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CAGSC : Trop c‘est trop !

21 Fév 2019
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Ne pas reconnaître l’existence d’une mafia en politique n’est-ce pas la première impunité conférée aux auteurs de ces dérapages mafieux. Ce qui est fait sans nous et dans le mépris total des règles, est fait contre nous.

Le scandale de la CASBT et l’attelage qui préside à sa destinée, compte tenu de la défiance à leur égard des administrés, mais aussi des autorités, n’honore ni le Sud Basse-Terre, ni le pays Guadeloupe et encore moins la République. Et encore moins tous ceux qui les cautionnent par leur silence, leur soumission, leur inconsistance. Il faut mettre un terme à cette immense gabegie de la gestion de la CASBT. Là est l’urgence, car cela a trop duré !

L’éthique, le Politique, le sens commun. Oui on a assisté ce samedi 16 février à Basse-Terre à l’enterrement de toutes ces valeurs, mises en terre par les combines politiciennes. Il n’y a plus de doute. La démission contrainte et forcée de LMC -n’effacera pas le peu d’honneur dont a fait preuve son remplaçant.

Malgré l’épée de Damoclès judiciaire, malgré l’image désastreuse donnée à la Guadeloupe, il n’a pas eu ce sursaut de dignité qui aurait dû le conduire à se mettre en congé. Manque de dignité, bien tardivement souligné par Marie-Luce Penchard en refusant de voter pour cet infâme piétinement de la morale et de l’honneur. Trop c’est trop.

Mais si nos politiques font preuve d’une telle indécence, d’un tel cynisme, voire d’une telle arrogance, en nous faisant boire le calice du déficit jusqu’à la lie, la responsabilité première va à ceux qui les ont réélus, d’année en année. Car ces élus ne se sont pas auto-proclamés. Et surtout à ceux qui n’étant soumis eux à l’impôt s’en moquent éperdument.

En évoquant la multitude des dérives et de leur impunité chez nous, nous n’irons pas jusqu’à citer William Shakespeare en son célèbre Hamlet qui dit : « Something is rotten in the state of Denmark », ce qui donne mot à mot « Il y a quelque chose est pourri dans l’empire du Danemark » Toutes ces dérives « bananières » sont couvertes par une oligarchie se mettant trop souvent au-dessus des lois. Une impunité facilitée par le fait que la législation française n’engage pas la responsabilité pécuniaire des élus sur leurs biens personnels. Epinglés, et c’est toujours le contribuable qui trinque à leur place. En effet malgré la mise à nu d’un dévergondage avéré d’un clan de la décision. Il ne s’est trouvé que quelques dizaines de personnes pour protester devant le siège de la CAGSC. Car en réalité, dans les communautés d’agglomérations, il y a un vice dans la représentativité. Les responsables ne dépendent pas directement des électeurs mais bien des combinazione de partis. Et les cochons de payeurs (usagers ou contribuables) ne peuvent agir directement sur les responsables de leurs malheurs. Que peut en effet un bulletin de vote de Vieux-Fort contre la présidence de Basse-Terre ou de Capesterre ?

Cette incapacité de nos élus à sublimer l’intérêt général, porte un rude coup à la décentralisation et à l’autonomie dans la décision. Une fois de plus, il ne nous reste d’autre ressource que de nous tourner vers l’Etat. Vers misyé le préfet, son représentant, seul capable de limiter les dégâts et ces pillages institutionnalisés au détriment des citoyens. Nous ne cessons de le dire. Ce ne sont pas les statuts, et leurs variantes, qui garantissent le bien vivre ensemble et le développement d’un pays. Mais la verticalité de ses représentants.

Toutefois, l’Etat, il faut le dire, ne peut s’exonérer à son tour de tout reproche. L’Etat, en effet, détient les leviers du contrôle a posteriori et celui de la sanction avec la cour des comptes, voire les tribunaux. Quand le préfet Gustin convoque les élus communautaires pour leur donner des informations financières, c’est bien. Quand il écrit à plusieurs reprises à l’ancienne présidente pour la mettre en garde, c’est très bien. Quand il menace le nouveau président, c’est très très bien. Mais cela dédouane-t-il pour autant l’Etat, de sa passivité tant sur le contrôle de légalité que sur ses atermoiements dans le contrôle de la gestion ? Pour rappel le principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables est la règle en droit budgétaire et de la comptabilité publique des collectivités territoriales. C’est dire que les élus ne disposent pas, heureusement, d’une caisse remplie d’argent public. Ils ordonnent le paiement et c’est le trésorier payeur général qui effectue les paiements. Idem quand la Chambre régionale des comptes réclame la mise sous tutelle de collectivités et que la préfecture préfère regarder ailleurs.

Car souvent les hauts fonctionnaires qui ne s’inscrivent pas dans la durée chez nous, préoccupés par la suite de leur carrière, mettent la poussière sous le tapis. Quand celles de leurs prédécesseurs sont ajoutée aux leurs, cela fait beaucoup de poussières sous le tapis. Nous ne parlerons pas ici — indépendance oblige — de la lenteur de la justice à mettre hors d’état de nuire des élus qui commettent des actes aussi répréhensibles.

C’est une constance. Dans tous les scandales du chloredécone, de l’eau et des déchets, l’une caractéristique de l’Etat est de se dédouaner de ses responsabilités. Exposant ainsi les administrés aux maux d’un cannibalisme politique.

C’est sûr. Les populations de la CAGSC, de Basse-Terre comme celle de Pointe à Pitre, devront, pour revenir à l’équilibre des comptes, supporter seules les augmentations d’impôts.

Comme on le constate trop souvent si on ne s’occupe pas de la politique, c’est la politique qui se vengera de nous.

JRC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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