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Route ou déroute du Rhum, Lurel peut-il ou va-t-il en profiter?

29 Nov 2018
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Pré-édito : Ouf ! la route du rhum - arbre - qui - cachait - la - forêt- des - problèmes - récurrents est enfin terminée ! 6 millions d’euros d’investissements ! Des concerts gratuits tous les soirs, des artisans et exposants au MACTe hyper mécontents. On attendra avec une grande impatience les chiffres du retour sur investissement et surtout l’enquête d'opinion de Qualistat. Mais route du rhum ou pas la vie continue…

Ainsi donc, trois ans après l’élection d’Ary Chalus, une foule de questions (toujours les mêmes !) restent posées et demeurent pour l’heure sans réponses définitives. An nou jété on zyé 

Quand on prend le temps d’examiner à la loupe la situation politico-économique de notre île-pays, il y a vraiment de quoi être inquiet !

1er constat : la classe politique qui devrait avoir en charge le destin et l’avenir de notre-île-pays, à de rares exceptions, ne semble pas être en mesure d’assumer cette fonction. Depuis des années, il n’y a plus aucune vision, aucune perspective sur notre devenir.

Question : La Guadeloupe doit-elle demeurer ad vitam aeternam une colonie française qu’on fait semblant de désigner sous des appellations contrôlées : Région - RUP - Dom ou DROM ? Sur cette question élémentaire, mais ô combien lourde de conséquences politiques, économiques, sociales, culturelles, environnementales : silence radio.

Ah oui, euh…Ary Chalus avait (erreur de langage ou lapsus ?) récemment dit qu’il serait pour une Assemblée unique. A-t-il décidé, depuis, d’ouvrir le débat ?

Question : Chalus -t-il pensé à convoquer un Congrès spécial. ? Awa !

Il faut se rappeler que Lucette Michaux-Chevry, Jacques Gillot et même Victorin Lurel ont eu l’opportunité de rassembler les élus des collectivités pour aborder le sujet. On sait aussi que tout cela n’a jamais rien donné. 
Mais depuis, il y a eu, on peut le dire comme ça, une sorte de « renouvellement » des parlementaires et des élus régionaux. Certains électeurs ont eu l’illusion qu’avec Olivier Serva, Justine Bénin, Dominique Théophile et Cie, il pourrait y avoir un air nouveau : ola dyab !

Prenons deux cas  exemplaires:

Olivier Serva s’est tiré plus d’une balle dans le pied. Il a réussi la prouesse d’être à la fois grillé en Guadeloupe-même auprès de ses partisans, et carbonisé aussi à Paris, malgré son allégeance au pouvoir en place. La faute à son inconstance…

Justine Benin s’est dernièrement ridiculisée et totalement décrédibilisée lors du vote de la loi des Finances de «  l’Outremer » à l’Assemblée nationale française. Peut-être lui a-t-on, en échange de ce vote illogique, fait une quelconque promesse : sait-on jamais? Nous le saurons tôt ou tard.

Max Mathiasin, qui ne doit son élection à la députation à personne, se positionne en sniper mais a un champ d’action très limité. Il a déjà épuisé son temps de parole : il est donc très peu efficace.

Dominique Théophile, coincé entre son parti le GUSR et le parti présidentiel français (LREM), n’est hélas qu’un second couteau. Sa voix ne porte pas. Il n’a qu’une solution rejoindre le camp de Lurel.

2è constat : la classe politique en place est incapable de résoudre les problèmes récurrents et immédiats .

Chômage : les chiffres sont toujours identiques, qu’on renvoie x le Directeur du Pôle emploi ou qu’on en mette un tout neuf, nos jeunes sont à plus de 55 % les victimes d’un chômage qui ne diminue pas et qui ne diminuera pas dans le système actuel.

On s’est quasiment habitué à ce qui est une catastrophe sociale : un chômage qui dépasse les 40 % de la population active ! .

Problématique de l’eau : on ne va pas s’étendre là-dessus : la réalité est dans nos robinets chlordéconés.

Il faut être réaliste : nos politiques n’ont pas les moyens de résoudre ce problème. Comme pour le chômage, on vit avec. Cela signifie que la problématique de l’eau est durable..

En résumé rapide : sur le plan économique, la situation est grave, s’aggrave et ne peut changer, car il n’y aura aucun coup de baguette magique chez nos politiques.

On s’aperçoit que unis ou désunis, nos politiques ne pèsent pas lourd quand l’Etat français décide de prendre telle ou telle mesure.

La réalité est simple. Nos élus, sénateurs ou députés, n’ont pas de réel pouvoir sur l’avenir de leur propre pays, ni sur les décisions stratégiques car nous sommes statutairement et administrativement sous tutelle coloniale. Cela implique que les décisions importantes ne peuvent, en aucun cas, être prises par ces élus.

Oui, je sais, ce n’est pas nouveau, mais quand ces mêmes candidats-élus partent en campagne, ils font rêver et même croire qu’on peut changer d’avenir, etc.

La réalité est hélas moins romantique.

Alors que faire ?

C’est la grosse question qui est pour l’heure sans réponse acceptable.

L’opposition politique traditionnelle au pouvoir colonial français faut-il le souligner, est d'une très grande faiblesse.

En dépit de son opiniâtreté, le sénateur Lurel, qui connaît bien les arcanes du pouvoir, n’est pas non plus très efficace.

Hélène Vainqueur et Victoire Jasmin font corps avec le sénateur au parlement français mais c’est très largement insuffisant pour influer vraiment sur le cours des choses.

C’est donc en Guadeloupe même que tout devrait se décider.

Commencer par le plus compliqué, unir tous ceux qui veulent vraiment que les choses changent pour la Guadeloupe d’aujourd’hui et celle de demain.

Qui sont ils ?

Le parti communiste, le PPDG, les restes épars du mouvement nationaliste, Elie Domota et un zeste de LKP, le CIppa. 

J’ai envie d’y croire mais demain est déjà tellement loin.

La réalité politique est celle-la :

Marie-Luce Penchard maire en grande difficulté dans sa ville, élue Présidente du port, a-t-elle vraiment du pouvoir ?

Ary Chalus et Daniel Gibbs se sont bien accordés pour casser la Semsamar et shooter Marie-Paule Bélénus. En dépit de ce « mauvais coup » Chalus peut-il garder la Région ? A qui cela profitera-t-il ?

Lurel a même été obligé de monter (timidement) au créneau pour essayer de sauver la tête de la DG de la Semsamar

En attendant, nos élus se mobilisent non pas pour l’avenir du pays, mais se préparent déjà aux prochaines élections. Ainsi Lurel meurt d’envie de reprendre la Région et de profiter surtout des chiraj dans la majorité actuelle.

Mais quel est son projet ? Que peut-il faire de plus  ou de mieux ?

Lurel s’agite beaucoup, mais personne n'a oublié qu’en 2003, c’est lui qui a plombé, pour des décennies l’évolution de notre pays,  Il porte ainsi directement cette historique de responsabilité.

En définitive, devons-nous tous nous résigner ? Notre avenir est-il signé no future ?

Non, car au regard de toutes ces injustices sociales, face à l’incapacité quasi congénitale de notre classe politique à vouloir faire bouger les choses.

Notre peuple peut se réveiller et j’aime à croire qu’il n’aura plus aucun autre choix.

Alors il se mettra debout !

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

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