Breaking News

Lurel Vs Gillot : La bataille pour la présidence

21 Fév 2015
2601 fois

Nous y sommes ! A quelques semaines des élections départementales qui auront lieu les 22 et 29 mars 2015, pour renouveler l’intégralité des conseils départementaux, le paysage, enfin, s’éclaircit. Le dépôt de candidature qui a débuté ce lundi 9 février sera clos le lundi le 16 février. Le redécoupage des cantons, le mode du scrutin binominal (un homme, une femme), mais aussi le renouvellement intégral de l’ex-Conseil général pour un mandat de 6 ans (au lieu d’un renouvellement par moitié au scrutin uninominal tous les 3 ans), a totalement bousculé la donne en termes de pronostic électoraux. D’abord pour les candidats à la candidature. Postuler c’est bien, mais être retenu par le parti avec l’aval du leader, c’est mieux. Si certains litiges ont pu être réglés en se pliant à la discipline du parti et des jeux d’alliances entre partis, ici ou là il y a eu quelques couacs.

 

Mais c’est bien la bataille pour la présidence du Conseil Départemental qui se profile derrière les tractations sur les candidatures. Le socle de gauche — l’entente cordiale entre Jacques Gillot et Victorin Lurel — a volé en éclats. Lurel ayant appelé à une alternative à la gouvernance au Palais du Bd Félix Eboué, la position de Gillot ne pouvait plus demeurer consensuelle. La fédération PS s’est organisée pour d’une part remporter ces élections et d’autre part préparer dans les meilleures conditions possibles la future joute électorale de décembre prochain pour les Régionales. Selon les déclarations de Lurel, si le PS est majoritaire ou demeure le plus important groupe au Département, c’est tout naturellement qu’il revendiquera la présidence. Et selon nos indiscrétions, ce cas de figure propulserait Josette Borel Lincertin , l’ancienne présidente de région sur le fauteuil départemental. Mais la messe n’est pas dite loin s’en faut. Ce qui est vrai, en politique, c’est qu’il ne faut jamais mettre la charrue avant les bœufs, car tout ce qui peut suivre concernant la présidence, dépendra des futurs élus donc de la vox populi.

Aussi les stratégies mises en place par les uns et les autres se multiplient tant pour gagner des voix que pour saborder les autres. Le PS joue la gagne totale en présentant ou en soutenant des candidats dans tous les cantons en accord visiblement avec les écologistes et le PPDG. GUSR pour sa part présente des candidats dans 11 cantons sur 21, essentiellement en Grande-Terre et nord Basse-Terre. Face à de telles dissensions, le député-Maire des Abymes Eric Jalton appelle à l’unité et à la reformation du socle de gauche. Est-ce là un vœu pieux quand on sait qu’aux Abymes, JALTON n’a pas fait dans la dentelle en écartant tous ses adjoints qui se sont alliés à Dominique Théophile du GUSR.

Au delà de l’affrontement entre les frères devenus « ennemis », les autres partis tentent tant bien que mal d’exister. La droite se renforce et essaie de se réorganiser autour de LMC , dont le discours aura du mal à passer au-delà du Sud Basse-Terre. Même sur ses terres, la situation demeure compliquée pour la droite dans le canton Trois-Rivières où le sortant Jacques Anselme a rassemblé toutes les forces de gauche. A Basse-Terre, Marie-Luce PEenchard aura fort à faire pour battre le maire de Saint-Claude dont la popularité ne faiblit pas après 10 années au pouvoir. En côte sous le vent, il faudra jouer finement pour enlever au PS le canton. Mais là aussi tout est possible en fonction des candidatures. Reste l’énigmatique canton de Sainte-Rose où les alliances droite-gauche ou gauche-droite se multiplient. Rappelons à cet égard que les conseillers départementaux fraîchement élus ne seront pas rattachés à leur binôme. Par conséquent, avant le 3ème tour d’autres stratégies verront le jour pour emporter le fauteuil présidentiel.

Il faut également prendre en compte l’impopularité des conseillers sortant en charge du problème de l’eau voire de celui des transports. C’est ainsi que Amédée Hernandez a dû jeter l’éponge après son éviction du SIAEAG. La population qui souffre encore beaucoup de l’imprévoyance des élus n’oubliera pas ces manquements au moment de mettre le bulletin dans l’urne. A moins que cette gestion calamiteuse de l’eau ne précipite les électeurs à la plage ou à la rivière.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires