’élection à la présidence du port de la Guadeloupe n’est plus du tout le même.

Au sommet de l’état colonial, François Hollande (PS) a été remplacé par Emmanuel Macron (En Marche). Chalus de son côté est donc conforté politiquement, car Il est membre du parti présidentiel et Macron qui est lui dans une situation plutôt difficile en ce moment à grand besoin de soutien, y compris dans les dernières colonies.

On comprend alors que durant son passage en Guadeloupe, Chalus ait obtenu de Macron que ce dernier exige du préfet de « tout mettre en œuvre pour que la candidate de la Région au port soit élue ».

La candidate en question ? C’est Marie-Luce Penchard (MLP) : Ex ministre des dernières colonies françaises, jadis proche de Sarkozy et des LR, vice-présidente de la Région, Maire de Basse-Terre mais sans parti.

L’autre candidat possible ou probable, mais pas encore vraiment déclaré à cette élection, c’est comme d’habitude, une personnalité de la vie civile, soutenue par la Chambre de Commerce des îles de Guadeloupe : Cette fois, c’est Bruno Blandin, l’actuel patron du Medef Guadeloupe.

Un Blandin en pleine mutation politique, puisque son nouveau discours officiel se teinte d’une sorte de « patriotisme » économique guadeloupéen, flirtant même parfois avec du nationalisme gwada : c’est la Real Medef politik !

Pour en revenir à la gouvernance du Port.

C’est le duel classique : un(e) politique contre un socio professionnel

Qui va gagner ?

Pour la Région et Ary Chalus, l’enjeu est essentiellement politique. A moins de deux ans d’une élection régionale, le président de Région qui souhaite se représenter ne peut pas se permettre le luxe de « reprendre une tape » une seconde fois à cette élection. Ce serait d’abord pour lui, un désaveu et in fine, la preuve d’une perte d’influence. Cette éventuelle défaite réjouirait le camp de Lurel et celui d’autres possibles candidats à la Présidence de Région.

Mais Chalus qui est aussi proche du Président du Medef que…du maire de Basse-Terre, doit tout de même être assez partagé.

Car Il sait aussi qu’une défaite du Medef, donc de la CCIG pourrait être pour lui un handicap sérieux en 2021, car il aura besoin de tous ces puissants soutiens.

Au de-là de ces supputations et calculs politiciens, il y a un autre enjeu et il est de taille, en cas d’échec de MLP, la Région, ne serait-elle pas tentée d’ôter ses billes dans Karukera Bay le méga projet de transformation du port de Pointe à Pitre ? ça se discute…

Autre élément qui mérite d’être pris en compte, le candidat des socio-professionnels, Bruno Blandin, traine avec lui un sérieux handicap, âgé de 67 ans, il ne peut garder la présidence du port qu’une seule année. S’il est élu que se passera t-il quand il atteindra l’âge limite ?

Cette élection s’avère très compliquée, car elle oppose deux « clans » qui sont à la fois proches, mais dont les intérêts sur cette affaire ne sont pas les mêmes.

Une question se pose et mérite réponse : le port qui se doit d’être un instrument du développement économique de notre pays, peut-il être un « jouet » de pouvoir entre les mains des politiques ?

Réponse d’un politique : Jacques Bangou, Maire de Pointe à Pitre : (.) Les élections à la présidence du Conseil de Surveillance du port font l’objet de tractations et déclarations politiciennes qui si l’on n’y prend garde pourraient être de nature à perturber durablement le fonctionnement de cette institution et en faire régresser le dynamisme actuel. »

Le maire de Pointe-à-Pitre est allé beaucoup plus loin en s’opposant sans la nommer à la candidature de MLP :

« Socio-professionnels, présentez-nous qui à vos yeux parmi vous est le plus habilité à défendre les intérêts économiques de la Guadeloupe et dialoguer avec les territoires portuaires de notre pays et en premier lieu Pointe-à-Pitre et qu’il s’engage à ne pas faire de la gouvernance portuaire un espace de jeux de politiciens. S’il s’en trouve un à la compétence établie, il aura notre vote. »

Cette prise de position, qui rejoint objectivement celles de la CCIG, du Conseil General et du MEDEF peut-elle être suffisante pour infléchir la position d’Ary Chalus ? rien n’est moins sûr.

Le président de Région, même s’il est au fond pas très convaincu que la candidature de MLP soit en tous points une excellente opération, ne peut plus faire marche arrière et ni se déjuger. Chalus est donc contraint d’aller jusqu’au bout et ne peut lâcher ou balancer #MLP.

Tout se jouera dans le secret des urnes et dans le lobbying

Quand au développement economique et de l’enjeu que constitue une bonne gouvernance du port, on s’en rend compte ce sont de enjeux e pouvoir et des petits calculs politiciens qui sont la réalité.

Cette élection du port donne beaucoup à réfléchir sur le futur de notre pays. Quand donc tous ce gens considérés comme « l’élite » du pays Guadeloupe, comprendront-ils : - quand on est vraiment responsable, - ce qu’est l’intérêt supérieur de la Nation Guadeloupéenne ?

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Évaluer cet élément
(5 Votes)
Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires